Mardi 5 septembre 2006
Quelques éléments d’infos pour comprendre ce qui se passe dans AC !

Nous n’avons pas l’habitude d’occuper les listes d’AC ! avec des mails concernant l’organisation elle-même. Toutefois la création d’un nouveau site « ac-réseau » et de nouvelles listes déroute les lecteurs et lectrices d’ac-forum et d’ac-info. Voici quelques remarques et infos à ce sujet sur « ac-forum »et « ac-info » : que nos ami(e)s se rassurent, nous n’avons pas l’intention de transformer ces listes en lieu d’affrontement perpétuel, ce que nous avons évité jusqu’à ce jour, au risque parfois de l’incompréhension.

La création du site « ac-réseau » n’est que l’aboutissement d’un processus de scission mis en oeuvre par quelques collectifs regroupés autour de « Paris air libre » depuis près de deux ans. Déjà à l’époque leur humour douteux regrettait que la canicule n’ait pas éliminé suffisamment d’anciens à AC !...

AC ! fonctionnait au consensus, ce qui suppose que toutes les sensibilités et collectifs s’acceptent dans leur diversité.
Dès que l’une d’entre elle prétend tout régenter, elle exclut de fait les autres. C’est malheureusement ce qui s’est passé. Nous ne nous en réjouissons pas. La scission d’un mouvement affaiblit tout le monde et nos forces sont déjà bien insuffisantes au regard des attaques quotidiennes que subissent les chômeurs et précaires.

A propos du local d’AC !

Nationalement AC ! n’a malheureusement plus de local pour assurer les tâches centrales et n’a pas les moyens d’en retrouver un rapidement.
Cela, du fait d’un collectif parisien dit "Paris air libre", auto-proclamé « AC-Paris ». Que ce collectif cherche à négocier avec la ville de Paris pour avoir un local pour ses permanences et activités , c’est tout à fait normal. Qu’il le fasse au nom d’AC ! « national » ne manque pas d’air...Ce collectif a en effet depuis longtemps exclu AC ! de ce local... sciant ainsi la branche sur laquelle il était assis !

Le local parisien, rue Mathis, remplissait en effet une fonction de permanence locale, mais aussi de local national comme c’est le cas pour beaucoup d’organisations. Les agissements du collectif « Paris Air libre  » qui l’occupe à son seul usage sous diverses appellations depuis près de deux ans ont eu pour résultat qu’AC ! s’est retrouvé de fait sans local national. Après en avoir exclu peu à peu toutes celles et ceux, permanents ou non, qui remplissaient des tâches centrales, lors des Assises du Mont-Dore en octobre 2005, ce collectif et quelques autres théorisèrent le fait qu’AC ! n’avait plus besoin de dimension nationale, source de bureaucratie etc...Pourtant, pendant ces Assises, une large majorité de collectifs se prononça pour garder une dimension nationale à AC ! tout en respectant l’autonomie des collectifs locaux, ce qui n’avait jamais posé de problème dans AC ! Cela passe par des outils communs comme celle d’un local national et ses équipements, mais aussi par des structures souples, ouvertes comme les assises, les coordinations, les commissions, un secrétariat identifiable auquel ont peut demander des comptes si nécessaire. C’est tout cela qui a toujours fait l’unité des multiples sensibilités d’AC ! et a permis plus d’efficacité dans les luttes.

Pour continuer à fonctionner après les Assises, la majorité des collectifs d’AC ! a dû domicilier l’adresse postale d’AC ! à Paris au CICP, 21 ter rue Voltaire et les collectifs de Paris et d’Ile de France ont pris l’habitude de se réunir dans des locaux syndicaux, de tenir leurs permanences à la Bourse du travail etc....Par contre les factures de la rue Mathis nous parvenaient toujours alors que du fait de la cessation des subventions nous n’avions plus de quoi les payer. Nous pensions que le temps arrangerait les choses. Après avoir fait preuve de naïveté, pour ne pas dire autre chose, nous avons dû nous rendre à l’évidence. Paris Air libre créait sa propre association (Les amiEs d’AC réseau) en janvier 2006 (voir Journal officiel), s’auto-proclamait «  AC-Paris » puis « AC-national », tentait même d’empêcher la coordination des collectifs de se réunir à Paris par une intervention musclée en février 2006 dans les locaux du CICP, menaçait les assises de perturbation en plein mouvement du CPE, laissait le téléphone en libre-service (près de 3000 euros...) etc...Nous n’avions plus d’autre choix : la coordination décida alors de rompre le bail et les divers contrats nous liant à la rue Mathis, ce qui fût fait fin mars. Il nous reste encore une dette de près de 6000 euros que nous sommes incapables de solder pour l’instant. « Paris air-libre » sait tout cela et a scissionné AC ! en essayant de regrouper quelques collectifs. Si la majorité des collectifs n’a pas suivi, d’autres ont préféré le repli local se refusant à choisir telle ou telle sensibilité : nous sommes toujours prêts à renouer les contacts avec eux, maintenant que les choses sont clarifiées sur les intentions des uns et des autres.

A propos du site et des listes d’AC !

Récemment bien qu’avec retard et suite aux mandats des coordinations d’AC !, nous avons repris la gestion du site historique accaparé par ces mêmes collectifs. Contrairement à ce qui est dit dans certains mails, tout le monde peut constater que les listes et le site sont toujours ouverts pour autant que leurs auteur(e)s ne s’en servent pas pour injurier les autres, détourner les adresses et les identités avec un «  humour salasse » qui n’est pas celui des mouvements sociaux : il y a suffisamment de spams pour ne pas en rajouter ! Les quelques-un(e)s que nous avons rayés des listes s’y expriment même toujours...Ceci étant « Paris air libre » a créé son propre site, ce qui est dans la logique de ce qu’il fait depuis longtemps : après l’association « Les AmiEs d’AC ! Réseau », nous avons droit maintenant à la carte de visite, le site «  ac-réseau ».

Quelles suites ?

Quand on met tout bout-à-bout, force est de constater qu’un groupe a créé sa propre organisation avec son association déclarée, ses courriers, son site autour de la notion de réseau à l’instant même où il tentait d’éclater l’ensemble d’AC !...Encore une fois le morcellement des organisations de lutte ne nous réjouit pas. Nous en prenons acte et informerons nos partenaires de cette situation.

Mais nous pensons aussi que ces problèmes organisationnels sont la conséquence de problèmes plus fondamentaux. AC ! s’est créé avec succès il y a plus de 10 ans pour regrouper chômeuses, chômeurs, précaires, retraité(e)s et autres salarié(e)s dans une même organisation de luttes pour le droit à l’emploi et pour le droit au revenu et non les seuls allocataires des minima sociaux entre eux.

Notre logique et souci sont la recherche permanente d’un rapport de forces favorable, de l’unité d’action notamment avec le monde syndical sans lequel nous n’obtiendrons que des broutilles tant sur l’emploi que sur le revenu. Pour nous le monde syndical n’est pas la branche pourrie du social-libéralisme. Le monde syndical est lui-même divisé, porteur de multiples débats, confronté aux évolutions du travail : nous devons avec ses composantes qui luttent à nos côtés redéfinir les rapports avec les organisations des chômeurs et précaires.
En guise de conclusion

Nous restons persuadé(e)s que nombre de problèmes rencontrés auraient pu être évités.

Désormais, nous devrons faire concrètement « avec » deux organisations dans les faits : AC ! et maintenant ac-réseau. Même si nous avons la légitimité de la majorité des collectifs, si le sigle et logo sont déposés etc... nous ne nous lancerons pas dans des procédures juridiques, à moins que les coordinations en décident autrement au vu des évolutions.

Espérons au moins nous retrouver dans les luttes, comme nous le faisons déjà avec les autres associations et syndicats en luttes, avec tous les collectifs d’AC ! pour lesquels les luttes passent avant les mamailles internes. D’autant plus qu’à AC !, à la différence d’autres organisations qui connaissent des difficultés internes, les enjeux de pouvoir sont fort heureusement très limités.

Un emploi, c’est un droit !
Un revenu, c’est un dû !

Secrétariat d’AC !
21ter rue Voltaire 75011 Paris
www.ac.eu.org
contact : ac@ac.eu.org

ac-info@ras.eu.org
ac-forum@ras.eu.org

A C ! Agir ensemble contre le Chômage !
21ter rue Voltaire 75011 Paris

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9050 )



Par Cilou - Publié dans : Chômage
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Lettre ouverte à messieurs Hagelsteen et Sarkozy de l’Union syndicale de la Psychiatrie

Monsieur Bernard Hagelsteen
Secrétariat du Comité interministériel De prévention de la délinquance

Double à
Monsieur Nicolas Sarkozy
Ministre de l’Intérieur

Malakoff, le 1er septembre 2006

Monsieur,

Nous avons bien reçu votre courrier du 29 juin 2006 concernant une « nouvelle » rédaction du projet de loi de prévention de la délinquance. Vous y mettez en avant une prise en compte de nos remarques que nous ne retrouvons pas à la lecture et que nous aimerions vous voir préciser.

Ce texte nous est apparu inchangé sur le fond comme sur la forme pour ce qui concerne ses grandes orientations. La confusion est toujours entretenue entre la délinquance, la précarité, la fragilité, l’absentéisme scolaire, la santé mentale, voire l’immigration, puisqu’il reste, si notre lecture est bonne, une référence aux étrangers (article 12) qui laisse à penser que le label populiste et xénophobe est devenu incontournable. Une réforme de la loi de juin 1990 ou de l’organisation des soins en psychiatrie n’a pas sa place dans un projet de loi dit « de prévention de la délinquance ».

Ce projet pourrait être résumé par une partie de l’article 21 : « lorsque l’avis médical précité ne peut être immédiatement obtenu, ou lorsque l’arrêté évoqué à l’alinéa précédent a été rendu mais ne peut être exécuté sur le champ, la personne en cause est retenue, le temps strictement nécessaire et justifié, dans une structure médicale adaptée... », et il ne s’agit là que d’un des axes de l’instrumentalisation de la psychiatrie et de l’ensemble du sanitaire, de ses acteurs (plus besoin de prescription) et de ses structures, instrumentalisation qui concerne, dans les autres parties du texte, les enseignants, les travailleurs sociaux, les éducateurs, le tout à des fins de contrôle social.

Il s’agit toujours, comme nous le signalons depuis la fin 2003 (ci-joint les différents textes et communiqués) de stigmatiser une population pauvre, précaire et/ou étrangère désignée comme potentiellement dangereuse, « criminogène » faisant l’objet d’une assignation à origine comme le souligne Evelyne Sir-Marin.

Les casiers éducatifs et sanitaires se multiplient sous forme de fichiers et de traitements automatisés des informations de l’éducation nationale et des caisses d’allocations familiales ou d’un fichier des hospitalisations d’office dont l’article concerné et d’une totale hypocrisie.

Comment, en effet, ne pas considérer la notion d’hospitalisation d’office (qui fait exclusivement référence à la psychiatrie) comme étant elle-même une « donnée à caractère personnel de la nature de celles mentionnées au 1 de l’article 8 de la loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée... (article 19) Le secret professionnel est toujours gravement attaqué, sauf à considérer comme une avancée la notion de « gravité des difficultés sociales » définie par un nombre d’intervenants supérieur ou égal à deux (difficile de partager tout seul) ou laissé à la « libre » appréciation (alors que les dérogations prévues par la loi sont extrêmement précises) d’acteurs dont les statuts sont constamment fragilisés, précarisés sur un mode contractuel avec intéressement ne permettant aucune indépendance que ce soit dans le champ social, médico-social ou sanitaire (hôpital 2007, nouvelle gouvernance, statut des praticiens hospitaliers).

Pour parfaire le dispositif, tout acte de violence ou considéré comme déviant devient opportunément pathologique et fait l’objet d’une prescription de « soins » obligatoires, là encore sans que le médecin le psychologue ou un autre acteur ne soit convié, si ce n’est comme délateur ou sous la dénomination plus acceptable de « relais » (formulation utilisée par ailleurs pour le coordinateur-délateur social) ou dans le cadre de « visites » régulières et imposées, même si elles ne présentent aucunes perspectives thérapeutiques du fait même de l’obligation.

Que dire enfin de la « garde à vue » psychiatrique de 72 heures et de toutes les mesures visant à faciliter l’internement ou à retarder la sortie alors que la commission Lopez-Yeni souligne l’utilisation déjà abusive de la loi de 1990. La commission reconnaît dans la mesure de contrainte et les soins forcés une atteinte sévère à la liberté individuelle (p 6 et 13), elle constate que le nombre des mesures d’hospitalisation sous contrainte a presque doublé depuis 1990 (p 1/5), que les mesures d’urgence (qui devaient être l’exception) prennent une place de plus en plus importante dans les procédures de mise en oeuvre. Cette commission admet qu’il s’agit de situations douloureuses et stigmatisantes pour les personnes.

Non, il n’est décidément rien, Monsieur, dans cette nouvelle formulation, qui puisse nous permettre de demander autre chose que le retrait total de ce texte et plus particulièrement de toutes les références sanitaires ou à des supposés soins.

Pierre Paresys
Président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie

Union syndicale de la psychiatrie
52 rue Gallieni 92240 MALAKOFF
tél. 01 46 57 85 85 | fax 01 46 57 08 60 | uspsy@free.fr

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9052 )
Par Cilou - Publié dans : Etat policier
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Sans papiers en grève de la faim de Limoges : de nouveaux soutiens

Lundi 4 septembre à 14h, trois vedettes du cinéma, du théâtre et de l’athlétisme ont tenu une conférence de presse au local des grévistes de la faim. Josiane Balasko, Stéphane Diagana et Valérie Lang (une des initiatrices du mouvement de soutien au collectif de l’Eglise Saint Bernard) sont venus soutenir les sans papiers qui entamaient leur 5ème semaine de grève de la faim.

Ce soutien intervient à la suite d’une longue liste comme ceux des artistes régionaux, les prises de position en faveur du collectif de plusieurs partis politiques nationaux où encore la mobilisation de représentants des différentes communautés religieuses de Limoges qui ont rencontré le préfet de la Haute Vienne la semaine précédente.

Josiane Balasko a tenu d’entrée de jeu à préciser qu’elle avait appris cette grève de la faim en allant soutenir les 1000 de Cachan et de s’étonner que les médias nationaux n’aient pas répercuté plus la lutte des sans papiers de Limoges jusqu’alors. Elle a aussi indiqué qu’ils étaient venus qu’à trois mais que beaucoup d’autres personnalités s’inscrivent sur le plan national dans cette même démarche tels que Bénabar, Kali, Costa-Gavras, Diams, Jean-Louis Aubert, Antoine de Caunes ou Emmanuelle Béart.

Stéphane Diagana a rappelé ses origines sénégalaises et mauritaniennes. Il s’est offusqué du manque d’humanité du pouvoir politique à traiter de la question des sans papiers, du paradoxe de vouloir maintenir des personnes en situation de non droit alors que la main d’oeuvre manque dans plusieurs domaines. En parlant de sa démarche de soutien aux sans papiers, il explique que cette voie est aussi celle que suivent beaucoup d’autres gens.

Valérie Lang a dénoncé avec vigueur l’exploitation qui est faite par Nicolas Sarkozy et d’autres personnalités politiques de la question des sans papiers. 250 000 à 300 000 sans papiers sont là en France, nous ne pouvons pas faire de charters pour les reconduire, il faut donc les régulariser. Véhiculer l’idée que l’Afrique toute entière rêve de venir en France est un mensonge. En France ils n’ont pas de papiers et ont les exploitent à un tel point que certains sont même employés dans des institutions publiques. De quel droit dans ce pays on les considère comme des criminels en leur passant les menottes, j’ai vraiment honte.

A la fin du point presse, une mauvaise nouvelle tombait, un des grévistes de la faim Karamba Diaby interpellé la semaine précédente venait de recevoir la confirmation par le tribunal administratif de son arrêté de reconduite à la frontière : si son expulsion est effective cela signifie aussi qu’il sera éloigné de sa femme enceinte qui est en situation régulière.

Face à un préfet inflexible, et malgré leur état de santé, les sans papiers entendent poursuivent leur action jusqu’au bout. De nouvelles manifestations se dérouleront mardi et vendredi à 17h30 au départ du local de la rue du Maupas à Limoges. Il s’agit de demander une nouvelle fois au pouvoirs publics de faire un geste humain pour la régularisation des sans papiers grévistes de la faim

Par ailleurs le Collectif des Sans Papiers de Limoges tient à remercier le Collectif des Sans Papiers du 77, celui d’Amiens, le Collectif des 1000 de Cachan ainsi que les très nombreuses personnes et organisations qui apportent leur soutien. Le Collectif de Limoges entend s’inscrire aussi dans une dynamique de convergences d’actions pour faire triompher la difficile lutte des sans papiers.

Voir le site du collectif http://mdh.limoges.free.fr/support/sanspap/index.htm

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9054 )


Par Cilou - Publié dans : DOSSIER IMMIGRATION
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Bolivie en ordre de bataille

Aujourd’hui tous les regards seront posés sur Santa Cruz de la Sierra. Dans l’après-midi, l’ "état major" de l’opposition conservatrice (politique et régionaliste) se donnera rendez-vous dans cette ville revêche à l’hégémonie nationale d’Evo Morales. Le but est unique : freiner le MAS, qui vendredi a imposé, à la majorité absolue et non au deux tiers, le règlement de l’Assemblée Constituante.

Le vote s’est réalisé à la fin d’une journée chaotique, durant laquelle des représentants du MAS et de l’opocisión en sont arrivés aux poings dans l’enceinte. Les méthodes de l’opposition pour freiner le parti de gouvernement peuvent être différentes : elle parle déjà d’une grève civique indéfinie à Santa Cruz, Tarija, Beni et Bombé, de dénonciations internationales et de boycott à la convention de Sucre. Le vocabulaire hier était belliqueux.

"Si les choses continuent ainsi, nous allons demander à nous séparer de ce pays et à partir de là il ne restera à dire que : ’Dieu sauve la Bolivie’", a affirmé le président du comité civique de Beni, Alberto Melgar, qui invite au repli des constituants de l’orient bolivien.

"Il est important que tous nous nous déclarons en état d’urgence", a convoqué Morales depuis la combative province aymara de Omasuyos en maintenant la "ligne dure" qu’a adopté son parti sous la consigne interne que "le consentement est impossible avec l’oligarchie". Le pas suivant serait de mobiliser les syndicats paysans. Et tous se peignaient le visage pour la bataille qui continue aujourd’hui.

La Paz, Pablo Stefanoni, Pagina/12 (Argentine), 4 septembre 2006. Traduction : Fab, santelmo@no-log.org


(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9056  )
Par Cilou - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Bolivie : un gouvernement militaro-populaire ?
Evo séduit les militaires

Depuis le début de son mandat, Morales a appelé les militaires à se joindre à sa révolution indigéniste. Un commando, auparavant dominé par les États-Unis, a joué un rôle clef dans la nationalisation du gaz.

Depuis ses premiers jours au Palais Quemado, Evo Morales s’est dédié avec persévérance à une tâche qui pour beaucoup -obnubulés par son discours indigéniste- est passée inapercue : tisser une alliance militaro-paysanne comme base d’appui de son gouvernement, pensée en elle-même avec une "révolution démocratique et culturelle".

(...)

Il n’est pas difficile de percevoir dans cette invitation réitérée aux militaires la volonté du gouvernement du MAS d’actualiser, dans les conditions du présent, la vieille alliance militaro-populaire qui a constitué la base sociale de tous les régimes nationalistes en Amérique latine. Et la Bolivie n’a pas été une exception : l’histoire commence avec le "socialisme militaire" de la génération de la Guerre du Chaco (1932-1935) -représentée par David Toro et German Bush-, continue avec le nationalisme militaire de Gualberto Villarroel -pendu dans un lampadaire de la place Murillo par une sorte d’Union Démocratique à la bolivienne- et a un fugace tournant au début des années 70 avec l’alliance militaro-ouvrière de Juan Jose Torres, qui s’est exprimé dans l’Assemblée Populaire tronquée de bonne heure par le coup d’État fascistoide de Hugo Banzer Suárez.

Dans le cas d’Evo Morales, ce fut avec la nationalisation des hydrocarbures que sa romance avec les militaires est passée à l’acte. Dans la viceprésidence, un commando militaire a hermétiquement travaillé durant plusieurs jours, avec cartes et ordinateurs, en ajustant les détails de l’entrée dans les champs pétroliers. Et le décret du 1er mai et la mise en scène de la mesure a suivi la matrice de nationalisations antérieures : une occupation militaire des installations pétrolières. Ce fait a marqué un rapprochement institutionnel et personnel entre le nouveau président et les Forces armées. Est entré en scène à ce moment-là le groupe d’élite F-10 -auparavant contrôlé par les États-Unis et aujourd’hui clairement du côté du nouveau gouvernement nationaliste-, qui ensuite protégera Evo Morales, Hugo Chávez et Carlos Lage durant leur visite au Chapare. Et les fruits de ce rapprochement sont mutuels : il a permis au gouvernement de donner un coup de force face à la communauté nationale et internationale ; et aux militaires, de nettoyer leur image de répresseurs du peuple bolivien après les massacres des dernières années, spécialement celui d’octobre 2003, avec un solde de plus de 60 morts.

Le deuxième moment dans cette relation naissante a été le vibrant défilé indigèno-militaire du 6 août, pour inaugurer l’Assemblée Constituante. Le haut commandement a mis en marche ses machines pour coopérer avec le transfert des paysans depuis les régions les plus lointaines du pays, en plus d’un rapide cours de "pas cadencés" pour être conformes à l’évènement historique.

"Nous sommes face à la version actualisée, débordée, des scènes répétées jusqu’à n’en plus pouvoir durant le gouvernement du général Barrientos (1964-1969) et dans les régimes militaires successifs jusqu’à la fin des années 70", dit l’analyste Ivan Arias.

"ce n’est pas comparable. Tandis que le vieux pacte militaro-paysan était leaderé par des militaires populistes, l’actuelle alliance militaro-populaire est son visage inverse : ce sont des indigènes qui sont hégémoniques ; d’un autre côté, le fameux pacte militaro-paysan du général René Barrientos en 1964 a été dans un moment de reflux de la révolution nationale de 1952 et a mis les paysans contre les syndicats de mineurs. Aujourd’hui nous sommes dans un contexte très différent, d’une émergence indigène et populaire, autonome autour d’un nouveau projet de nation", pense, de son côté, le journaliste Walter Chavez.

Cependant, quelques doutes et questions subsistent. Il est en train effectivement de se consolider un courant nationaliste à l’intérieur des Forces Armées ?, Ce courant s’imposera aux traditionnelles tendances conservatrices et pro-étasuniènnes ? Que feront les militaires cruceños face à une aggravation possible de la crise avec Santa Cruz ? Jusqu’à présent, les réponses sont pure spéculation. Pendant ce temps, au milieu de la bataille de plus en plus dure dans l’Assemblée Constituante, le pays assiste à ce qui peut se terminer comme une polarisation à la Vénézuélienne.

La Paz, Pablo Stefanoni, Pagina/12 (Argentine), 4 septembre 2006. Traduction : Fab, santelmo@no-log.org

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9055 )
Par Cilou - Publié dans : Bolivie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Place Jean-Paul II
Delanoë célèbre un assassin !


 Aujourd’hui vers 15 heures, plusieurs militantEs d’Act Up-Paris et de nombreux autres groupes (comme les Panthères roses ou Vamos) ont perturbé l’inauguration du parvis Jean-Paul II par Bertrand Delanoë. L’objectif était d’interpeller le maire de Paris sur cette décision, et de contester l’honneur rendu à un homme que l’histoire retiendra comme l’un des pires complices du sida et de la stigmatisation des LGBT par son homophobie, ses positions rétrogrades sur les femmes et sa condamnation sans appel du préservatif.

À midi, un collectif d’associations et d’organisations (Act-Up Paris, AN NOU ALLE, ARDHIS, la Brigade Activiste des Clowns, DEGEL, le collectif IDAHO, Laïcité Ecologie Association, Les Mauves, Les Panthère Roses, Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent de Paname, Les Verts) avait appelé à un rassemblement qui a rapidement été repoussé jusqu’à la place du Chatelêt pour empêcher les manifestants d’exprimer leur désaccord vis-à-vis du choix du maire de Paris. À proximité du parvis, notre banderole et 300 préservatifs nous ont été confisqués. Plus tard, pendant l’inauguration plus de 80 militantEs et éluEs ont été arrêtéEs par la police.

Au cours de ces deux événements, les forces de l’ordre ont cherché à empêcher toute forme de contestation. Nous exigeons la libération immédiate des personnes qui restent encore en détention et des excuses pour la répression de ce mouvement non-violent.

Que la cérémonie se termine par le retentissement du bourdon de Notre- Dame et qu’une messe soit donnée pour célébrer l’inauguration, tout indique de manière incontestable le réel caractère religieux de cet évènement. Non seulement Bertrand Delanoë n’a aucun argument valable pour justifier cet acte, mais en plus il ne souffre aucune contestation et fait taire touTEs les citoyenNEs qui contrairement à lui n’ont pas oublié les 25 millions de mortEs du sida, les positions criminelles de ce pape sur le préservatif et son homophobie.

Tant que la plaque posée aujourd’hui portera le nom de Jean-Paul II, nous la rebaptiserons : Place des morts du sida.

Que la hiérarchie catholique s’obstine à condamner l’usage du préservatif, que ses mensonges et ses dogmes précipitent ses propres adeptes dans la honte, la souffrance et la mort, est une chose. Il en est une autre qu’un élu républicain, sensément progressiste et, qui plus est, lui-même visé par les propos discriminatoires, ne viennent salir sa ville par des plaques à la gloire d’assassins.


(Source : http://www.actupparis.org/article2679.html )








































































































































































































(Photos ci-dessus d'Act Up Paris)


























(Pinochet et Jean-Paul II)


LA FRANCE = ETAT TOTALITAIRE !
LA DEMOCRATIE = VAGUE SOUVENIR !
PS = ALLIE DU REPRESSIF, PARTI ANTISOCIAL, PARTI DE L'UMP !

Delanoë fait appel à la matraque régulièrement (contre les manifestant-es à Paris-Plage, contre l'association Agir contre le Chômage (AC !), contre les manifestant-es du parvis de Notre-Dame, contre les sans papiers de St Ambroise), il tente inlassablement de court-circuiter le dialogue social (procès contre AC!), tente d'obliger les Verts a voter oui à la constructions de bureaux à Paris à la place des logements sociaux (pas mal pour un SOCIAListe ! Mais le PS est-il vraiment socialiste ?), il est ami de Lagardère (marchand d'armes et lui-même ami de Sarkozy !), Ségolène Royal veut créer des camps de redressement, ne veut pas "défaire par plaisir ce que la droite a fait", Rocard, ami de Bayrou et de l'UDF, supporter des lois Pasqua/Debré anti-immigration (comme le reste du PS qui n'a rien fait contre ces lois lorsqu'il a eu le pouvoir), Hollande qui sabote la démocratie interne au PS...

QUAND COMPRENDRA-T-ON ENFIN QUI EST LE PARTI SOCIALISTE ????

PARTI SOCIALISTE = PARTI DE L'UMP !

Cilou
Par Cilou - Publié dans : Espagne
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Violentes incartades sur le parvis de Notre-Dame
   
Le maire inaugure la place Jean-Paul II pendant que la Police emprisonne les indignés

Comme nous vous l'annoncions la semaine dernière, Dimanche 3 Septembre, la cérémonie d'hommage posthume à la mémoire du pape Jean Paul II, par Bertrand Delanoë, a bien eu lieu, au prix cependant d'importantes perturbations. Plusieurs associations (Act-Up Paris, AN NOU ALLE, ARDHIS, la Brigade Activiste des Clowns, DEGEL, le collectif IDAHO, Laïcité Ecologie Association, Les Mauves, Les Panthère Roses, Les Putes, Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent de Paname, Les Verts) s'étaient données rendez-vous sur le parvis de la cathédrale dès le début de la cérémonie à 12h00, afin de contester la distinction qui allait être faite à un homme certes défunt, mais qui s'était aussi particulièrement distingué par des positions irresponsables et criminelles concernant le port du préservatif, une homophobie manifeste, et un point de vue rétrograde en ce qui concerne les femmes.

Les forces de Police, sur le pied de guerre, se sont montrées déterminées à empêcher toute possibilité de contestation. De manière brutale et expéditive, elles ont procédé à l'arrestation de plus d'une centaine de personnes, gardées ensuite au poste pendant quatre heures pour contrôle d'identité ou « trouble à l'ordre public ».

Selon un communiqué des Panthères Roses, des journalistes auraient même été brutalisées et sommées de restituer la cassette de leur caméra. Le parvis de la cathédrale Notre-Dame porte donc désormais le nom de « Place Jean-Paul II, 1920-2005, pape (1978-2005) », selon elles « au mépris de la liberté d'expression la plus élémentaire ».

Pour An Nou Allé : « Des considérations électoralistes l'ont amené (Bertrand Delanoë) à préférer organiser une « Catho Pride » avec les militantEs d'extrême-droite qui ont inauguré la place Jean-Paul-II ».

L'association Act-Up Paris, a quant à elle publié un communiqué incendiaire dès le soir de la journée agitée, dans lequel elle dénonce le fait que « Non seulement Bertrand Delanoë n'a aucun argument valable pour justifier cet acte (la cérémonie), mais en plus il ne souffre aucune contestation et fait taire touTEs les citoyenNEs qui contrairement à lui n'ont pas oublié les 25 millions de mortEs du sida, les positions criminelles de ce pape sur le préservatif et son homophobie. »
Elle conclue ainsi : « Tant que la plaque posée aujourd'hui portera le nom de Jean-Paul II, nous la rebaptiserons : Place des morts du sida ».

Pour plus d'infos, consultez le site des
Panthères Roses, An Nou Alle, et Act Up Paris.


(Source : http://citegay.fr/ACTUALITES/GAY/00/00/246019/actualites_visu.htm / http://lezzone.over-blog.com )
Par Cilou - Publié dans : Laïcité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Paris protège le sexisme, la lesbo-trans-homophobie, le sida, Paris protège le Vatican

Interpellations musclées



















Trente personnes ont déjà été violemment arrêtées et parquées dans un bus. Leur seul tort : avoir exprimé verbalement leur opposition à cet hommage inopiné à Jean-Paul II, avoir l’air un peu trop homosexuel-le ou simplement être en possession de tracts ! Des journalistes ont été violentées et certaines se sont même vues confisquer la cassette de leur caméra.

En tout, plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées ce dimanche et gardées au poste pendant quatre heures pour contrôle d’identité ou « trouble à l’ordre public ».

communiqué de presse des Panthères roses - dimanche 3 septembre 2006 - 17h00

Cet après-midi, dimanche 3 septembre, des militantEs des Panthères roses ont perturbé l’inauguration de la place Jean-Paul II à Paris devant Notre-Dame.

En présence de Bertrand Delanoë et de Mgr André Vingt-Trois, elles et ils ont brandi des pancartes et scandé les slogans : « Paris protège le Vatican, Paris protège le sida, Paris protège l’homophobie, Paris protège le sexisme », pour protester contre cet hommage mal placé.

Entre autres, Jean-Paul II a déclaré que « le contrôle de soi et la chasteté sont les seuls moyens sûrs et vertueux pour mettre un terme à la tragédie du sida. » (Ouganda, février 1993). Dans « Mémoire et identité », paru en février 2005, cet "homme de paix" compare l’avortement à la solution finale, minimisant un crime contre l’humanité et niant les droits des femmes à disposer de leur corps. Et à propos de la légalisation du mariage des couples homosexuels, il ajoute « on doit se poser la question de savoir s’il ne s’agit pas d’une nouvelle « idéologie du mal », peut-être plus insidieuse et plus occulte [...] que le nazisme ».

Alors que la loi prévoit un délai de cinq ans après la mort d’un "homme illustre" pour rebaptiser un lieu public de son nom, la décision de nommer cette place Jean-Paul II a été votée au mois de juillet dernier par le Conseil de Paris, un peu plus d’un an seulement après la date officielle de sa mort, le 2 avril 2005, selon le Vatican. Dès cette date, l’UMP a proposé de rebaptiser un « lieu symbolique » à son nom et trouvé immédiatement écho à la mairie de Paris. Bertrand Delanoë y a tout de suite été « très favorable » (Le Figaro du 6 avril 2005). Christophe Girard (PS) a proposé le parvis Notre-Dame et, aidé de Patrick Bloche (PS), a défendu « le rôle historique d’un homme » au-delà des « controverses » !

Paris n’a pas à honorer la mémoire d’un chef religieux dont l’idéologie criminelle a des conséquences sociales et politiques dramatiques. Il ne s’agit pas de propos isolés mais bien d’une menace systématique que fait peser le Vatican sur nos libertés et nos droits sous prétexte de valeurs morales à défendre. C’est une intrusion constante, permanente et illégitime de l’Eglise dans la vie politique.

En donnant des gages à l’électorat catholique, la Mairie de Paris met en évidence le paradoxe des discours dont on nous abreuve sur "les valeurs républicaines" et "la laïcité", qu’il est difficile de prendre au sérieux alors qu’on rebaptise un lieu public en plein cœur de Paris du nom d’un pape qui s’est distingué par ses positions anti-IVG et anti-capotes, son sexisme et sa lesbo-trans-homo-phobie.

Les Panthères roses


(Source : http://www.france.qrd.org/actualites/article.php3?id_article=2624 / http://lezzone.over-blog.com  )
Par Cilou - Publié dans : Laïcité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Place Jean-Paul II à Paris : Delanoé a oublié 25 millions de morts

En marge de l’inauguration par le maire de Paris de la place JP 2 sur le parvis Notre Dame, 200 à 300 manifestants (à l’appel d’Act Up, Les Verts etc...) ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’odre et militants d’extreme droite.

Malgré un impressionant dispositif de sécurité, une plaque a été dévoilée en face de Notre Dame où l’on pouvait lire "Place des victimes mortes du Sida". Les manifestantEs ont été ensuite rapidement encercléEs et déportéEs à l’angle du boulevard Saint Michel. On a alors pu assister à une perfomance de flagellations des soeurs de la discordre, un défilé de gaga mobile réalisé par la Brigade active des clowns (BAC) et lancé de préservatifs dans une ambiance bonne enfant.

Nombreux slogans hostiles au maire de Paris ont ponctué la manifestation : "Et Un-quisition, De lanoé, Trois zéro", "Delanoé a oublié 25 millions de mort" mais aussi "A bas la calote vive les capotes" , "Ni dieu, ni maitre, ni ordre moral"

Clark Gayble

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9046 )
Par Cilou - Publié dans : Laïcité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 5 septembre 2006
Une rentrée toute en esbroufe

Dernière mise à jour le samedi 2 septembre 2006

Le refus des grandes fédérations de l’Éducation de rejoindre dans la grève le mouvement lycéen de 2004 a permis au ministre de l’Éducation, F. Fillon, de faire passer sa loi. Elle s’applique pour l’essentiel : remplacement à l’interne, programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE), bourses au mérite, suppression des allocations familiales pour les absentéistes, centres fermés dès 14 ans. Dans la foulée cela a permis à De Robien d’innover lui aussi en approuvant, dans le cadre de la Loi « d’Égalité des chances », l’apprentissage junior dès 14 ans qui remet en cause l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans. Tout cela s’opère dans la nouvelle perspective de la LOLF [1] qui impose une logique de contractualisation des moyens selon les « performances ». Nous revenons ci-dessous, sur les principales nouveautés applicables dès cette année.
Conseils pédagogiques

Inefficaces et dangereux

Le conseil pédagogique est institué dans les collèges et les lycées, par la circulaire de rentrée du 27 mars 2006 (BO n°13 du 31 mars 2006). Ce conseil, dont les membres sont désignés par le chef d’établissement, doit « favoriser la concertation entre les professeurs pour coordonner les enseignements et les méthodes pédagogiques, la notation et les activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement. »

Il y au moins trois bonnes raisons de refuser sa mise en place :
- Ses membres (un professeur principal de chaque niveau, un professeur de chaque champ disciplinaire, un CPE, le chef des travaux) ne sont pas élus mais désignés par le chef d’établissement, qui le préside. C’est inacceptable vu les attributions péda-gogiques de ce conseil. Refusons cette nouvelle tentative de renforcer le pouvoir pédagogique des chefs d’établissement, une vieille rengaine depuis Allègre !
- Les compétences du conseil (coordonner les enseignements et les méthodes, la notation et l’évaluation des activités scolaires ; préparer la partie pédagogique du projet d’établissement) le conduiront à évaluer les pratiques, à faire des propositions et donner des consignes qui formateraient la pédagogie des équipes et des collègues.
- C’est un échelon supplémentaire de la hiérarchie qui se met en place, au plus près des personnels.

Au contraire il y aurait urgence à dégager du temps de concertation inclus dans les maxima de service pour les équipes et les projets décidés à la base.

C’est pourquoi Sud éducation prend position pour le boycott de ce conseil, et appelle les enseignants du secondaire à refuser d’y siéger et d’appliquer les décisions qui en sortiraient.
Socle commun

Culture minimum et polyvalence maximale

Le socle commun publié cet été [2] n’innove pas. Son but est de créer des champs transdisciplinaires à partir des programmes préexistants pour « donner du sens à la culture scolaire fondamentale » :
- La maîtrise de la langue française (toutes les disciplines)
- La pratique d’une langue vivante étrangère
- Les principaux éléments de Mathématiques et la culture scientifique et technologique
- La maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication (toutes les disciplines)
- La culture humaniste (Histoire, Géographie, Éducation civique, Lettres, Arts plastiques, Musique)
- Les compétences sociales et civiques (Éducation civique, Histoire, Sciences, EPS).
- L’autonomie et l’initiative (toutes les disciplines).

Le socle commun favorise en outre la création des mentions complémentaires aux concours [3] et, à moyen terme, les remplacements en interne préconisés par la loi Fillon. Minimaliste, la culture commune proposée marginalise les arts. Elle correspond à une conception théorique, réductrice et utilitariste des savoirs, sans aucune réflexion sur les processus d’apprentissage, en particulier collectifs. S’il préconise incantatoirement « un accompagnement adapté : études surveillées, tutorat, accès aux livres, à la culture et à Internet », aucun moyen réel n’est prévu pour une appropriation par tous les élèves en dehors du recours aux Programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE).

Enfin, ce « socle » est idéologiquement contestable par le poids donné aux compétences sociales et civiques : patriotisme national ou européen, élève rendu sujet passif et non acteur de son éducation, enseignement du fait religieux. Sur ce dernier point, de nombreuses questions restent en suspens : l’athéisme aura-t-il la place qui lui revient dans l’ensemble des faits religieux ? Sur la forme, ces faits religieux continueront-ils à être enseignés par les professeurs de Lettres, d’Histoire et de Philosophie ou est-il prévu de créer des professeurs spécifiques ?

Réforme des Zep

Continuer à résister

Nous continuons à demander l’abandon de cette réforme et l’augmentation des moyens pour toutes les Zep [4]. Dans l’immédiat nous proposons :
- La mise à disposition des 72h des 4 professeurs « expérimentés » pour le travail des équipes ou, au minimum, jusqu’à 15h devant les élèves. Cette dernière revendication a par exemple été obtenue au collège République de Bobigny (93).
- Le refus de se laisser encadrer par ses collègues et de mettre en place avec eux les PPRE ; le refus de toute initiative non décidée en équipe.
- Le boycott des comités exécutifs locaux. Dans les 249 réseaux « ambition réussite » un comité local de pilotage est créé [5].

Nous invitons les directeurs d’écoles et éventuellement les professeurs référents « malgré eux », du type TZR, à boycotter ou à faire la grève du zèle !
Direction d’école et intégration

Dans la plus grande discrétion et depuis des années, un certain nombre de directeurs d’école, sont en grève administrative pour protester contre l’augmentation de la charge de travail et l’accumulation de tâches qu’ils doivent assumer. Le ministère a proposé un protocole qui a été refusé par tous les syndicats sauf le Se/Unsa. Il rentre en application dès la rentrée de septembre. Les syndicats réclamaient, entre autres, une augmentation des décharges. Le ministère n’y a bien sûr pas répondu. Il propose l’embauche d’un contrat d’avenir (EVS Emploi Vie Scolaire) pour soutenir la direction dans les tâches administratives (contrat de droit privé, payé au smic pour 10 mois sans formation ni perspective de réembauche). Les directeurs devaient en outre participer aux entretiens d’embauche. Sud éducation a appelé à ne pas y participer. Après la lutte contre le projet de loi sur l’égalité des chances qui s’est soldée par le retrait du CPE, mettre 50000 emplois plus que précaires dans les écoles relève du mépris.

Le deuxième volet est l’utilisation de professeurs des écoles stagiaires comme décharge des directions d’école de 4 classes. Ces PE2 viendront un jour par semaine toute l’année pour remplacer les directeurs. Cette mesure est un scandale. Elle impose une prise de fonction sans formation et induit une diminution du nombre d’heures de formation initiale. Sur l’évaluation de ce stage dit filé, aucune information, personne ne sait comment la formation, le suivi pourront se mettre en place. L’utilisation des PE2 aura aussi pour conséquence une baisse du volume de la formation continue pour les titulaires, ce qui n’est pas acceptable (le stage filé va remplacer un stage de 3 semaines). On peut craindre le pire pour la suite.

Voilà donc des mesures qui ne coûtent pas cher et qui ne répondent pas aux besoins des élèves et des personnels. Le gouvernement affiche sa volonté d’intégration des enfants handicapés. La loi prévoit la création de la Maison du handicap, censée avoir une approche globale des problèmes. Que de flou sur son démarrage, des menaces pèsent sur les réseaux d’aide. La compensation du handicap est à l’appréciation d’une commission départementale. Est-ce qu’elle correspondra aux besoins réels des enfants et des enseignants ? Rien n’est moins sûr et nous devons exiger la signature de conventions.

La loi prévoit l’embauche de contrat d’avenir pour aider les enfants dans la vie quotidienne, mais elle ne prévoit aucune formation pour ces personnels au statut précaire. Les besoins sont réels dans les écoles. Une des réponses nécessaires pour une école de la réussite, c’est du personnel titulaire, permanent, formé qui puisse faire partie de l’équipe, pas des emplois sous qualifiés, sous payés et corvéables à merci.

Sud éducation Créteil

[1] Loi Organique relative aux Lois de Finances, http://www.education.gouv.fr/dossier/lolf/

[2] BO n° 29 du 20 juillet 2006

[3] Exemples : Les Mathématiques sont une mention complémentaire dans 13 concours ; les sciences physiques dans 11 concours. Un candidat au CAPES d’Histoire peut présenter une mention complémentaire en Arts plastiques, français, documentation, langues vivantes ; au CAPEPS, en français, mathématiques, langues vivantes, SVT. Lire le BO spécial n°6 du 13 juillet 2006, pp. 50-51.

[4] Lire la motion fédérale EP1 de mars 2006

[5] BO du 6 avril 2006/circulaire de rentrée sur l’éducation prioritaire

(Source : http://www.sudeducation
.org/article1657.html )
Par Cilou - Publié dans : Education
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus