Vendredi 1 septembre 2006

Les dix dossiers français en environnement qui fâchent l'Europe

 

La Commission prend de nouvelles mesures contre la France dans dix dossiers concernant des infractions à la législation en matière d'environnement

 

La Commission européenne a décidé d'engager des procédures d'infraction contre la France dans dix dossiers concernant des violations de la législation de l'UE en matière d'environnement. Trois avertissements ont été adressés à la France pour défaut d'observation des arrêts de la Cour de justice des Communautés européennes concernant les micro-organismes génétiquement modifiés (MGM), les organismes génétiquement modifiés (OGM) et la gestion des déchets. La France recevra en outre, dans le cadre de la dernière étape avant la saisine éventuelle de la Cour par la Commission, sept avertissements finals pour non-respect d'autres dispositions de la législation de l'UE dans le domaine de l'environnement. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre d’une série de décisions contre plusieurs États membres actuellement annoncées par la Commission concernant des infractions au droit de l’environnement. Dans l'intervalle, la Commission a été en mesure de classer plusieurs dossiers d'infraction évoqués précédemment, la France ayant pris les mesures requises.

 

«Je me réjouis d'avoir pu clore plusieurs procédures engagées contre la France», a déclaré M. Stavros Dimas, Commissaire européen responsable de l'environnement. «Bon nombre d'affaires doivent cependant encore être réglées. Je suis convaincu que la France va continuer à prendre des mesures dans ce sens. Il est particulièrement inquiétant que, dans plusieurs cas, la France ne se soit pas conformée aux arrêts de la Cour». M. Dimas a ensuite ajouté que la politique de l'UE en matière d'environnement garantissait un niveau élevé de protection de l'environnement – répondant ainsi à la demande exprimée clairement par les Européens.

 

Micro-organismes génétiquement modifiés: dernier avertissement pour défaut d'exécution d'un arrêt de la Cour

La Commission a adressé à la France un ultime avertissement écrit pour défaut d'exécution d'un arrêt rendu par la Cour européenne de justice le 27 novembre 2003. Il est reproché à la France de n'avoir pas correctement transposé en droit national la directive de l'UE relative à l'utilisation confinée de micro-organismes génétiquement modifiés[1] (MGM) (affaire C-429/01).

 

Cette directive régit les travaux de recherche et les activités industrielles dans lesquels des MGM, tels que des virus ou des bactéries génétiquement modifiés, sont utilisés dans des conditions de confinement – par exemple dans des laboratoires – excluant tout contact avec la population et l'environnement.

 

Dans sa législation nationale, la France n'a pas veillé à ce que des plans d'urgence soient établis à l'intention de la population riveraine en cas d'accident, à ce que les services d'urgence soient sensibilisés aux risques et à ce que le public soit informé des mesures de sécurité mises en place et du comportement à adopter. Si la France ne prend pas les mesures nécessaires pour se mettre en conformité, la Commission européenne pourrait demander à la Cour de justice de lui infliger une amende.

 

OGM : premier avertissement pour défaut d'exécution d'un arrêt de la Cour

La Commission a également adressé à la France un premier avertissement écrit pour défaut d'exécution d'un arrêt rendu par la Cour européenne de justice le 15 juillet 2004 (affaire C-419/03). L'affaire concerne un manquement à l'obligation d'adopter et de communiquer les mesures nationales de transposition d'une directive de l'UE visant à contrôler la dissémination d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'environnement[2], que ce soit à des fins expérimentales ou en vue de la mise sur le marché d'un OGM. Cette directive occupe une place essentielle dans la législation de l'UE concernant les OGM et vise à garantir que seuls les OGM autorisés soient disséminés dans l'environnement. Les procédures d'autorisation comprennent notamment un contrôle scientifique de la sécurité et une évaluation scientifique des risques pour l'environnement, une information du public et un suivi rigoureux. La date limite pour l'adoption de cette législation était le 17 octobre 2002.

 

Mise en décharge des déchets : premier avertissement pour défaut d'exécution d'un arrêt de la Cour

La Commission a adressé à la France un autre premier avertissement pour défaut d'exécution d'un arrêt prononcé par la Cour européenne de justice le 5 décembre 2004 (affaire C-172/04). L'affaire concerne un manquement à l'obligation d'adopter et de communiquer les mesures nationales de transposition d'une directive de l'UE concernant la mise en décharge des déchets[3]. Cette directive définit une série d'exigences détaillées qui doivent être remplies lors de la mise en décharge des déchets afin d'éviter les effets négatifs sur la santé humaine et sur l'environnement. Ces effets sont notamment la pollution des eaux de surface, des eaux souterraines, du sol et de l'air. La législation française nécessaire à cet effet demeure incomplète. Les mesures qui font défaut concernent les procédures d'admission des déchets et les déchets inertes.

 

Protection insuffisante pour le gypaète barbu : dernier avertissement avant la saisine de la Cour

Un dernier avertissement écrit a été adressé à la France pour désignation et protection insuffisantes des sites abritant une espèce rare d'oiseau sauvage, le gypaète (Gypaetus Barbatus). Ce manquement constitue une violation de la directive «Oiseaux»[4], qui mentionne le gypaète barbu dans la liste des espèces particulièrement menacées devant bénéficier de mesures de conservation spéciale.

 

Le gypaète barbu compte parmi les rapaces les plus rares d'Europe, puisque la population se limite à quelque 250 couples. Il est uniquement présent en haute montagne (500 – 4 000 m). 30% de la population de cette espèce se trouvant en France, la conservation de l'espèce dans ce pays revêt une importance vitale. La France n'a pas désigné l'ensemble des territoires les plus adaptés à la conservation de l'espèce. Elle n'a pas non plus modifié sa législation afin de garantir au gypaète barbu un régime de protection suffisant, en interdisant notamment les perturbations intentionnelles des oiseaux, en particulier pendant les périodes de reproduction et de dépendance.

 

Protection insuffisante de la couche d'ozone : dernier avertissement avant la saisine de la Cour

La France s'est vu adresser un autre dernier avertissement écrit pour manquement à ses obligations de notification concernant l'utilisation du bromure de méthyle à des fins de quarantaine et de traitement avant expédition. Le bromure de méthyle est un pesticide extrêmement nocif pour la couche d’ozone, qui est progressivement supprimé. Cette substance appauvrit la couche d'ozone qui protège les hommes, les animaux et les plantes des rayonnements ultraviolets nocifs émis par le soleil. Son utilisation à des fins de quarantaine et de traitement avant expédition est encore autorisée afin de garantir l’absence d’organismes nuisibles dans les cultures commerciales, dans la mesure où des solutions de remplacement pour cette utilisation spécifique tardent à être développées. Le règlement de l'UE relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone[5] prévoit, à terme, d'interdire toutes les utilisations des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, dont le bromure de méthyle. La France n'a pas respecté les dispositions du règlement en vertu desquelles elle devait soumettre des rapports complets pour les années 2001, 2002 et 2003. Or, la Commission doit être correctement informée pour être en mesure de surveiller l'utilisation du bromure de méthyle dans l'UE – et de permettre à l'UE de s'acquitter de ses obligations internationales.

 

Autres derniers avertissements avant la saisine de la Cour

Comme plusieurs autres États membres, la France s'est vu adresser des derniers avertissements pour défaut de notification à la Commission de ses mesures nationales transposant la législation de l'UE concernant le bruit[6], l'accès du public à l'information en matière d'environnement[7], les déchets d'équipements électriques et électroniques[8] et les substances dangereuses présentes dans ces équipements[9]. Des mesures similaires ont été prises contre plusieurs autres États membres et font l'objet de communiqués de presse distincts : voir IP/05/894, IP/05/892, IP/05/895

 

Affaires classées

 

Estuaire de la Seine

Le 18 mars 1999, la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) a condamné la France pour n'avoir pas désigné entièrement et protégé l'estuaire de la Seine au titre de la directive de l'UE sur les oiseaux sauvages (affaire C-166/97), et la Commission a adressé à la France en décembre 2001 un dernier avertissement écrit lui enjoignant de se conformer à l'arrêt en question. La France a désormais mis en place des mesures plus efficaces de protection dans l'estuaire de la Seine, qui est une zone humide d'importance internationale. La Commission a donc classé l'affaire.

 

Plans de gestion des déchets

En juillet 2003, la Commission a adressé à la France un premier avertissement écrit pour défaut d'exécution d'un arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes du 2 mai 2002 (affaire C-1999/292). Il était reproché à la France de n'avoir pas adopté de plans de gestion des déchets conformément aux dispositions de l'UE relatives aux déchets[10] (voir IP/03/1108). Dans l'intervalle, les plans requis ont été envoyés à la Commission et l'affaire a été classée.

 

Grand hamster d'Alsace

En juillet 2003, la Commission a adressé à la France un dernier avertissement écrit après l'examen d'une plainte accusant les autorités françaises de ne pas prendre les mesures adéquates pour protéger le grand hamster d'Alsace, une espèce bénéficiant d'une protection rigoureuse au titre de la directive «Habitats» (voir IP/03/1109). La France a depuis lors renforcé sa législation en matière de protection, de sorte que l'affaire a pu être classée.

 

Véhicules hors d'usage

En janvier 2005, la Commission a annoncé qu'elle avait adressé à la France un premier avertissement écrit pour défaut d'exécution d'un arrêt de la CJCE du 1er juillet 2004 (affaire C-331/03). La France n'avait pas transposé une directive de l'UE visant à diminuer les déchets des véhicules à moteur parvenus à la fin de leur durée de vie utile[11] (voir IP/05/29). Les dispositions nationales requises ont depuis lors été transmises à la Commission, ce qui a permis de classer l'affaire.

 

Procédure juridique : procédure standard

L'article 226 du traité habilite la Commission à entamer une procédure contre un État membre qui manque à ses obligations.

 

Si la Commission estime qu'une infraction au droit communautaire justifie l'ouverture d'une procédure d'infraction, elle adresse à l'État membre concerné une «lettre de mise en demeure» (premier avertissement écrit), l'invitant à présenter ses observations dans un délai déterminé, généralement de deux mois.

 

En l'absence de réponse ou si la réponse fournie par l'État membre n'est pas satisfaisante, la Commission peut décider d'adresser à ce dernier un «avis motivé» (dernier avertissement écrit).

Cet avis expose clairement et à titre définitif les raisons pour lesquelles la Commission considère qu'il y a eu infraction au droit communautaire et invite l'État membre à se conformer à l'avis dans un délai déterminé, qui est normalement de deux mois.

Si l'État membre ne se conforme pas à l'avis motivé, la Commission peut décider de saisir la Cour de justice des Communautés européennes. Si la Cour constate qu'il y a eu infraction au traité, l'État membre incriminé est tenu de prendre les mesures nécessaires pour se mettre en conformité.

 

Sauf indication contraire, les procédures d'infraction visées dans le présent communiqué de presse ont été engagées au titre de l'article 226.

 

Procédure de suivi

L'article 228 du traité habilite la Commission à poursuivre un État membre qui ne s'est pas conformé à un arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes, également en lui adressant un premier avertissement écrit («lettre de mise en demeure»), puis un deuxième et dernier avertissement écrit («avis motivé»). Cet article permet également à la Commission de demander à la Cour d'imposer à l'État membre incriminé le paiement d'une amende.

 

Notes

[1] Directive 90/219/CEE du Conseil relative à l'utilisation confinée de micro-organismes génétiquement modifiés

[2] Directive 2001/18/CE du Parlement européen et du Conseil relative à la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement

[3] Directive 1999/31/CE du Conseil du 26 avril 1999 concernant la mise en décharge des déchets

[4] Directive 79/409/CEE du Conseil concernant la conservation des oiseaux sauvages

[5] Règlement (CE) n° 2037/2000 du Parlement européen et du Conseil du 29 juin 2000 relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone

[6] Directive 2002/49/CE du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2002 relative à l'évaluation et à la gestion du bruit dans l'environnement

[7] Directive 2003/4/CE du Parlement européen et du Conseil concernant l'accès du public à l'information en matière d'environnement et abrogeant la directive 90/313/CEE du Conseil

[8] Directive 2002/96/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 janvier 2003 relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques, telle que modifiée par la directive 2003/108/CE, et directive 2003/108/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 décembre 2003 modifiant la directive 2002/96/CE relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques

[9] Directive 2002/95/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 janvier 2003 relative à la limitation de l'utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques

[10] Directive 75/442/CEE relative aux déchets, telle que modifiée par la directive 91/156/CEE du Conseil, directive 91/689/CEE du Conseil relative aux déchets dangereux et directive 94/62/CE du Parlement européen et du Conseil relative aux emballages et aux déchets d'emballages

[11] Directive 2000/53/CE du Parlement européen et du Conseil relative aux véhicules hors d'usage

 

Auteur : © Communautés européennes, 1995-2006

 

(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_629.php )

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Vendredi 1 septembre 2006

Croissance quasi record des cultures OGM dans le monde

 

Les surfaces de cultures génétiquement modifiées ont connu leur deuxième croissance de tous les temps pour atteindre 81millions d’hectares (200 millions d’acres) en 2004.

Selon un rapport rendu public le 12 janvier et rédigé par Clive James, président et fondateur de l’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA), ces surfaces ont augmenté de 20 pour cent dans le monde, soit de 13,3 millions d’hectares (32,9 millions d’acres).

L’étude révèle qu’environ 8,25 millions de cultivateurs, dans 17 pays, ont eu recours aux cultures biotechnologiques, soit 1,25 millions de plus qu’en 2003, dans 18 pays. Il faut noter que 90 pour cent de ces cultivateurs se trouvaient dans des pays en développement. En fait, pour la première fois, la croissance absolue en superficie a été plus grande dans ces derniers (7,2 millions d’hectares) que dans les pays industrialisés (6,1 millions d’hectares).

 

Les Etats-Unis en tête des «méga-pays biotech»

Le nombre de «méga-pays biotech» (pays dont les cultures biotechnologiques atteignent ou dépassent 50.000 hectares) est passé de 10 à 14 en 2004 grâce à l’addition du Paraguay, du Mexique, de l’Espagne et des Philippines, ce qui représente une palette diversifiée de pays ayant adopté ces cultures. De cinq, les pays dans lesquels se trouve la majeure partie des surfaces de cultures transgéniques sont passés à huit, soit les États-Unis (59 pour cent du total mondial), l’Argentine (20 pour cent), le Canada (6 pour cent), le Brésil (6 pour cent), la Chine (5 pour cent), le Paraguay (2 pour cent), l’Inde (1 pour cent) et l’Afrique du Sud (1 pour cent).

L’Uruguay, l’Australie et la Roumanie viennent s’ajouter au Mexique, à l’Espagne et aux Philippines pour compléter la liste des méga-pays.

 

Au Canada, les cultures biotechnologiques ont occupé 5,4 millions d’hectares en 2004 (6 pour cent du total mondial), en augmentation de 23 pour cent par rapport à l’année précédente. Ce pays a connu une croissance dans la superficie combinée de toutes les cultures transgéniques : maïs, soja et colza et à l’heure actuelle, 77 pour cent du colza ensemencé au Canada appartiennent à des variétés biotechnologiques. On s’attend à voir la croissance se poursuivre avec l’introduction de caractères nouveaux, en particulier pour le maïs transgénique.

 

Les pays en voie de développement s'engagent dans les OGM

On constate ainsi une augmentation de 35 pour cent des surfaces consacrées aux cultures transgéniques dans les pays en développement, contre une croissance de 13 pour cent dans les pays industrialisés. Pour la première fois, la part des premiers a représenté plus du tiers des surfaces mondiales consacrées à ces cultures.

Selon M. James, cinq pays en développement majeurs — Chine, Inde, Argentine, Brésil et Afrique du Sud — auront un impact significatif sur l’adoption et l’acceptation de cultures transgéniques à l’avenir.

L’autorisation donnée par l’Union européenne pour l’importation de deux variétés transgéniques de maïs ainsi que des signaux prometteurs provenant de Chine alimentent l'optimisme . Ce pays va sûrement donner son approbation pour le riz Bt dans un proche avenir, probablement en 2005, ce qui se traduira par l’adoption de la culture alimentaire la plus importante dans le monde et aura un impact majeur au niveau planétaire sur l’acceptation de variétés transgénique d’aliments pour les humains et pour les animaux et de fibres.

 

D’ici la fin de la décennie, selon les prévisions de l’ISAAA, jusqu’à 15 millions d’agriculteurs cultiveront des plantes transgéniques sur 150 millions d’hectares dans un nombre de pays qui pourra atteindre 30.

 

Notes sur L’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications

L’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA) est un organisme sans but lucratif copatronné par les secteurs public et privé qui dispose d’un réseau international de centres destinés à contribuer à la réduction de la faim et de la pauvreté en facilitant le partage des applications des biotechnologies agricoles avec les pays en développement et le partage des connaissances relatives aux cultures transgéniques à l’échelle mondiale.

Clive James, président et fondateur de l’ISAAA, vit et travaille depuis 25 ans dans des pays en développement d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Il concentre ses efforts sur la recherche agricole et les questions de développement.

Les principaux donateurs de ISAAA sont les grands fabricants de semences génétiquement modifiées comme Monsanto, Syngenta, Bayer CropScience, Cargill, Dow AgroSciences ou encore Pioneer Hi-Bred (filiale de DuPont).


 

En savoir plus
Résumé du rapport Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops: 2004 commandité par la Fondazione Bussolera Branca (Italie) et la Rockefeller Foundation (États-Unis) (en anglais)
Notre présentation sur les OGM


Auteur : International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications

(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_496.php )
Par Cilou - Publié dans : DOSSIER PLANETE
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Vendredi 1 septembre 2006

Les OGM nuisent à la biodiversité

 

La Grande-Bretagne a mené pendant trois ans sur près de 300 champs et 60 sites la plus importante étude sur l'impact de champs d'OGM sur l'environnement. Les résultats rendus publics montrent que dans deux cas sur trois les cultures conventionnelles assurent une meilleure biodiversité.

 

Trois types de cultures ont été comparés : colza, betterave à sucre et maïs.

Chaque champ a été dédoublé, une moitié étant semée avec une variété conventionnelle cultivée traditionnellement et l'autre moitié avec une variété transgénique résistante à un herbicide qui fut donc appliqué sur les deux parties.

 

Les chercheurs ont alors analysé les différentes populations d'insectes (coléoptères, papillons et abeilles) et les "mauvaises" herbes présentes dans les champs et sur leurs marges.

Pour le colza et la betterave transgéniques, la quantité et la variété des "mauvaises" herbes est moins importante que dans la partie "normale" du champ, ce qui induit une moindre fréquentation par les insectes qui se reportent sur d'autres écosystèmes plus favorables. Ceci pourrait également affecter les popûlations d'oiseaux qui se nourissent d'insectes.

A l'inverse, le maïs transgénique assurait une meilleure biodiversité. Mais l'herbicide associé fut plus efficace que l'atrazine qui a été utilisée dans 75 % des essais sur les cultures traditionnelles. Or l'atrazine sera bientôt interdite dans l'Union européenne...

 

Enfin, une autre étude publiée le 10 octobre par Science a montré que du pollen de plants transgéniques de colza s'était disséminé sur plus de 300 km le long de rivières et canaux en Angleterre. En sachant qu'une seule saison de culture de colza transgénique engendre des impuretés qui souillent plus de 15 ans le sol.

 

Dans le même temps, devant cette suspicion européenne envers les OGM, le géant américain Monsanto a préféré se retirer du marché européen des semences de céréales transgéniques.


En savoir plus :
SSC Farm-scale Evaluation Results Presentation (en anglais)


Auteur : notre-planete.info


(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_251.php )




Par Cilou - Publié dans : DOSSIER PLANETE
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Vendredi 1 septembre 2006

Les OGM : présentation, enjeux

 

> Qu’est-ce qu’un OGM ?

Un Organisme Génétiquement Modifié (OGM) est un organisme vivant, végétal ou animal qui a subi une modification non naturelle de ses caractéristiques génétiques initiales. Cette modification peut intervenir sous trois formes : ajout, suppression ou remplacement d’au moins un gène.

 

On parle de transgénèse pour l’ensemble des techniques visant à introduire de façon stable un gène étranger (transgène) dans le génome (ensemble du patrimoine génétique d'un individu) d’un organisme hôte.


> Quels buts aux OGM ?

Il s’agit de modifier certains caractères, plus précisément de transférer dans une cellule de l’organisme receveur, un ou plusieurs gènes prélevées dans un autre organisme vivant, y compris si celui-ci n’est pas de la même espèce de l’hôte. Cette opération est appelée transgénèse.

Les techniques de transgénèse sont essentielles pour développer des connaissances en matière de génétique physiologique et biologique. Cependant, elles souffrent d'un manque de contrôle sur les conséquences qui en découlent pour l'hôte (Christian Vélot, L'Ecologiste n°18, 03/2006).


> Les domaines d’application

Ces techniques donnent lieu à différentes applications :

 

    * thérapeutique : depuis le début des années 80, création de vaccins, lutte contre le cancer, reconstruction du système immunitaire, production de médicaments (d’ores et déjà l’hormone de croissance et l’insuline sont produites par des bactéries génétiquement modifiées et commercialisées)...

    * agronomique : immunité de l’organisme végétal (transférer aux plantes de nouveaux éléments de matériel génétique), amélioration des qualités nutritionnelles, des performances de production ou bien d’un caractère spécifique de résistance aux pathologies.

      On parle alors de plantes agricoles génétiquement modifiées (PGM).

 

> Exemples d’application dans le monde agricole

Des recherches sont actuellement en cours afin de rendre le maïs plus résistant à la Pyrale (espèce de papillon ravageur), ainsi l’introduction du gène Bacillus thuringiensis (Bt) permettra au maïs de fabriquer par lui-même la toxine insecticide, à laquelle seuls les papillons seraient sensibles.

 

D’autres expérimentations ont aussi eu lieu sur la pomme de terre, le coton, le riz et le tabac.

Sur le riz par exemple, il a été obtenu une variété provoquant moins d’allergies.

 

Actuellement, 99% des PGM cultivés sont des plantes qui contiennent ou peuvent accumuler des pesticides dans leurs tissus, soit parce qu'elles produisent elles-mêmes le pesticide (cas du maïs Bt) ou peuvent l'absorber sans mourir (cas du soja au Roudup) (Christian Vélot, L'Ecologiste n°18, 03/2006).

 

Notons que l’amélioration des animaux d’élevage est une application qui reste encore à ce jour au stade expérimental.


> Enjeux socio-économiques

Les avantages économiques sont nombreux mais comme les plantes transgèniques ne sont cultivées que depuis 1995 dans un nombre limité de pays, les données restent encore insuffisantes pour confirmer ou infirmer les bénéfices éventuels.

Ces techniques conduiraient à une meilleure efficacité de la production agricole ainsi qu’à l’amélioration des capacités de production en milieu difficile (zones désertiques notamment).

Elles pourraient également favoriser l'industrie de la pâte à papier par l'élimination d'une partie de le lignine présent dans le bois.

Enfin, on pourrait envisager une plus grande conservation des fruits et légumes et un aspect plus attrayant pour le consommateur, bien que ce soit déjà largement le cas, souvent au détriment du goût.


> Enjeux écologiques

Le développement de ce type de plantes permettrait de diminuer les traitements chimiques (herbicide, pesticide). Traitements dont l'intensification fût telle qu'ils sont à l'origine de graves pollutions actuellement.

Les OGM pourraient encore contribuer à la régénération des terres endommagées, au développement des biocarburants.

> Enjeux géopolitiques

Avec plus de six milliards d’habitants sur Terre, certains observateurs qui s’inquiètent des capacités de production alimentaire et des techniques actuelles souhaitent s’appuyer sur ces nouvelles technologies pour y faire face.

Notons qu’il reste encore difficile d’estimer la portée de cette éventuelle solution.

 

Les OGM : les risques


> Les risques sur la santé

Des impacts sur la santé sont liés à l’ingestion de produits contenant des OGM, comme par exemple la possible apparition dans l’organisme humain de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques.

 

Des études et un suivi sur la santé de l’animal et du consommateur sont menées afin de créer et de perfectionner des outils d’analyse précis et fiables dans le but d’améliorer la traçabilité des produits.

 

Les insecticides secrétés par les cultures transgéniques représentent un danger pour la santé. Par exemple, l'insecticide produit par le maïs Bt est capable in vitro de détériorer les globules rouges humains (Pour la Science, 2000).

Sur ce point, les tests sur la toxicité éventuelle des PGM restent largement contrôlés par les firmes productrices de PGM. Et les résultats, difficiles à obtenir, montrent des "effets cliniques et biochimiques chez les animaux nourris avec les PGM par rapport aux animaux nourris avec les plantes conventionnelles correspondantes" (Christian Vélot, L'Ecologiste n°18, 03/2006). Nul doute que si les animaux sont affectés par cette alimentation, l'Homme le sera également.


> Les risques sur l’environnement

* Pierre-Henri Gouyon, membre du conseil scientifique du CRII-GEN, directeur de laboratoire CNRS, professeur à l'Agro et à l'Ecole polytechnique.

"Nous vivons une période de folie du progrès incontrôlé, dans laquelle se développe une série d'outils pour lesquels on ne se donne pas les moyens d'évaluer leurs conséquences environnementales" (*)

Le problème majeur est la transmission du transgène à des plantations voisines cultivées ou sauvages. Ce problème se pose également chez les animaux et notamment les poissons d’élevage qui pourraient contaminer des populations extérieures.

On recense donc les risques potentiels parmi lesquels une diminution de la biodiversité avec la disparition d'un certain nombre d'espèces en contact avec les pesticides et qui ne sont pourtant pas visées.

 

De plus, la mise au point d'OGM résistants, comme en témoigne l'insertion du gène de la bactérie Bacillus thuringiensis : Bt pour contrer les chenilles qui ravagent les récoltes de riz, pourrait se répandre à d'autres espèces végétales.

 

Il est également avancé que les OGM devraient limiter l'usage des pesticides. "Notons tout d'abord que les plus grosses compagnies vendeuses de pesticides sont également très souvent celles qui produisent des semences transgéniques ou non : Syngenta, Monsanto, Aventis, Du Pont de Nemours, Agrevo..." (F.VEILLERETTE, 2003). En effet, elles vendent des semences transgéniques capables de résister aux herbicides qu'elles commercialisent. Les deux produits complémentaires assurent à l'agriculteur des cultures transgéniques qui ne souffriront d'aucune autre plante concurrente.

Cette astuce commerciale assure un double profit à ces industries agro-alimentaies et a même permis une augmentation des ventes de 72% du Roundup (herbicide) aux Etats-Unis depuis 1997.

Ainsi, en 2003, plus de 71% des OGM cultivés ont été conçus pour résister à un herbicide et 28% pour produire leur propre insecticide. L'argument environnemental "OGM contre pesticides" ressemble donc à une véritable fumisterie.


> Les risques socio-économiques

La généralisation de cultures intensives basées sur les OGM risque d'accroître la suprématie d'importants groupes multinationaux au détriment de la spécificité des cultures locales et régionales, mais également de l'agriculture biologique.

En effet, les plantes transgéniques sont brevetées et ne doivent pas être ressemées d'une culture à l'autre sous peine de forte amende.

 

L'aide alimentaire américaine en est un exemple : en noyant d'OGM les pays d'Afrique australe soit disant en difficultés, elle crée le terreau d'un marché considérable et trouve le moyen d'écouler ses surplus.

De surcroît, actuellement peu de petits exploitants tirent parti des prétendus avantages des OGM.


> La législation française

Juridiquement, la réglementation concernant les expérimentations sur les OGM est régie par le loi cadre du 13 juillet 1992. En outre, il existe en amont et en aval :

 

    * la Commission de Génie Génétique qui examine obligatoirement les dossiers et donne son avis sur l’agrément donné aux laboratoires

    * la Commission du Génie Biomoléculaire, créée en 1986, définit et contrôle les conditions de dissémination d'OGM en extérieur et évalue celles de mise sur le marché. Chargée de rendre compte des impacts sur l'environnement, elle ne comprend pour autant aucun spécialiste en environnement...

    * l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) qui contrôle la sécurité des aliments issus de plantes transgéniques

    * le Comité de Biovigilance qui contrôle et évalue les risques environnementaux induits par les OGM autorisés.

    * enfin depuis fin 2002, en Europe, tous les produits destinés à l'alimentation humaine ou animale et contenant des OGM ou dérivés d'OGM devront obligatoirement être étiquetés à partir d'un seuil de présence de ces derniers de 0,9%.

 

Dans la pratique, les OGM sont ordonnés en classes de danger selon trois paramètres :

 

      * origine et nature de l’OGM cloné,

     * le vecteur (élément porteur d'une séquence d'ADN qui dirige la synthèse d'une protéine cible),

      * l’organisme récepteur.

 

A chacune des quatre classes de danger ainsi créées correspond un niveau de confinement : de la blouse de travail, au sas de décontamination systématique.


> Pour le consommateur européen

* David Byrne, commissaire européen chargé des questions de santé et de protection des consommateurs

"Je peux choisir... d'acheter ou non des aliments fabriqués à partir d'OGM. Tel est le choix que je veux offrir aux consommateurs dans toute l'Europe" (*)

l'Union européenne impose que tous les produits alimentaires préemballés (additifs et arômes compris) contenant plus de 1% d'OGM soient étiquetés. les produits présentant des OGM doivent en faire mention par "ce produit est fabriqué à partir d'OGM" ou "ce produit contient des ingrédients produits à partir d'OGM". Les mentions "sans OGM" et "sans utilisation d'OGM" ne sont acceptées qu'en l'absence démontrée d'OGM, ceci à tous les stades de l'élaboration du produit.

 

Depuis début 2004, tout produit issu de récoltes transgéniques devra porter la mention "OGM", ou "issu d'OGM", qu'il soit inscrit au menu d'un restaurant, ou très transformé, comme l'huile, le sucre ou l'amidon. Seront exemptés, la viande, le lait et les oeufs d'animaux nourris avec des éléments transgéniques. Enfin ce sera dès 0,9% de séquences génétiques modifiées qu'un produit devra comporter la mention "contient des OGM".


> OGM et société

Grâce notamment aux progrès de la science, la santé et la sécurité alimentaire se sont régulièrement améliorées dans notre société. Néanmoins, force est de constater qu’il existe une appréhension voire un rejet complet d’une partie de la population vis à vis des OGM à cause des risques et des dangers liés aux OGM. En effet, selon une étude commandée par la Commission européenne, 71 % des Européens refusent les OGM. Cependant, il semble que ce sentiment soit moins lié aux données scientifiques qu’à une vision de la nature et de la société.

Ainsi, pour la plupart des chercheurs, la peur des OGM est scientifiquement quasi infondée compte tenu de la réglementation et des précautions mises en œuvre.

A leurs yeux, il apparaît donc nécessaire de multiplier les expertises, l’information et la communication sur ce sujet.

 

Notons également que cette inquiétude est liée au fait que les OGM représentent le symbole de la « main mise » des grandes sociétés internationales sur l’alimentation et l'économie, privant les agriculteurs de leur autonomie.


> Conclusion : une peur fondée ?

Notons que le transfert des gènes entre bactéries par exemple existe depuis plus d’un milliard d’années et qu’il existe des gènes " sauteurs " qui apportent sans intervention humaine de nouvelles propriétés aux végétaux. Pour autant, ces transferts naturels se sont produits sur des échelles de temps radicalement différentes et de façon aléatoire. Ainsi, les écosystèmes ont pu évoluer en prenant en compte ces modifications. Or, les PGM ne se cultivent que dans un écosystème artificiel avec les intrants nécessaires à leurs développements. Une aberration à un moment où la biodiversité est largement en crise...

 

Hormis la recherche médicale ou l'OGM est un outil qui produit des protéines appréciables, dans l'agroalimentaire, l'OGM est un organisme que nous consommons sans assurance d'innocuité et en complète contradiction avec les problématiques environnementales actuelles.

 

Cette manipulation folle des briques du monde vivant génère inévitablement une forte inquiétude. Et l'on comprend aisèment les doutes et les peurs de la population (qui devrait être davantage impliquée dans ces réflexions) tant la recherche de profit supplante facilement le principe de précaution et la raison.



En savoir plus & références...

Suivre l'actualité sur les OGM
Lire notre dossier sur les pesticides
C.Vélot, L'Ecologiste n°18, Vol.7, p.48-53, 03/2006
OGM, enjeux des recherches, document d'information du Ministère de la Recherche.
Science & Vie n°1017, juin 2002, "Les premiers OGM de deuxième génération sont arrivés"
Science & décision : l'industrie des biotechnologies - Les plantes OGM
F. VEILLERETTE, Pesticides - Le piège se referme, 03/2003
Revue Pour la Science, 2000

Les autrices/eurs :

Christophe MAGDELAINE, responsable du site
Céline MENANT, rédactrice du site

 

(Sources : http://www.notre-planete.info/ecologie/alimentation/ogm_0.php / http://www.notre-planete.info/ecologie/alimentation/ogm_1.php )

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Vendredi 1 septembre 2006

Biocarburants : le point sur les huiles brutes

 

L'augmentation du prix du pétrole conduit à s'interroger sur l'utilisation des huiles végétales comme substitut aux carburants fossiles. Face à cet intérêt renforcé notamment du monde agricole, l'ADEME fait le point sur l'état actuel des connaissances et les études en cours.

 

Biocarburants : de quoi parle-t-on ?

Les biocarburants sont des carburants d'origine agricole. Ils sont obtenus à partir de matières organiques végétales ou animales, appelées encore biomasse, et utilisés dans les moteurs. D'une part, les biocarburants sont des énergies renouvelables et contribuent à diminuer certains impacts globaux, comme l'effet de serre. D'autre part, ils représentent un élément de réponse à l'augmentation du coût des carburants et à la baisse des réserves pétrolières.

 

On différencie trois grandes classes de biocarburants selon la matière végétale ou animale utilisée :

- les biocarburants issus des plantes oléagineuses (contenant de l'huile) comme le colza ou le tournesol : on distingue les huiles végétales aussi appelées « huiles brutes » obtenues par simple pressage des graines et les esters méthylique d'huile végétale (EMHV) appelés aussi Diester, issus de la transformation chimique de ces huiles.

- les biocarburants obtenus à partir d'alcool produit avec des plantes contenant du sucre (betterave, canne à sucre) ou de l'amidon (blé par exemple) : le bioéthanol ou son dérivé l'ETBE (éther).

- les biocarburants produits par fermentation sans oxygène de toute matière organique (déchets alimentaire, déchets végétaux, culture…) : ce biogaz (méthane) peut s'utiliser directement une fois purifié, comme le gaz naturel véhicule (GNV).

 

En France, seules deux utilisations ont été développées à ce jour, l'ETBE (éther) et les EMHV ou Diester. Aujourd'hui, ces biocarburants sont d'ores et déjà couramment utilisés dans tous les véhicules puisqu'ils sont incorporés à hauteur de 0,8 % respectivement dans l'essence et le gazole et ne nécessitent pas de modification des moteurs. Le premier ministre a indiqué que ce pourcentage devrait atteindre 5,75 % en 2008, 7 % en 2010 et 10 % en 2015.

 

Huiles brutes : un biocarburant interdit à l'utilisation

L'huile brute n'est actuellement pas autorisée en droit français, pour être utilisée comme carburant. L'utilisation d'huile en mélange ou en substitution du gazole routier est totalement interdite et l'utilisateur s'expose à une amende et au paiement d'un arriéré d'un montant équivalent à la TIPP, calculé sur la consommation du véhicule et de son kilométrage.

 

Concernant l'usage pour des engins de chantiers (dont les tracteurs agricoles), il est aussi interdit, en lieu et place du fioul, mais une dérogation peut être demandée à la direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE). La situation légale et fiscale est toutefois susceptible d'évoluer. Le projet de loi d'orientation agricole qui va être soumis au Parlement prévoit la possibilité d'utiliser les huiles végétales brutes en autoconsommation comme carburant agricole dans les exploitations agricoles sur lesquelles elle aura été produite, à titre expérimental jusqu'au 31 décembre 2007. Sur 2 millions de tep consommées chaque année par les engins agricoles, environ 400 000 tep pourraient être substituées par des huiles brutes.

 

Huiles brutes : des avantages environnementaux et économiques …

Une étude de l'ADEME et du ministère de l'Industrie réalisée en 2002 a montré un réel avantage de l'huile végétale. En effet, la filière huile végétale (de la production à l'utilisation) produit 5 fois moins de gaz à effet de serre que la filière gazole. Des études conduites la même année sur des tracteurs d'âges et de technologies divers montraient des émissions des polluants (oxydes de carbone, hydrocarbures, oxydes d'azote) des tracteurs roulant avec de l'huile brute identiques à celle de tracteurs au gazole ou au Diester. Mais ces données doivent être actualisées avec des tracteurs de dernière génération. La production d'huile végétale peut s'avérer rentable pour l'agriculteur, si les coûts de carburant en fioul sont élevés (prix actuels) et si les tourteaux gras (partie solide restant après le pressage de la graine d'oléagineux : tournesol, colza,…) sont utilisés pour l'alimentation du bétail de l'exploitation. Cependant, les tourteaux ne peuvent être stockés trop longtemps (risque d'oxydation) et sont essentiellement destinés à l'alimentation des porcs.

 

… mais des précautions nécessaires pour préserver les moteurs

Sur les tracteurs modernes, des modifications relativement coûteuses doivent être apportées sur les dispositifs d'alimentation ainsi que, le plus souvent, sur la chambre de combustion, faute de quoi la fiabilité des moteurs n'est plus assurée. En Allemagne, où l'huile brute est autorisée, des incidents sont apparus sur des tracteurs récents, en particulier la casse de la pompe d'injection. En effet, avec un système à injection directe, équipant presque tous les tracteurs aujourd'hui, la température de combustion à l'intérieur de la chambre est toujours plus basse qu'avec les anciens moteurs à injection indirecte et ne permet pas la combustion complète de l'huile, provoquant alors la formation d'un dépôt de coke et des pannes. Il est donc nécessaire, d'une part, de modifier les têtes des pistons pour atteindre une température suffisante, ce qui induit des modifications assez lourdes et coûteuses, et, d'autre part, de prévoir des équipements annexes, en particulier une double alimentation gazole/huile brute. Par ailleurs, les gommes et impuretés (mucilages, impuretés naturelles solubles dans l'huile) contenues dans l'huile entraînent des problèmes d'obturation des filtres sur le moteur.

 

En ce qui concerne les véhicules particuliers, non seulement l'usage d'huile végétale comme carburant est strictement interdit mais il est aussi techniquement déconseillé, compte tenu des technologies utilisées dans les moteurs diesel de dernière génération (risques techniques et émissions de polluants non déterminées).

 

L' ADEME améliore les connaissances sur les huiles brutes

D'ici la fin de l'année, l'agence lancera avec la Fédération Nationale des Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole (FNCUMA) de nouveaux essais pour actualiser les données sur les émissions de polluants et le comportement des moteurs de tracteurs de dernière génération


En savoir plus
Notre dossier sur les énergies renouvelables

Auteur : ADEME

(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_691.php )



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Vendredi 1 septembre 2006

L'intérêt des biocarburants pour l'environnement

 

Le numéro 108 du 4 pages de l’Institut français de l’environnement (Ifen) fait le point du développement des biocarburants en France

 

La France fait mieux que la moyenne européenne, mais moins que les objectifs –ambitieux– qu’elle s’est fixés. La hausse des cours du pétrole devrait favoriser cette évolution, positive du point de vue du changement climatique, mais non sans risques pour l’environnement si elle se traduit par des pollutions agricoles.

 

Le développement de biocarburants, prôné par la France et l’Europe, contribue à la lutte contre l’effet de serre et encourage une source d’énergie renouvelable. Il offre aussi des débouchés agricoles qui améliorent notre indépendance énergétique.

Parmi les diverses filières possibles, la France se concentre sur deux familles de biocarburants : le biodiesel ou diester, essentiellement fabriqué à partir de 90% d’huiles extraites du colza et du tournesol, et le bioéthanol, issu de la fermentation des sucres contenus dans la betterave, le blé ou le maïs.

 

L’équivalent d’un million et demi de tonnes de gaz carbonique évitées en 2005

Le transport, grand consommateur d’énergie, est la première source d’émissions de gaz à effet de serre, avec 149 millions de tonnes d’équivalent (Mteq) CO2 en 2003. L’utilisation de diester à la place du gazole permet une réduction de 75% des gaz à effet de serre émis au cours de l’ensemble du cycle de vie du carburant, de sa production à sa combustion. Celle du bioéthanol à la place de l’essence permet une réduction de 60%. La consommation de biocarburants de 2005 devrait éviter l’émission de 1,5 Mteq CO2. L’objectif pour 2008 correspondrait à un gain de 7 Mteq CO2.

 

Des ventes qui stagnent, mais que la hausse des cours de pétrole encouragera

Après avoir beaucoup augmenté de 1993 à 1997, les ventes françaises de biocarburants marquent un palier à environ 400 000 tonnes par an depuis 2000. En 2004, leur taux d’incorporation dans l’essence et le gazole vendus était de 0,83%, un taux bien inférieur à l’objectif de 2% prévu initialement pour fin 2005, même s’il reste supérieur à la moyenne observée dans l’Europe des 15 (0,42%). Les biocarburants sont pour le moment plus onéreux à produire que les carburants classiques. L’Etat encourage leur production par une réduction de la fiscalité. Le surcoût à la production sera évidemment d’autant plus faible que le cours du pétrole sera élevé.

 

Première puissance agricole européenne, la France prévoit d’incorporer 5,75% de biocarburants d’ici 2008 et 10% d’ici 2015. Des objectifs ambitieux, dont l’impact est conditionné par l’adoption de pratiques culturales respectueuses de l’environnement.

 


En savoir plus
Le 4 pages de l'Ifen n° 108 - Novembre/Décembre 2005
Notre page sur les biocarburants


 

Auteur : Institut Français de l’Environnement

(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_835_biocarburants_environnement_France.php )
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Vendredi 1 septembre 2006

Les biocarburants

 

Le bioéthanol (en substitution de l'essence)

 

Il s'agit d'un alcool produit par la fermentation des sucres contenus dans les plantes riches en sucre (betteraves, topinambours, canne à sucre...) ou en amidon (pomme de terre, céréales) ou dans les plantes ligneuses (bois, paille...). Le rendement énergétique est tout juste positif pour le bioéthanol : 1.15 lorsqu'il est produit à partir du blé, 1.65 à partir de la betterave. Ce rendement peut s'améliorer nettement si les sous-produits (paille de blé, pulpes de betteraves) sont utilisés comme combustibles par exemple dans l'unité de fabrication de l'éthanol.

On peut aussi produire un éther dérivé de l'éthanol : l'ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther) qui est issu de la betterave et du blé, et réservé aux moteurs à essence.

Au Brésil, depuis les années 70, une grande partie du parc automobile (plusieurs millions de véhicules) est alimentée avec de l'éthanol extrait de la canne à sucre.

 

 

L'ester d'huile végétale

 

Il améliore l'indice d'octane du moteur c'est à dire son pouvoir détonant, de plus, il y a plus d'oxygène dans l'alcool et la combustion est meilleure bien que l'éthanol ait un pouvoir calorifique inférieur à celui de l'essence.

Le rendement énergétique de l'ester atteint 2 et s'améliore nettement, dépassant 5, si l'on utilise l'énergie contenue dans les sous-produits (apille, tourteaux de colza...)

 

 

L'ester méthylique d'huile végétale (en substitution du gazole)

 

On peut brûler dans un moteur soit de l'huile végétale (colza, tournesol, soja, arachide...) soit des esters d'huile.

L'ester présente deux avantages sur les huiles brutes : moindre viscosité et meilleure aptitude à s'auto-enflammer dans le moteur. Le carburant qui se dévelope actuellement est l'ester méthylique d'huile de colza ou de tournesol c'est à dire le diester.

Le biodiesel, introduit en France à raison de 1% dans le diesel vendu aux pompes grand public, est un mélange de gazole et de diester. Ainsi, la France est le deuxième producteur européen de diester.

 

Selon un écobilan diffusé par l'ADEME, chaque tonne de diester utilisé à la place du gazole économise 2,2 tonnes d'équivalent CO2.

 

 

Dans le monde

 

La production de biocarburants (éthanol et biodiesel) a dépassé les 33 milliards de litres en 2004, c’est à dire 3% des 1 200 milliards de litres d’essence consommés sur la planète. L’éthanol a fourni 44% de tous les carburants (non diesel) pour véhicules automobiles consommés au Brésil en 2004 et a été mélangé avec 30% de toute l’essence vendue aux Etats-Unis (REN21, 11/2005).

 

Depuis 25 ans, le Brésil est en tête des pays du monde qui font la promotion des biocarburants. Toute l’essence vendue doit être mélangée à de l’éthanol et toutes les stations services doivent aussi bien vendre de l’éthanol pur, que des mélanges à base d’éthanol. A l’instar du Brésil, l’autorisation de combiner les biocarburants et les carburants automobiles a été votée dans au moins 20 états et provinces du monde ainsi que dans deux pays : la Chine et l’Inde (REN21, 11/2005).

 

 

En France

 

Actuellement, les biocarburants (éthanol, méthanol et biodisiel) ne sont incorporés qu'à hauteur de 1% dans l'essence et le gazole et le gouvernement français s'est engagé en septembre 2004 à atteindre un taux de 5,75% d'ici 2010, comme le souhaite l'Union Européenne.

Pour ce faire, il est prévu le doublement de la production de biocarburants et la création de 4 usines d'une capacité de 200 000 tonnes.

 

Les huiles végétales, de tournesol ou de colza bio, à première pression à froid sont reconnues depuis décembre 2002 comme des biocarburants par l'Union Européenne et bénéficient donc d'une totale exonération de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).

 

En 1999, les surfaces cultivées pour la production de biocarburants en France atteignaient :

 

    * 308 000 hectares pour le Colza ;

    * 62 000 ha pour le Tournesol ;

    * 18 000 ha pour le blé ;

    * 12 000 ha pour la betterave.

 

 

Domaines d'application

 

Le biogaz, une fois épuré de son CO2, de son eau et de son hydrogène sulfuré H2S est quasiment identique au méthane comprimé ou Gaz Naturel pour Véhicule (GNV). L'autonomie est réduite mais les polluants atmosphériques rejetés sont faibles avec un bruit limité, ce qui en fait un carburant idéal pour les transports urbains.


En savoir plus et références...

Suivre l'actualité sur les biocarburants

Renewable Energy Policy Network for the 21st Century - REN21


L'auteur :

Christophe MAGDELAINE, responsable de Planete Info

(Source : http://www.notre-planete.info/environnement/energies_biocarburants.php )

 

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Vendredi 1 septembre 2006

La fonte de la couche de glace du Groenland s'accélère

 

Selon les données recueillies par une équipe de scientifiques américains et allemands, la fonte de la couche de glace du Groenland, qui représente 10 % des réserves d'eau douce du monde, s'accélère.

 

Les conclusions de la mission « Gravity Recovery and Climate Experiment » (GRACE) révèlent que la couche de glace rétrécit le long de la côte du sud-est du Groenland, ce qui pourrait influencer le climat en Europe de l'Ouest.

 

Dans le cadre du projet GRACE, deux satellites survolant la terre en tandem ont documenté les changements qui sont intervenus dans les glaciers entre 2002 et 2005 et ont consigné les données liées à l'accélération de la fonte des glaces au cours des deux dernières années.

 

Le projet GRACE est financé par la NASA et le Centre aérospatial allemand. C'est le laboratoire Jet Propulsion et le Centre de recherche spatiale de l'université du Texas qui le gèrent.

 

« Les récentes données obtenues dans le cadre du projet GRACE constituent les mesures les plus complètes de la perte de la masse de glace au Groenland », précise M. Byron Tapley, professeur d'ingénierie aérospatiale de l'université du Texas, dans un communiqué de presse. « Ce qui fait réfléchir, c'est de constater que le processus de fonte des glaciers s'accélère bien plus rapidement qu'auparavant », souligne-t-il.

 

La couche de glace du Groenland contient environ 10 % de l'eau douce du monde et les informations recueillies dans le cadre du projet GRACE indiquent que la quantité d'eau douce résultant de cette fonte pourrait ajouter 0,56 millimètre chaque année à la montée du niveau des mers et des océans de la planète.

 

Cette quantité supplémentaire d'eau douce qui se mêlerait à l'eau de mer ne serait sûrement pas sans conséquences. L'eau douce, qui est plus légère que l'eau salée de l'Atlantique Nord, pourrait influencer le flot du courant norvégien.

 

« Si suffisamment d'eau douce se mêle au courant norvégien, cela pourrait avoir des effets sur le climat en Europe », explique le professeur Tapley.

 

Lancés en mars 2002, les satellites de la mission GRACE ont enregistré les changements qui sont intervenus dans le champ de gravité de la Terre. Ils captent les minuscules variations qui interviennent dans la force gravitationnelle à la suite des modifications localisées de la masse terrestre. Les instruments des satellites comparent ces variations d'un mois à l'autre, à la suite des changements liés aux saisons, aux tendances météorologiques et aux modifications climatologiques à court terme.

 

Il est important de comprendre les modifications de la masse terrestre pour étudier les changements qui interviennent dans le niveau des mers, dans les calottes polaires, dans les courants océaniques profonds et pour comprendre les phénomènes de réduction et de reconstitution des nappes phréatiques continentales.

 

Les cartes dressées dans le cadre du projet GRACE sont cent fois plus précises que celles qui existent déjà et permettent de rendre encore plus précises de nombreuses techniques auxquelles ont recours les océanographes, hydrologues, glaciologues, géologues et autres scientifiques pour étudier les phénomènes influençant le climat.

 

Autrice :

Charlene Porter, Rédactrice du Washington File

En savoir plus
GRACE - Gravity Recovery and Climate Experiment (en anglais)
Notre dossier sur le changement climatique


(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_985_fonte_glace_Groenland.php  )


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Vendredi 1 septembre 2006

Les pays riches sont entrés dans la crise de l'eau

 

Dans le cadre de la Semaine mondiale de l'eau qui se tient cette année à Stockholm du 20 au 26 août, deux importantes études soulignent que la crise de l'eau attendue plutôt pour 2025 a bien débuté tandis que la pénurie affecte maintenant durement les pays développés.

 

Le manque d'eau n'est plus l'apanage des pays pauvres et touche un nombre toujours plus important de pays riches et même quelques-unes des nations les plus prospères au monde. Tel est le cri d'alarme lancé par le WWF qui vient de publier un nouveau rapport sur les problèmes liés à l'utilisation de l'eau dans les pays développés.

"Rich countries, poor water" (« Pays riches pauvres en eau ») est le premier rapport global entièrement consacré à la situation des ressources en eau dans les pays industrialisés.

Le rapport démontre comment, suite aux effets combinés du changement climatique, des épisodes de sécheresse et de la disparition des zones humides qui faisaient office de réservoirs, la crise de l'eau est devenue un phénomène de portée mondiale, phénomène encore aggravé par des aménagements inappropriés et une mauvaise gestion des ressources. Le rapport met en avant quelques cas de figures qui illustrent des problèmes liés à l'eau affectant des pays comme l'Australie, l'Espagne, certaines régions du Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon.

 

Parallèlement, 700 scientifiques provenant de plus de 100 institutions différentes ont contribué à l'enrichissement et la mise à jour d'une étude menée en 2000 qui se réduisait alors à l'exploitation de la ressource eau pour les cultures.

Après 5 ans de travail, cette nouvelle version présentée aujourd'hui à l'occasion de la semaine mondiale de l'eau intègre des données planétaires sur les surfaces irriguées, l'utilisation de l'eau pour les élevages et les ressources des bassins versants.

Alors que la première version prévoyait une situation difficile pour 2025, cette étude actualisée et enrichie révèle qu'un tiers de la population mondiale vit désormais dans des régions où l'eau se fait rare : nous sommes déjà en 2025. De plus, ce sont les pays développés qui sont les plus durement touchés par l'amenuisement des ressources disponibles comme en témoignent des pays comme l'Inde, la Chine et les USA.

L'humanité vient de mettre le pied dans une nouvelle crise majeure et ceci bien plus tôt qu'estimé. "Ce ne sera pas dans des décennies : c'est maintenant" à indiqué Frank Rijsberman, directeur général de l'Institut international de gestion de l'eau (IWMI) à Battaramulla au Sri Lanka.

 

Cette étude souligne notamment que l'agriculture consomme déjà près des trois quart de l'eau soutirée aux rivières, aquifères et lacs et que l'accroissement de la population mondiale devrait rendre la pression sur la ressource insoutenable. En effet, la consommation d'eau à des fins alimentaires passera de 7 200 kilomètres cubes à environ 13 000 kilomètres cubes d'ici à 2050.

 

Quelques cas de pénuries dans les pays développés

Selon le communiqué du WWF :

- plusieurs pays d'Europe riverains de l'Atlantique sont confrontés à des sécheresses récurrentes, tandis qu'en Méditerranée, la consommation d'eau à grande échelle liée au tourisme de masse de même que l'irrigation pour l'agriculture mettent en danger les ressources disponibles. En Australie, le continent le plus aride au monde, l'accroissement de la salinité des eaux représente un problème majeur pour une bonne partie des terres agricoles les plus importantes ;

- au Japon, un pays qui bénéficie pourtant de précipitations abondantes, la contamination des eaux de consommation constitue un problème extrêmement sérieux en bien des endroits. Dans de nombreuses régions des Etats-Unis, la quantité d'eau consommée dépasse largement ce que la nature est en mesure de fournir. La situation ne pourra qu'empirer suite au changement climatique, qui va de pair avec une réduction du volume des précipitations, une augmentation de l'évaporation et des changements dans le régime de fonte des neiges ;

- dans quelques-unes des villes les plus assoiffées au monde, comme Houston et Sydney, le rythme de consommation de l'eau est bien plus élevé que celui de la reconstitution des réserves. A Londres, les pertes et les fuites dues à un réseau de distribution vétuste sont estimées à l'équivalent de 300 piscines olympiques par jour. Il est significatif de constater que des villes comme New York, dont les problèmes d'approvisionnement en eau sont moins graves, ont généralement une tradition plus ancienne de protection des zones de captage et sont agrémentées de grands espaces verts ;

- même au Brésil, qui se situe pourtant à l'avant-garde au niveau mondial grâce à son plan national d'exploitation des ressources en eau, des inquiétudes subsistent en ce qui concerne plusieurs projets de construction de barrages. Un peu partout en Inde, l'agriculture est menacée par une surexploitation généralisée des ressources en eau. Et les conséquences possibles pour l'environnement et les populations de certains projets d'infrastructures lourdes liées à l'exploitation de l'eau en Chine suscitent une inquiétude au niveau international.

 

Cette pression insoutenable sur la ressource en eau réclame des changements radicaux notamment sur sa gestion, sa consommation, les technologies utilisées, leur diffusion et les types de plantes cultivées. Enfin, même dans les pays riches, l'eau ne peut plus être considérée comme une ressource abondante et peu coûteuse.

 

En savoir plus
International Water Management Institute (IWMI) (en anglais)
World Water Week (en anglais)
Rapport du WWF Rich countries, Poor water (format PDF - en anglais)

 

Auteur : notre-planete.info (Christophe Magdelaine)


(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=983 )

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Vendredi 1 septembre 2006

6 heures de garde à vue pour avoir roulé au colza


Le 2 août dernier, Olivier Lainé, porte-parole de la Confédération paysanne de Seine-Maritime, a été interpellé puis retenu près de 6 h en garde à vue par le service des douanes de Rouen. La cause: le réservoir de son Trafic contenait de l'huile végétale pure, un produit dont l'usage n'est autorisé en France que dans les véhicules agricoles (cf Loi d'orientation agricole du 5 janvier 2006).

 

Olivier Lainé a transformé le moteur de sa camionnette de livraison pour qu'elle puisse fonctionner avec ce carburant, dont la fabrication est issue d'une presse achetée en début d'année 2006 avec d'autres agriculteurs de la région pour répondre à leurs besoins professionnels.

 

Si Olivier Lainé avait été contrôlé en Allemagne, il n'aurait pas été inquiété. En effet, ce produit est autorisé dans certains pays européens, conformément à une directive européenne de 2003 qui reconnaît l'huile végétale pure comme carburant. Mais cette directive n'a pas encore été transposée en France, alors que les Etats membres devaient adopter les dispositions nécessaires pour s'y conformer avant le 31 décembre 2004. Le tribunal administratif de Bordeaux a d'ailleurs récemment considéré que la directive 2003/30/CE du 8 mai 2003, visant à promouvoir l'utilisation de biocarburants ou autres carburants renouvelables dans les transports, n'a pas un caractère suffisamment précis pour être normative et laisse aux Etats membres un large pouvoir d'appréciation pour déterminer les mesures propres à atteindre ses objectifs. Le tribunal a ainsi dans cette affaire annulé les deux délibérations de la Communauté de communes de Villeneuve-sur-Lot qui autorisaient l'usage d'huiles végétales pures comme carburant pour faire rouler une dizaine de camions de collecte d'ordures ménagères. Dans les attendus du jugement, le tribunal a estimé que les deux délibérations "méconnaissent les dispositions de l'article 265 ter du code des douanes" où les huiles végétales pures ne figurent pas dans la liste des carburants autorisés. Le traitement réservé par l'Etat aux huiles végétales pures apparaît pourtant en contradiction avec une expérience menée par le Conseil général de la Marne avec des véhicules roulant au bioéthanol de betterave.

 

La Confédération paysanne a profité de l'occasion pour relancer le débat et dénoncer "la duplicité de l'Etat qui prône dans ses discours une volonté de progresser vers une plus grande autonomie énergétique des exploitations agricoles et de lutter contre l'effet de serre", alors que "dans la pratique les filières courtes sont entravées. De plus, le syndicat réaffirme son opposition à la stratégie gouvernementale basée exclusivement sur les biocarburants industriels. Selon elle, ces filières ne présentent pas de bilans énergétiques et environnementaux satisfaisants, ne sont pas économiquement rentables et profitent exclusivement à des lobbies agricoles et pétroliers sans considération pour le développement de l'économie locale.

 

En savoir plus

Site Internet de la Confédération Paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr

Notre page sur les biocarburants : http://www.notre-planete.info/environnement/energies_biocarburants.php

 

Auteur : notre-planete.info (Frank Zschiegner)

 

 

http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=979
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