Vendredi 1 septembre 2006
La reconstitution de la couche d’ozone mettra plus de temps que prévu

Le résumé d’un nouveau rapport d'évaluation scientifique rédigé par plus de 250 experts internationaux a été publié le 18 août 2006 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’environnement. Il en ressort, entre autres conclusions, que la couche d'ozone stratosphérique qui protège les organismes vivants des effets nocifs du rayonnement solaire retrouvera son intégrité cinq à 15 ans plus tard que prévu.

D'après les nouveaux éléments scientifiques sur lesquels repose cette évaluation, la couche d'ozone au-dessus des latitudes moyennes, c'est-à-dire entre les trentième et soixantième parallèles dans les deux hémisphères, devrait se reconstituer d'ici à 2049, soit cinq ans plus tard que ne le laissait entendre la précédente évaluation (2002).

Au-dessus de l'Antarctique, la reconstitution de la couche d'ozone ne devrait pas intervenir avant 2065, c'est-à-dire 15 ans plus tard que prévu. En raison des conditions particulières qui règnent dans le tourbillon polaire – zone dépressionnaire balayée par des vents extrêmement froids et violents – le «trou d'ozone» dans cette région devrait réapparaître périodiquement pendant encore une vingtaine d'années.

Aux latitudes moyennes, le retard annoncé s'explique essentiellement par la révision à la hausse des quantités de CFC-11 et CFC-12 que renferment les réfrigérateurs actuels, entre autres appareils, et dont une grande partie finira par rejoindre l'atmosphère, et des futurs niveaux de production du HFCF-22, produit de remplacement des CFC qui, bien que beaucoup moins nocif, attaque quand même la couche d'ozone. Au-dessus de l'Antarctique, le retard est dû essentiellement au fait que les masses d'air présentes dans cette région sont beaucoup plus anciennes. Autrement dit, les concentrations de substances nocives pour l'ozone mettront plus de temps à revenir aux niveaux d'avant 1980, facteur qui a été pris en considération dans la nouvelle évaluation.

«On ne peut que déplorer ce retard, mais la bonne nouvelle, c’est qu’après avoir atteint un maximum entre 1992 et 1994 dans la troposphère et dans le courant des années 90 dans la stratosphère, les concentrations d'agents destructeurs de l'ozone continuent de baisser», a déclaré M. Michel Jarraud, Secrétaire général de l'OMM. «En raison du changement climatique mondial, les conditions atmosphériques sont différentes de ce qu'elles étaient avant la formation du trou dans la couche d'ozone, ce qui peut avoir une incidence sur la reconstitution de celle-ci. Il est essentiel de renforcer les capacités d'observation et d’évaluation pour pouvoir faire la distinction entre les effets imputables au changement climatique et ceux qui résultent de l'évolution des concentrations de substances qui appauvrissent la couche d'ozone. Il sera ainsi plus facile de vérifier l'efficacité des mesures prises au titre de la Convention de Vienne (1985) ainsi que du Protocole de Montréal (1987) et de ses amendements.»

Il ressort du nouveau rapport, entre autres conclusions, que l'ozone stratosphérique a cessé de diminuer en dehors des régions polaires. D'après les résultats de modèles, la baisse constatée dans les années 90 est due au fait que les concentrations de gaz destructeurs d'ozone stratosphérique sont demeurées quasiment constantes durant cette période.

La destruction de l'ozone dans les régions polaires observée au printemps reste très marquée lorsque l'hiver a été caractérisé par des températures stratosphériques très basses. Cette situation perdurera très probablement au-dessus de l'Antarctique pendant au moins dix à vingt ans, les concentrations de gaz destructeurs d'ozone ne diminuant que lentement.

Les concentrations de substances nocives pour l’ozone, qui ont atteint leur maximum entre 1992 et 1994, commencent maintenant à diminuer dans la stratosphère. Le rapport fait aussi le point sur les agents destructeurs de l’ozone dont la durée de vie est très courte, sur la situation actuelle et les perspectives concernant le rayonnement ultraviolet incident et sur les relations de cause à effet entre le climat et la couche d’ozone.

Comme l'a indiqué M. Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE, «les premiers signes annonciateurs de la convalescence de l'atmosphère sont à mettre au crédit du Protocole de Montréal, mais la lenteur du processus doit nous mettre en garde : l'affaire n'est pas gagnée et il nous faut redoubler d'efforts pour éliminer les substances chimiques nocives».

Les valeurs de référence pour juger des progrès accomplis sont les concentrations stratosphériques de chlore, principal agent de raréfaction de l'ozone, d'avant 1980. La diminution de ces valeurs devrait coïncider en principe avec un accroissement des concentrations d'ozone et une moindre pénétration du rayonnement solaire ultraviolet. Des mesures récentes effectuées dans des régions exemptes de pollution révèlent effectivement une diminution du rayonnement ultraviolet incident, mais les changements climatiques, entre autres facteurs, font qu'il est difficile de tirer des conclusions définitives.

Un certain nombre de solutions qui permettraient d'accélérer la reconstitution de la couche d'ozone sont évaluées dans le rapport en question, qui met aussi l'accent sur les facteurs qui pourraient retarder le processus. Il en ressort que si l'on parvenait à supprimer dès la fin 2006 toutes les émissions provenant de la production et de la consommation des agents destructeurs de l'ozone que sont les CFC, les halons, les HCFC, le bromure de méthyle, le tétrachlorure de carbone et le trichloroéthane – hypothèse qui va au-delà des engagements pris au titre du Protocole – la couche d'ozone devrait être reconstituée dès 2034 aux latitudes moyennes, c'est-à-dire qu'on gagnerait 15 ans.

À l'opposé, si les gouvernements ne respectaient pas pleinement l'engagement qu'ils ont pris d'éliminer progressivement les substances visées par le Protocole de Montréal, le processus de reconstitution de la couche d'ozone s'en trouverait ralenti. Une telle situation résulterait aussi du maintien voire du renforcement du système de dérogations provisoires aux calendriers d'élimination des substances nocives pour l'ozone ou, dans le cas du bromure de méthyle, des exemptions pour traitement en quarantaine, pour traitement préalable à l'expédition ou pour utilisation essentielle.

À leur prochaine réunion annuelle, qui se tiendra à New Delhi du 30 octobre au 3 novembre prochains, les Parties au Protocole de Montréal examineront les conséquences, pour l'élaboration des politiques, de l'évaluation scientifique telle qu'elle est libellée dans sa version résumée. La version intégrale du rapport, rédigé et révisé par plus de 250 experts du monde entier, sera publiée début 2007.

En savoir plus
Global Atmosphere Watch (en anglais)
Notre dossier sur le trou dans la couche d'ozone

Auteur : Programme des Nations Unies pour l'Environnement

(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=986 )
Par Cilou - Publié dans : DOSSIER PLANETE
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Vendredi 1 septembre 2006
L’agriculture biologique peut-elle nous nourrir tous ?

Les seules personnes qui pensent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l’imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiques arrogants. Vrai ?

En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l’industrie agricole, de scientifiques spécialisés dans l’environnement et dans l’agriculture et d’experts agricoles internationaux pensent qu’une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique permettrait non seulement d’augmenter l’approvisionnement alimentaire mondial mais serait peut-être même la seule manière d’éradiquer la famine.

Cela peut paraît surprenant. Après tout, les agriculteurs biologiques rejettent les pesticides, les engrais synthétiques et les autres outils devenus synonymes d’agriculture à haut-rendement. Au lieu de cela, ils dépendent de l’élevage pour avoir du fumier et doivent faire pousser des haricots, du trèfle ou d’autres légumes fixateurs d’azote et fabriquer du compost ou d’autres formes d’engrais qui ne peuvent être produits dans des usines chimiques mais qui doivent être cultivés - et qui consomment donc de la terre, de l’eau et d’autres ressources. (La production d’engrais chimiques nécessite elle des quantités importantes de pétrole.) Dans la mesure où les agriculteurs biologiques s’interdisent l’utilisation de pesticides synthétiques, on peut penser que leurs cultures sont dévorées par des hordes d’insectes, leurs fruits frappés par la pourriture brune des cabosses et leurs plantes étouffées par les mauvaises herbes. De plus, comme l’agriculture biologique nécessite une rotation des cultures pour aider à contrôler les parasites, on ne peut cultiver aussi souvent dans le même champ du blé du maïs ou tout autre produit.

En conséquence, nous dit-on, dans un monde dépendant de l’agriculture biologique, on devra cultiver plus de terres qu’aujourd’hui - même si cela signifie moins de pollution, moins d’animaux de ferme maltraités et moins de résidus cancérigènes dans nos légumes. « Nous n’allons pas nourrir 6 milliards d’êtres humains avec des engrais biologiques » a déclaré Norman Borlaug, phytogénéticien et prix Nobel, lors d’une conférence en 2002. « Si nous essayons de le faire, nous abattrons la majorité de nos forêts et beaucoup de ces terres ne seront productives que sur une courte période. » Le chimiste de Cambridge John Emsley le dit de manière plus abrupte : « La plus grande catastrophe à laquelle la race humaine pourrait faire face durant ce siècle n’est pas le réchauffement planétaire mais une conversion planétaire à ‘l’agriculture biologique’ - environ 2 milliards de personnes en mourraient. »

Ces dernières années, l’agriculture biologique a attiré une plus grande attention, pas seulement de la part des critiques qui craignent que son adoption à grande échelle ne conduise des milliards de personnes à la famine, mais aussi de la part des agriculteurs et des agences de développement qui pensent qu’une telle transition pourrait être bénéfique pour les populations affamées. Malheureusement, à ce jour, personne n’avait cherché à établir par une analyse systématique si une transition généralisée vers l’agriculture biologique se heurterait au manque de nutriments et à une production insuffisante. Les résultats sont saisissants.

Haute technologie, faibles impacts
De nombreuses études menées de par le monde montrent en réalité que les fermes biologiques peuvent produire autant, et dans certains cas beaucoup plus que les fermes conventionnelles. Quand il y a des différences de rendement, elles ont tendance à être plus importantes dans les pays industrialisés, où les agriculteurs utilisent de grandes quantités d’engrais synthétiques et de pesticides dans leurs incessantes tentatives d’augmenter la production. Il est vrai que les agriculteurs qui se dirigent vers une production biologique ont souvent un rendement moins élevé les premières années, le temps que le sol et la biodiversité alentour récupèrent après des années d’assauts chimiques. Plusieurs saisons peuvent être également nécessaires pour qu’un agriculteur affine cette nouvelle approche.

Le vieil argument selon lequel le rendement de l’agriculture biologique représente un tiers ou la moitié du rendement de l’agriculture traditionnelle est basé sur des hypothèses biaisées et un manque d’information. Par exemple, la statistique souvent citée selon laquelle une transition vers l’agriculture biologique aux Etats-Unis ne permettrait de produire qu’un quart de la nourriture produite actuellement est basée sur une étude du Département américain de l’agriculture montrant que tout le fumier des Etats-unis ne pourrait couvrir qu’un quart des besoins en engrais du pays - même si l’agriculture biologique ne dépend pas que du fumier.

Ces arguments sont contredits par des recherches poussées. Par exemple, une étude récente menée par des scientifiques de l’Institut de recherche pour l’agriculture biologique en Suisse a montré que les fermes biologiques avaient un rendement inférieur de seulement 20% aux fermes conventionnelles sur une période de 21 ans. En passant en revue plus de 200 études menées aux Etats-Unis et en Europe, Per Pinstrup Andersen (professeur à Cornell et gagnant du World Food Prize) et ses collègues sont arrivés à la conclusion que le rendement de l’agriculture biologique arrive environ à 80% du rendement de l’agriculture conventionnelle. Beaucoup d’études montrent une différence encore moins marquée. Analysant les informations de 154 saisons de croissance sur diverses cultures, arrosées par la pluie ou irriguées, Bill Liebhardt, scientifique agricole de l’Université de Californie à Davis, a découvert que la production de maïs biologique atteignait 94% de celle de la production conventionnelle, celle de blé biologique 97% et celle de soja biologique 94%. La production de tomate biologique quant à elle égalait la production conventionnelle.

Plus important encore, dans les pays les plus pauvres où se concentrent les problèmes de famine, la différence de rendement disparaît complètement. Les chercheurs de l’Université d’Essex Jules Pretty et Rachel Hine ont étudié plus de 200 projets agricoles dans les pays en voie de développement et ont découvert que pour l’ensemble de ces projets - ce qui inclut 9 millions de fermes sur près de 30 millions d’hectares - le rendement augmentait en moyenne de 93%. Une étude sur sept ans portant sur 1000 fermiers cultivant 3 200 hectares dans le district de Maikaal, dans le centre de l’Inde, établit que la production moyenne de coton, de blé et de piment était jusqu’à 20% plus élevée dans les fermes biologiques que dans les fermes conventionnelles de la région. Les agriculteurs et les scientifiques agricoles attribuent les rendements plus hauts dans cette région sèche aux cultures de couverture, au compost, au fumier et à d’autres pratiques qui augmentent la matière organique (qui aide à retenir l’eau) dans les sols. Une étude menée au Kenya a démontré que si la production de maïs biologique était moins élevée que la production conventionnelle dans les « zones à fort potentiel » (avec des précipitations au-dessus de la moyenne et une meilleure qualité de sol), dans les régions plus pauvres en ressources, en revanche, la production des agriculteurs biologiques dépassait systématiquement celle des agriculteurs conventionnels. (Dans les deux régions, les agriculteurs biologiques obtiennent des bénéfices nets, un revenu du capital et une rémunération du travail plus élevés).

Contrairement aux critiques qui affirment qu’il s’agit d’un retour à l’agriculture de nos grands-parents ou que la majeure partie de l’agriculture africaine est déjà biologique, que cela ne peut pas fonctionner, l’agriculture biologique est une combinaison sophistiquée de sagesse ancienne et d’innovations écologiques modernes qui permettent d’aider à maîtriser les effets générateurs de rendement des cycles nutritifs, les insectes bénéfiques et la synergie des cultures. Elle dépend énormément de la technologie - et pas seulement de la technologie issue des usines chimiques.

Des fermes à haut contenu énergétique
Nous pourrions donc nous passer des usines chimiques ? Inspiré par une mission de terrain dans la ferme biologique d’un agriculteur de la région qui affirmait avoir récolté la quantité incroyable de 26 tonnes de légumes sur six dixièmes d’hectares dans une période végétative relativement courte, une équipe de scientifiques de l’université du Michigan a essayé d’estimer la quantité de nourriture qui pourrait être récoltée après une transition mondiale vers l’agriculture biologique. L’équipe a passé au peigne fin toutes les études comparant le rendement des fermes biologiques et celui des fermes conventionnelles. En se basant sur 293 exemples, elle a établi un ensemble de données globales sur le taux de rendement des cultures mondiales les plus importantes dans les pays développés et les pays en voie de développement. Comme prévu, le rendement de l’agriculture biologique s’est révélé inférieur à celui de l’agriculture conventionnelle pour la majorité des catégories de cultures dans les pays riches, alors que les études menées dans les pays en voie de développement ont montré que l’agriculture biologique améliorait le rendement. Les scientifiques ont ensuite lancé deux modèles. Le premier conservateur, dans le sens où il appliquait le taux de rendement des pays développés à la planète entière, autrement dit, selon ce modèle, toutes les fermes, où qu’elles soient, obtiendrait uniquement les rendements les plus faibles des pays développés. Le second appliquait le taux de rendement des pays développés aux pays riches et leur propre taux de rendement aux pays en voie de développement.

« Nous avons tous été surpris par les résultats, » a expliqué Catherine Badgley, paléoécologiste du Michigan qui a co-dirigé les recherches. Le premier modèle donnait un rendement de 2641 kilocalories (« calories ») par personne et par jour, juste en dessous de la production mondiale annuelle de 2786 calories mais sensiblement au-dessus des besoins caloriques moyens d’une personne en bonne santé, compris entre 2200 et 2500. Le second modèle donnait un rendement de 4831 calories par personne par jour, 75% de plus que la production actuelle - une quantité qui pourrait théoriquement faire vivre une population humaine beaucoup plus grande que celle soutenue actuellement par les terres cultivées.

L’intérêt de l’équipe pour ce sujet a été en partie motivé par l’inquiétude créée par une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique qui nécessiterait le défrichement de davantage de zones sauvages afin de compenser les rendements moins élevés - un problème certain pour des scientifiques comme Badgley qui étudie la biodiversité présente et passée. Le seul problème de cet argument, affirme-t-elle, est que la majeure partie de la biodiversité mondiale se trouve à proximité des terres cultivées et que cela ne changera pas de sitôt. « Si nous essayons simplement de maintenir des îlots de biodiversité dans le monde, nous en perdrons la plus grande partie » explique-t-elle. « Il est très important de créer des zones favorables à la biodiversité entre ces îles. Si ces zones sont des champs gorgés de pesticides, ce sera une catastrophe pour la biodiversité, particulièrement sous les tropiques. La biodiversité mondiale bénéficierait d’un changement d’agriculture à grande échelle. »

L’équipe de Badgley s’est efforcée d’émettre des hypothèses aussi conservatrices que possible : la majorité des études utilisées ne prenait en compte le rendement que d’une seule récolte, même si de nombreuses fermes biologiques font pousser plus d’une culture à la fois dans un même champ, produisant plus de nourriture au total même si le rendement d’une culture, pris séparément, peut être moins élevé. Les sceptiques peuvent douter des conclusions de l’équipe - en tant qu’écologistes, ils sont probablement favorables à l’agriculture biologique - mais une deuxième étude récente sur le potentiel d’une transition mondiale vers l’agriculture biologique, menée par Niels Halberg, de l’Institut danois de sciences agricoles, est arrivée à des conclusions très semblables, bien que ses auteurs soient des économistes, des agronomes et des experts en développement international.

Comme l’équipe du Michigan, le groupe de Halberg a émis une hypothèse à propos des différences de rendement de l’agriculture biologique pour un certain nombre de cultures puis appliqué à celles-ci un modèle développé par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires de la Banque Mondiale (IFPRI). Ce modèle est considéré comme l’algorithme le plus abouti pour prévoir la production alimentaire, le revenu des fermes et le nombre de personnes qui souffriront de la faim à travers le monde. Etant donné l’intérêt croissant des consommateurs, des gouvernements et des scientifiques agricoles pour l’agriculture biologique, les chercheurs ont voulu évaluer si une conversion à grande échelle à l’agriculture biologique en Europe et en Amérique du Nord (les deux régions exportatrices de nourriture les plus importantes dans le monde) ferait diminuer la production, augmenter les prix alimentaires mondiaux ou empirer les problèmes de famine dans les pays les plus pauvres dépendant des importations, particulièrement pour les gens vivant dans les mégapoles en pleine expansion du tiers-monde. Même si le groupe est arrivé à la conclusion que la production de nourriture déclinerait en Europe et en Amérique du Nord, ce modèle ne semblait pas avoir d’impact important sur les prix au niveau mondial. Comme il partait du principe, à l’instar de l’étude menée par les chercheurs du Michigan, que l’agriculture biologique augmenterait la production en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, dans le scénario le plus optimiste, même l’Afrique Subsaharienne, actuellement affamée, pouvait exporter un surplus alimentaire.

« L’agriculture biologique moderne non certifiée est une approche potentiellement durable du développement agricole dans les zones qui ont un faible rendement à cause d’un accès restreint aux intrants ou d’un mauvais potentiel, elle implique moins de risques économiques qu’une agriculture basée sur l’achat d’intrants et peut augmenter le niveau de résilience face aux fluctuations climatiques », a conclu l’équipe d’Halberg. En d’autres termes, les études de terrain montrent que l’augmentation de la production due au passage à l’agriculture biologique est plus importante et consistante justement dans les régions pauvres, isolées et frappées par la sécheresse, où les problèmes de famine sont les plus graves. « L’agriculture biologique pourrait grandement contribuer à améliorer la sécurité alimentaire en Afrique Subsaharienne » affirme Halberg.

Il y a cependant d’autres problèmes à surmonter. « Beaucoup de recherches s’efforcent de mettre fin aux préjugés » explique Halberg - comme l’idée selon laquelle l’agriculture biologique serait un luxe que les pays les plus pauvres ne peuvent pas s’offrir. « Je voudrais détruire cette idée une fois pour toute. Les deux parties sont simplement trop éloignées l’un de l’autre et ils ignorent les réalités du système alimentaire mondial. » Même si une transition vers l’agriculture biologique peut augmenter la production dans les pays africains et asiatiques les plus affamés, selon ce modèle, presque un milliard d’individus souffrira encore de la faim dans la mesure où tous les excédents seront simplement exportés vers les régions qui auront les moyens de les payer.

Mauvaise question ?
Ces conclusions sur le rendement ne sont pas une surprise pour beaucoup d’agriculteurs biologiques. Ils ont vu de leurs propres yeux et senti de leurs propres mains à quel point ils pouvaient être productifs. Pourtant, certains partisans de l’agriculture biologique évitent même de se demander s’ils peuvent nourrir le monde, simplement parce qu’ils ne pensent pas que ce soit la question la plus utile. Il y a de bonnes raisons de croire qu’une transition vers l’agriculture biologique ne sera pas aussi simple que d’entrer des taux de rendement sur une feuille de calcul.

Pour commencer, l’agriculture biologique n’est pas aussi facile que celle qui fait appel aux produits chimiques. Au lieu de choisir un pesticide pour prévenir l’invasion d’un parasite, par exemple, un agriculteur biologique peut envisager de changer la rotation de ses cultures, de cultiver une plante qui éloignera les nuisibles ou attirera ses prédateurs - des décisions qui demandent une certaine expérience et une planification à long terme. De plus, l’étude de l’IFPRI laisse entendre qu’une conversion à grande échelle à l’agriculture biologique pourrait nécessiter que la majorité de la production laitière et bovine « soit mieux intégrée à la rotation des céréales et aux autres cultures commerciales » pour optimiser l’utilisation du fumier. Ré-introduire des vaches sur une ou deux exploitations pour fertiliser le sol peut sembler facile, mais le faire à grande échelle serait un vrai défi - et il est plus rapide de déverser de l’ammoniaque sur les sols épuisés.

Une fois encore il ne s’agit que d’hypothèses dans la mesure où une transition mondiale vers l’agriculture biologique pourrait prendre des décennies. Les agriculteurs sont des gens travailleurs et ingénieux et ils font généralement face à tous les problèmes qui peuvent se présenter. Si l’on élimine les engrais azotés, de nombreux agriculteurs feront probablement paître des vaches dans leurs champs pour compenser. Si l’on supprime les fongicides, ils chercheront des variétés de plantes résistantes aux moisissures. A mesure que de plus en plus d’agriculteurs vont se mettre à cultiver de manière biologique, ils amélioreront leurs techniques. Les centres de recherches agricoles, les universités et les ministères de l’agriculture vont commencer à investir dans ce secteur - alors que, en partie parce qu’ils partent du principe que les agriculteurs biologiques ne joueront jamais un rôle important dans l’approvisionnement alimentaire mondial, ils la négligent actuellement.

Les problèmes liés à l’adoption des techniques biologiques ne semblent donc pas insurmontables. Mais ces problèmes ne méritent peut-être pas toute notre attention ; même si une conversion massive sur, disons, les deux prochaines décennies, augmente de manière importante la production alimentaire, il y a peu d’espoir que cela éradique la faim dans le monde. Le système alimentaire mondial peut être une créature complexe et imprévisible. Il est difficile d’anticiper comment l’expansion de la Chine en tant qu’importateur majeur de soja destiné à l’élevage pourrait, par exemple, affecter l’approvisionnement alimentaire ailleurs. (Cela provoquerait vraisemblablement une augmentation des prix alimentaires.) Ou comment la suppression des subventions agricoles dans les pays riches pourrait affecter les pays pauvres. (Cela augmenterait probablement leurs revenus agricoles et réduirait la faim dans le monde.) Est-ce qu’une consommation de viande moins importante dans le monde permettrait de produire plus de nourriture pour ceux qui ont faim ? (Certainement, mais est-ce qu’ils pourraient se payer cette nourriture ?) En d’autres termes, « l’agriculture biologique peut-elle nourrir la planète ? » n’est probablement pas la bonne question dans la mesure où nourrir la planète dépend plus de la politique et de l’économie que de n’importe quelle innovation technique.

« L’agriculture biologique peut-elle nourrir la planète est en effet une fausse question » explique Gene Kahn, agriculteur biologique de longue date qui a fondé l’entreprise d’aliments biologiques Cascadian Farms et qui est maintenant vice-président du développement durable pour General Mills. « La vraie question est : pouvons-nous nourrir la planète ? Point. Pouvons-nous remédier aux disparités en matière de nutrition ? » Kahn fait remarquer que la faible différence aujourd’hui entre le rendement de l’agriculture biologique et celui de l’agriculture conventionnelle ne serait pas un problème si les excédents alimentaires étaient redistribués.

L’agriculture biologique a cependant d’autres avantages qui sont trop nombreux pour être tous cités. Des études ont montré, par exemple, que les coûts « externes » de l’agriculture biologique - l’érosion, la pollution chimique de l’eau potable et la mort d’oiseaux et d’autres formes de vie sauvage - représentaient seulement un tiers de ceux de l’agriculture conventionnelle. Des enquêtes menées sur tous les continents montrent que les fermes biologiques abritent beaucoup plus d’espèces d’oiseaux, de plantes sauvages, d’insectes et d’autres espèces sauvages que les exploitations conventionnelles. Des tests menés par plusieurs gouvernements ont révélé que les aliments biologiques ne contenaient qu’une minuscule fraction des résidus de pesticides que l’on trouve dans les autres aliments et ne contenaient pas d’hormones de croissances, d’antibiotiques et autres additifs présents dans de nombreux aliments conventionnels. Il existe même des preuves que les aliments biologiques ont des niveaux considérablement plus élevés d’anti-oxydants bénéfiques pour la santé.

Il y a également des avantages sociaux. Parce qu’elle ne dépend pas d’intrants coûteux, l’agriculture biologique pourrait aider à faire pencher la balance en faveur des petits fermiers dans les pays frappés par la famine. Un rapport de 2002 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture notait que « les systèmes biologiques peuvent permettre de doubler ou de tripler la productivité des systèmes traditionnels » dans les pays en voie de développement, mais indiquait que la comparaison à propos du rendement donnait une « image limitée, étroite et souvent trompeuse » dans la mesure où les fermiers de ces pays adoptent souvent les techniques d’agriculture biologique pour économiser de l’eau et de l’argent et réduire la variabilité du rendement dans des conditions extrêmes. Une étude plus récente du Fonds international de développement agricole a trouvé qu’à cause de son besoin en main-d’œuvre plus élevé, « l’agriculture biologique pouvait se révéler particulièrement efficace pour redistribuer les ressources dans les régions où la main-d’œuvre est sous-employée. Cela peut aider à contribuer à la stabilité rurale. »

La terre du milieu
On obtiendrait ces avantages même sans une conversion complète à une sorte d’utopie biologique. En fait, certains experts pensent qu’il serait plus prometteur et raisonnable d’adopter une position intermédiaire, où de plus en plus d’agriculteurs choisiraient les principes de l’agriculture biologique même s’ils n’en suivraient religieusement pas l’approche. Dans ce scénario, les fermiers pauvres et l’environnement y gagneraient. « L’agriculture biologique ne fera pas l’affaire » affirme Roland Bunch, un agent de vulgarisation agricole qui a travaillé pendant des dizaines d’années en Afrique et en Amérique et travaille maintenant avec COSECHA (Association of Consultants for a Sustainable, Ecological and People-Centered Agriculture ; L’association des consultants pour une agriculture soutenable, écologique et centrées sur les populations) au Honduras. Bunch sait par expérience que l’agriculture biologique peut permettre aux fermiers pauvres de produire davantage que l’agriculture conventionnelle. Mais il sait également que ces fermiers ne peuvent pas obtenir les prix forts payés ailleurs pour les produits biologiques et qu’ils sont souvent incapables, et peu désireux, d’assumer certains des coûts et des risques liés à un passage complet à l’agriculture biologique.

Bunch préconise plutôt une « voie du milieu » une éco-agriculture ou agriculture à faible niveau d’intrants qui utilise de nombreux principes de l’agriculture biologique et ne dépend des produits chimiques que pour une petite fraction. « Ces systèmes peuvent permettre aux petits cultivateurs de produire immédiatement deux ou trois fois ce qu’ils produisent actuellement » explique Bunch. « De plus, c’est intéressant pour les petits producteurs car le prix par unité produite est moins élevé. » En plus des gains immédiats au niveau de la production alimentaire, Bunch laisse entendre que les avantages environnementaux de cette voie du milieu seraient beaucoup plus grands qu’un passage total à l’agriculture biologique car « cinq à dix fois plus de petits cultivateurs l’adopteraient par unité de sol et par investissement consacré à la formation. Ils n’enlèvent pas la nourriture de la bouche de leurs enfants. Si cinq cultivateurs réduisent de moitié leur utilisation de produits chimiques, les effets bénéfiques sur l’environnement seront deux fois et demi plus grands que si un cultivateur passe complètement à l’agriculture biologique. »

Les agriculteurs qui se concentrent sur l’amélioration des sols, l’augmentation de la biodiversité ou qui incluent du bétail dans la rotation de leurs cultures n’excluent pas l’utilisation future de culture biotechnologiques, d’azote de synthèse ou d’autres innovations pouvant augmenter la production, en particulier dans les régions où les sols sont épuisés. « Au final, si nous faisons bien les choses, nous pourrons augmenter de manière importante la part du biologique dans les systèmes conventionnels » explique Don Lotter, consultant agricole. Comme Bunch, Lotter fait remarquer qu’en termes d’avantages économiques, environnementaux et de rendements, une telle approche « intégrée » dépasse souvent à la fois les approches strictement biologiques et celles utilisant les produits chimiques de manière intensive. Pourtant, Lotter n’est pas certain de l’occurrence prochaine d’une telle évolution dans la mesure où l’agriculture mondiale n’est pas vraiment orientée vers le biologique - ce qui pourrait être le vrai problème pour les populations pauvres et affamées. « Il y a des régions immenses en Afrique Subsaharienne et en Amérique du Sud où la révolution verte n’a eu aucun impact et n’en aura probablement pas sur la prochaine génération de cultivateurs » explique Niels Halberg, le scientifique Danois qui a dirigé l’étude du IFPRI. « Il semble que les mesures agro-écologiques dans certaines de ces régions ont un impact bénéfique sur le rendement et la sécurité alimentaire. Alors pourquoi ne pas les essayer sérieusement ? »

Brian Halweil
(chercheur à l’Institut Worlwatch et l’auteur de "Eat Here : Reclaiming Homegrown Pleasures in a Global Supermarket.")


(Source : http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus
.php?id=990 )
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Jeudi 31 août 2006
Royaume-Uni : l’expulsion d’un Algérien pour raisons de sécurité bafoue la justice et ouvre la voie à la torture

Amnesty International apprend avec une profonde inquiétude la décision prise ce jeudi 24 août 2006 par la Commission spéciale des recours en matière d’immigration (SIAC), qui rejette le recours formé par un Algérien, identifié pour des raisons juridiques par l’initiale "Y", contre son expulsion pour des raisons liées à la sécurité nationale. La SIAC a estimé que "Y" ne courait pas réellement le risque de subir des actes de torture s’il était renvoyé en Algérie.

« La procédure suivie par la SIAC a été marquée par une absence totale d’équité : cette instance n’a pas laissé "Y" bénéficier de garanties juridictionnelles et n’a pas respecté le principe de l’égalité des armes, ce qui ne donnait pas à cet homme la possibilité de réfuter efficacement les allégations des autorités britanniques, selon lesquelles il mettait en danger la sécurité nationale », a affirmé Nicola Duckworth, qui dirige le Programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

"Y" a été torturé, il a survécu et s’est vu octroyer le statut de réfugié au Royaume-Uni. En 2005, il a été acquitté, ainsi que des coïnculpés, de tous les chefs d’accusation en liaison avec une tentative qui leur était imputée de fabriquer et d’utiliser de la ricine. Placé en détention en janvier 2003, il a été libéré en avril 2005. Plus tard, il a été de nouveau arrêté et incarcéré dans l’attente de son expulsion pour des raisons liées à la sécurité nationale.

En apprenant la décision prise aujourd’hui par le SIAC, trois membres du jury qui avait acquitté "Y" lors de son procès ont exprimé leur consternation à l’idée que cet homme, acquitté à l’issue d’une procédure pénale, voyait de nouveau les mêmes éléments retenus contre lui pour justifier son expulsion.

Voici ce que ces jurés ont dit à Amnesty International : « En tant que simples citoyens, nous avons vu se dérouler sous nos yeux une série d’événements orchestrés par les autorités et entachés d’injustice à un tel point que nous nous sentons forcés de nous exprimer. Ce qui se passe est contraire à tout ce que nous aurions cru possible dans une société libre et démocratique.

Depuis janvier 2003, "Y" a été persécuté par notre gouvernement au-delà des limites de l’imaginable. Tous les trois, nous avons fait partie du jury lors du procès de "Y" [« procès de la ricine inexistante »] ; au bout de sept mois passés à écouter attentivement les témoignages et les déclarations à charge et à décharge, notre jury a acquitté cet homme de tous les chefs d’accusation en pensant qu’une fois libéré, il pourrait commencer à construire une vie nouvelle dans ce pays. »

Des délégués d’Amnesty International ont suivi la plupart des audiences devant la SIAC, au cours desquelles "Y" a contesté la thèse des autorités britanniques ; celles-ci le qualifiaient de danger pour la sécurité nationale et affirmaient qu’il ne courait pas réellement le risque de subir des actes de torture s’il était renvoyé en Algérie.

L’organisation estime que lors des audiences devant la SIAC, "Y" n’a pu exercer son droit de contester efficacement la qualification de danger pour la sécurité nationale dont il était l’objet. Amnesty International constate avec une vive inquiétude que les autorités du Royaume-Uni ont invoqué des éléments d’information secrets sur lesquels la SIAC s’est appuyée et qui n’ont été communiqués ni à "Y", ni aux avocats qu’il avait choisi, ni au public.

« Amnesty International a recueilli de nombreux éléments concernant les pratiques des forces de sécurité algériennes, qui continuent à torturer les personnes soupçonnées de détenir des informations sur le terrorisme, a précisé Nicola Duckworth.

« Sachant que la SIAC a reçu des renseignements détaillés concernant la réalité du risque de torture auquel "Y" est exposé s’il est renvoyé en Algérie, force nous est de dire que la décision prise aujourd’hui bafoue la justice et qu’elle est injustifiable. »

Note aux rédacteurs : Si vous souhaitez rencontrer les porte-parole d’Amnesty International et les jurés, veuillez contacter le service de presse d’Amnesty International. Veuillez noter que les jurés ne s’exprimeront qu’à condition que leur anonymat soit respecté.

Pour plus d’informations : Des pouvoirs illimités. La pratique de la torture par la Sécurité militaire en Algérie (index AI : MDE 28/004/2006) http://web.amnesty.org/library/Inde...

Document public

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, Amnesty International, 1 Easton St., Londres, WC1X 0DW ou sur le site http://efai.amnesty.org/

Index AI : EUR 45/014/2006 24 Août 2006

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9010 )
Par Cilou - Publié dans : DOSSIER IMMIGRATION
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Jeudi 31 août 2006
Homoparentalité : changer la loi, et vite
Communiqué de presse du 28 juin 2006
mercredi 28 juin 2006.

Résumé : Après la décision de la cour d’appel de Riom, qui a annulé l’adoption d’un petit garçon par la compagne de sa mère, l’Inter-LGBT rappelle combien il est urgent d’enfin modifier la loi, au nom de l’intérêt des enfants élevés par des parents de même sexe. Elle déplore que la majorité ne prenne pas la mesure de cette urgence. Elle demande au Parti socialiste de s’engager à ne pas hiérarchiser les sujets : ouverture du mariage aux couples de même sexe et reconnaissance de l’homoparentalité ne doivent pas être dissociées.

La cour d’appel de Riom vient d’annuler, ce mardi 27 juin, l’adoption d’un petit garçon par la compagne de sa mère. Selon la cour, cette adoption aurait entraîné pour la mère « biologique » une perte de l’autorité parentale, qu’une autre décision de justice aurait pourtant pu rétablir. Aux yeux de la loi, l’une des deux mamans restera donc une étrangère pour l’enfant, malgré la force du lien affectif qui les lie.

Cette décision montre à quel point un changement de la loi est aujourd’hui nécessaire et urgent. L’intérêt supérieur de l’enfant, si souvent invoqué pour défendre l’intérêt d’un modèle idéologique jugé supérieur, exige que la relation construite avec tous ses parents soit sécurisée, face aux aléas de la vie : qu’advient-il de l’enfant en cas de disparition de son unique parent légalement reconnu ? L’adoption par le second parent est une solution concrète et réaliste, qui ôterait beaucoup de précarité à nombre de familles homoparentales.

La majorité gouvernementale a refusé d’inscrire à l’ordre du jour une telle mesure avant la fin de la législature. Le président de l’UMP Nicolas Sarkozy se donne plusieurs mois de réflexion, se laissant guider par un directeur de conscience très conservateur, Luc Ferry. Durant toute la période électorale, les familles homoparentales vont donc devoir se contenter de bricolages juridiques.

Quant au Parti socialiste, son groupe à l’Assemblée nationale vient de déposer deux propositions de loi, l’une sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, l’autre sur la parentalité. Si la seconde reprend une bonne partie de ses revendications, l’Inter-LGBT souhaite se voir confirmer qu’elle n’est pas moins prioritaire que la première. En clair, il n’est pas question pour l’Inter-LGBT que la reconnaissance de l’homoparentalité vienne après l’ouverture du mariage, selon un scénario qui semble recevoir la préférence de plusieurs dirigeants socialistes.

C’est pourquoi l’Inter-LGBT a adressé au président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, une demande d’entretien malheureusement restée aujourd’hui sans réponse. Si ce silence vient à durer, l’Inter-LGBT saura rappeler à François Hollande que sur la banderole qu’il portait lors de la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans, en tête de 800 000 personnes, il était écrit « Pour l’égalité en 2007 », pas en 2012.


(Source : http://www.inter-lgbt.org/spip.php?article581 )
Par Cilou - Publié dans : DOSSIER LGBT
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Jeudi 31 août 2006
Droits du conjoint survivant : et les couples de même sexe ?

mercredi 23 août 2006.

Le débat sur la suppression des frais de successions pour le conjoint marié n’est pas qu’un débat de justice fiscale : il pose aussi la question des discriminations subies par les couples de même sexe. Leur mariage leur étant interdit, ces derniers n’ont que le pacs, qui ouvre des droits bien plus faibles que le mariage en matière de fiscalité successorale. L’Inter-LGBT demande au gouvernement de mettre fin à cette discrimination, à l’occasion du débat budgétaire de la rentrée, au moment où il fait la démonstration d’étonnantes capacités financières en matière de fiscalité des successions.

Depuis quelques jours, un débat semble agiter la majorité parlementaire quant à la suppression des droits de successions en faveur du conjoint marié. Une telle mesure soulève en effet des interrogations, notamment en matière de justice fiscale : cette question concerne tout autant la transmission des biens privés que la contribution des gros patrimoines à la solidarité nationale.

Ce débat soulève toutefois une autre question, celle de la différence de traitement entre les couples, suivant qu’ils sont hétérosexuels ou homosexuels. Ces derniers, ne pouvant se marier, n’ont que le pacs comme seule solution pour reconnaître leur union et se préparer tant bien que mal aux aléas de la vie. Or, aujourd’hui, la différence de traitement entre pacsés et mariés est déjà considérable au regard de la fiscalité appliquées aux successions [1]. Les taux appliqués ne permettent pas à un pacsé survivant de conserver la propriété d’un appartement de taille modeste qu’il hérite de son partenaire décédé, quand ceux appliqués dans le cadre du mariage le permettent. Dans un autre domaine, toujours concernant les droits du partenaire survivant, la pension de réversion n’est pas ouverte aux pacsés. Et ce gouvernement, rappelons-le, a refusé d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe.

C’est pourquoi l’Inter-LGBT a été reçue au mois de juillet au cabinet du ministère du Budget et à celui du ministère délégué à la Sécurité sociale, pour demander que le débat budgétaire de la rentrée traite de ces questions, au travers du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Il lui a alors été répondu que le gouvernement n’avait aucun projet en ce sens.

Il est donc aujourd’hui pour le moins surprenant de voir débattue une mesure aux incidences financières bien moins anecdotiques que l’amélioration des droits aujourd’hui ouverts par le pacs demandée par l’Inter-LGBT. Les arguments techniques invoqués pour s’y opposer masquent de plus en plus mal des réticences politiques à mettre fin aux discriminations subies par les couples de même sexe. Au contraire, la mesure débattue au sein de la majorité, outre les questions qu’elle pose en matière de justice fiscale, risquerait d’aggraver ces différences si elle ne concernait que les couples mariés.

Alors que le mariage est toujours refusé aux couples de même sexe, l’Inter-LGBT demande donc au gouvernement, quel que soit son arbitrage final, l’égalité de traitement entre tous les couples, tant en matière de fiscalité successorale que d’accès à la réversion : ce débat budgétaire de rentrée lui en donne une dernière occasion.

[1] Dans le cadre du mariage, le conjoint survivant bénéficie d’un abattement de 76 000 euros, et paie ensuite des frais de successions progressifs en fonction de la taille de l’héritage (5% pour les premiers 7 600 euros, 10% pour la part comprise entre 7 600 et 15 000 euros, ...jusqu’à 40% au-delà des 1 700 000 euros). Dans le cadre du pacs, l’abattement est de 57 000 euros, et le taux de 40% pour les premiers 15 000 euros, 50% au-delà...


(Source : http://www.inter-lgbt.org/spip.php?article636 )
Par Cilou - Publié dans : DOSSIER LGBT
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Jeudi 31 août 2006
Guingamp, Nantes solidarité avec les inculpés du mouvement social !

Le 04 septembre prochain un membre de notre syndicat et un autre camarade seront jugés à Guingamp pour avoir pris part à une manifestation le 07 avril dernier dans cette ville pendant la lutte contre le CPE et la loi sur l’égalité des chances. Ce jour là des militants du SLB, des lycéens, des étudiants, des chômeurs, des salariés s’étaient rassemblés devant la gendarmerie de Guingamp pour demander la libération d’un lycéen arrêté le matin même. Prés de 60 personnes étaient passés devant la gendarmerie avant de se rendre devant une agence d’intérim pour construire un très symbolique mur de parpaings. Des gendarmes arrivèrent alors et commencèrent à frapper les manifestants. Il n’y eu aucun coup de la part des manifestants sur les troupes d’occupation. Pourtant deux camarades (Guillaume Bricaud et Goindin Kristian) furent inculpés pour "violences sur militaires“. Pourtant aucun des gendarmes plaignants n’a été arrêté dans le cadre d’une interruption temporaire de travail. Il est clair que l’on cherche à faire taire deux camarades connus pour leurs engagement en faveur des travailleurs, du droit de vivre en Bretagne, de la langue Bretonne. C’est pourquoi il est très important de venir le 04 septembre prochain à 13 heures devant le tribunal de Guingamp pour manifester notre solidarité avec Kristian et Guillaume et exigé leurs relaxe !

Le 06 septembre à Nantes aura leu un autre procès impliquant un membre du SLB (le porte parole de la section universitaire de Rennes 2 ) Jonathan Guillaume et un membre de SUD étudiants de l’université de Nantes Ousama S’Bai. Il leur est reproché d’avoir pris part avec une douzaine d’étudiants de Rennes et Nantes d’avoir occupés pendant quelques heures le château des ducs de Bretagne pendant la lutte contre la loi sur l’égalité des chances le 04 avril dernier. Il sont inculpés d’"entraves à la conduite de travaux publics“ et passeront le 06 septembre dans le cadre d’une reconnaissance préalable de culpabilité qu’ils refuseront, car il souhaite expliquer la dimension politique de leurs acte dans le cadre d’un procès qui aura sûrement lieu plus tard. Nous vous invitons à vous mobilisés le 06 septembre prochain à 14h devant le TGI de Nantes pour leur exprimer notre solidarité et exiger leur relaxe.

Par ailleurs nos réaffirmerons dans ces deux occasions notre volonté d’en finir avec l’intégralité de la loi sur l’égalité des chances et notre solidarité avec l’ensemble des inculpés et condamnés du mouvement social.

Pour le bureau du SLB :
Morgane Cotten. m.cotten@no-log.org | 0665233120

Depuis 2001 le SLB (en langue Bretonne, Syndicat des Travailleurs de Bretagne-Sindikad Labourerien Breizh) organise quelques centaines d’adhérents sur l’ensemble du territoire Breton (Loire Atlantique incluse). Nous syndiquons majoritairement dans l’enseignement immersif en langue Bretonne (écoles Diwan) où nous avons recueilli près de 60 % des voix des salariés, mais nous avons de plus en plus d’adhérents isolés dans d’autres secteurs d’activités. Nous souhaitons proposer aux salariés de Bretagne (sans discrimination d’origine !) une alternative syndicale pour s’organiser afin de vivre, travailler, décider et lutter en Bretagne. Si nous pensons qu’il faille proposer une telle alternative c’est que de très nombreux salariés ne se retrouvent pas dans les autres syndicats. Nous pensons aussi qu’il faut rompre avec une pratique syndicale parisianiste peu revendicative et ultracentralisée. Nous travaillons avec nos camarades du LAB basque, du Syndicat Occitan de l’Education, du STC Corse, de l’Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens et l’Union des Travailleurs Kanaks et Exploités pour l’abolition de la loi sur la représentativité syndicale qui exclue les nouveaux syndicats tels les nôtres. Comme eux nous refusons la logique libérale tout autant que le centralisme français.

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9012 )
Par Cilou - Publié dans : Etat policier
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Jeudi 31 août 2006
La candidate du programme médiatique commun
lundi 8 mai 2006 par pierre delvaux.
 
« Originale... atypique... libre... femme... » Dans leur peur panique de revivre un décrochage électoral, les commentateurs semblent voir dans Ségolène Royal la candidate miraculeuse, une nouvelle Sainte Geneviève susceptible de canaliser les hordes populaires par la grâce de sa modernité.

Ségolène Royal serait-elle le Bernard Tapie féminin des années 2000, la femme qui réconciliera les intenables Français avec « l’économie sociale de marché » contre laquelle ils n’ont cessé de se révolter depuis les années 80 ?
MEDIA COMPATIBLE

Les sondeurs dont on nous dispense quotidiennement non seulement les enquêtes mais leurs avis personnels, s’accordent à juger que Ségolène Royal a « un bon plan média ». Emplis de leur importance, ils voient dans cette stratégie médiatique un facteur décisif qu’ils jaugent au « plan de communication traditionnel » du recalé Jospin. Pour eux, c’est sûr, Ségolène va faire le plein de jeunes ; à commencer par le PS où elle devrait forcément rallier les nouveaux adhérents « low cost » qui s’inscrivent par internet. Sur ce dernier point, ils pourraient avoir raison dans la mesure où la candidature Royal se caractérise par un apparent vide politique. En effet, une telle candidature ne pourrait exister dans un Parti Socialiste réellement digne de ce nom, un parti de militants attachés à une idéologie et au respect de règles démocratiques sérieuses. Mais dans une organisation qui en vient à un tel marketing pré-électoral, on peut effectivement s’attendre à une résonnance entre une candidate vendue sur l’image alter-moderne et des adhérents de passage appâtés par le moins-disant politique, d’honnêtes citoyens néanmoins perdus dans la confusion spectaculaire déchainée.
TERRIBLEMENT ALTER

Là est précisément l’habileté tactique de cette candidature présentée hors des sentiers battus, hors des références politiques réelles. Ségolène Royal doit en dire le moins possible, le plus longtemps possible ; d’où l’astucieuse idée du blog participatif censé nourrir son futur programme. L’illusion ici entretenue est qu’en ne se référant pas à une idéologie la candidate va permettre l’émergence d’une nouvelle forme de politique-miracle issue de forums citoyens. Nos amis brésiliens sont en train de douloureusement déchanter de ce genre de balivernes pseudo-démocratiques. Mais elles semblent encore faire florès en France (aux yeux, du moins, des dirigeants). Cette stratégie explique le caractère le plus souvent creux et général des déclarations de Ségolène Royal, comme, par exemple : « Il va falloir imaginer de nouvelles militances, une nouvelle éthique, des engagements partagés, de nouveaux visages... et sans doute un nouveau mouvement... Tout le monde peut en être... »
SEGOLENE EST UNE FEMME...

A ces audacieuses propositions s’adjoint ce qui, pour le moment, constitue l’essentiel de cette campagne : un « packaging » personnalisé dont l’option la plus exposée est que Ségolène Royal soit une femme, pour le plus grand bonheur de personnalités comme Clémentine Autain ou Georges-Marc Benhamou qui déclare sans sourciller : « On va lui pardonner d’être blairiste parce qu’elle est une femme !... ». Cette phrase résume assez bien les ressorts de la campagne « Ségolène ». Tout le pari des soutiens déclarés ou objectifs à cette candidate de recours est qu’elle véhicule une image suffisamment en phase avec l’actuelle société française (contrairement à l’infortuné Jospin) pour faire passer auprès de nos concitoyens subjugués la poursuite coûte que coûte de la politique maastrichtienne. C’est pourquoi elle recueille l’assentiment tacite de presque tous les partis institutionnels, la droite préférant éventuellement perdre devant elle du fait qu’elle pourrait « sauver la baraque » comme le disait de Gaulle. Au nom des intérêts bien compris de chacun, une grande coalition objective s’est faite autour de la candidature Royal. Les médias ne pouvaient que la soutenir.
... MAIS ROYAL A UNE POLITIQUE

Reste à savoir combien de temps pourra durer la mascarade. Car il est tout de même difficile pour un candidat aux présidentielles d’en rester éternellement aux phrases creuses. Mais Ségolène Royal a d’ores et déjà laissé échapper quelques indices sur un potentiel programme. Prenons trois exemples. Sur la décentralisation et les services publics, elle déclare : « Les régions pourraient se substituer à l’Etat pour l’entretien de tous les services publics dégradés... ». Sur l’instruction publique : « Les enseignants ne peuvent plus se contenter de transmettre du ou des savoirs... d’où, peut-être, l’éventualité d’une extension de la durée hebdomadaire de référence... ». Et, d’une manière générale : « Je ne déferai pas pour le plaisir ce qu’a fait la droite... ».

Le plan-média résistera-t-il à la vérité des prix ? Sainte Ségolène parviendra-t-elle à sauver l’empire avec Angela et Romano ?

Pierre Delvaux


(Source : http://www.info-impartiale.net/article.php3?id_article=370 )
Par Cilou - Publié dans : Elections
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Jeudi 31 août 2006

Suède  : Le mariage «sexuellement neutre» en préparation

Les couples homosexuels suédois pourront-ils bientôt se marier? Selon le journal Dagen, l'enquêteur chargé d'étudier une modification du droit matrimonial devrait présenter en début d'année prochaine une proposition en faveur de l'établissement d'un mariage «sexuellement neutre». Finie donc la distinction entre le mariage réservé aux couples hétérosexuels et le partenariat destiné aux couples homosexuels. Mais si 46% des Suédois soutiendraient une telle proposition, les opposants sont nombreux. Ce week-end, plusieurs communautés religieuses ont présenté une pétition rassemblant 50.000 signatures contre le mariage «sexuellement neutre». Le sujet est d'autant plus délicat qu'en Suède, le mariage n'est pas un acte civil, suivi ou non d'une bénédiction religieuse: prêtres et juges disposent des mêmes pouvoirs. Si la législation est modifiée, les membres du clergé seront-ils donc forcés de marier les couples qui le demandent? L'Église luthérienne-évangélique y serait de plus en plus favorable, mais pas les autres communautés religieuses. L'enquêteur, Hans Regner, pourrait suggérer que les prêtres disposent du droit de décider s'ils souhaitent ou non marier des couples homosexuels. Mais aucune décision ne sera prise avant les élections législatives du 17 septembre, qui pourraient changer la donne. Copyright tetu.com

par Anna Lund


( Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=10073
publié par Misfit http://lezzone.over-blog.com/article-3682179.html )
Par Cilou - Publié dans : DOSSIER LGBT
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Jeudi 31 août 2006
lundi 28 aout 2006, 22h08
Olivier Besancenot donne le coup d'envoi de sa campagne présidentielle


PORT-LEUCATE (AFP) - Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) à la présidentielle de 2007, a donné lundi soir le coup d'envoi de sa campagne à l'université d'été de l'organisation trotskiste à Port-Leucate (Aude), devant 750 militants.
Ce rendez-vous annuel de la LCR n'a pas la même affiche que l'an dernier lorsque les leaders de la "gauche du non" au referendum européen, la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet, le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon ou le leader altermondialiste José Bové, avaient répondu présent à l'invitation de la Ligue et pris la parole à la tribune aux côtés de M. Besancenot.

"C'est le signe que le climat n'est pas le même", a relevé Alain Krivine, leader historique de l'organisation trotskiste.

La LCR a décidé de présenter fin juin la candidature d'Olivier Besancenot alors qu'un courant minoritaire au sein de l'organisation continue de croire à la possibilité d'une candidature unitaire de la "gauche de la gauche" avec d'autres formations comme le PCF.

M. Krivine a réitéré lundi soir que la LCR était prête à retirer son champion de la course électorale si un accord est trouvé pour un candidat commun.

"Mais, ni le PCF ni José Bové ne répondent à la condition que pose la Ligue, c'est-à-dire le refus de participer à un gouvernement ou à une majorité parlementaire avec le parti socialiste", a-t-il précisé à l'AFP.

En revanche, pour Christian Picquet, chef de file du courant minoritaire, "une candidature unitaire est non seulement nécessaire mais toujours possible". Il a rappelé la mobilisation des 400 collectifs locaux qui se sont créés dans toute la France et qui doivent se rassembler le 10 septembre à Saint-Denis près de Paris pour définir "un programme et une méthode", en vue de parvenir à un candidat unique.

Mardi, la LCR organisera un débat sur une candidature unitaire avec des représentants notamment du PCF et des Verts.

(Source : http://fr.news.yahoo.com/28082006/202/olivier-besancenot-donne-le-coup-d-envoi-de-sa-campagne.html )

Par Cilou - Publié dans : Elections
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Jeudi 31 août 2006
Enquête publique « EPR / Flamanville » : Une démocratie irradiée ?

Paris, le 30 août 2006 - Un mois après la clôture de l’enquête publique consacrée à l’implantation d’un nouveau réacteur EPR à Flamanville (Manche), le Commissaire enquêteur devrait remettre dans le tout prochain jour un avis officiel au Préfet de la Manche ainsi qu’au Ministre de l’Industrie.

Sans préjugé de l’avis qui sera rendu, mais au regard de la manière dont a été menée cette enquête publique, il y a tout lieu de craindre un avis favorable. Sans remettre en cause l’indépendance des enquêteurs publics, il est impossible d’occulter les pressions multiples et répétées exercées par le Gouvernement en faveur de ce nouveau réacteur électronucléaire.

Pire, en limitant cette enquête publique dans le temps (une trentaine de jours ouvrables) et dans l’espace (seules 19 communes représentant moins de 0.15% de la population française), le Gouvernement a pris la responsabilité de la rendre totalement illégitime. Nul doute que sa légalité en sera contestée devant le Tribunal administratif ! A croire que ce réacteur nucléaire d’une capacité de production de 1600 MW ne serait qu’un projet local n’ayant aucun impact sur l’avenir énergétique de la France !

Alors que cette procédure administrative a pour objet d’informer le public et de recueillir ses appréciations, suggestions et contre-propositions, l’outil Internet a été délibérément écarté, tant pour la consultation du dossier d’enquête publique que pour permettre une expression citoyenne pluraliste ! A défaut d’interactivité, cette enquête publique s’est résumée à une vague procédure radioactive !

Malgré cette volonté délibérée d’asphyxier cette enquête publique, force est de constater que les français souhaitent encore et toujours s’exprimer. Dans le cadre d’une enquête d’opinion exclusive commandée par Agir pour l’Environnement à l’institut de sondage BVA, 31% seulement des français s’expriment en faveur du développement de l’électricité nucléaire quant 84% plébiscitent les énergies renouvelables et 77% la maîtrise de l’énergie.

Une nouvelle fois, le Gouvernement privilégie le passage en force comme mode de gestion politique alors que 80% des français souhaitent un référendum sur la sortie du nucléaire.

Agir pour l’Environnement appelle le Commissaire enquêteur à émettre un avis négatif et ainsi refuser un projet inutile du point de vue énergétique, économique et écologique. En tout étant de cause, l’EPR, comme le reste du parc électronucléaire français n’aura pas fait l’objet d’un vaste débat démocratique que les associations appellent toujours de leurs voeux.

(Source : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9015 )
Par Cilou - Publié dans : Etat policier
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