Mardi 5 septembre 2006
mardi 5 septembre 2006, 12h56
Tony Blair utilisé malgré lui dans la campagne présidentielle française
Par Pierre LESOURD

LONDRES (AFP) - Tony Blair le travailliste est bien malgré lui devenu un acteur du débat politique français en étant pris comme modèle à droite et utilisé comme épouvantail à gauche, dans la perspective de l'élection présidentielle.
Nicolas Sarkozy a rencontré en tête à tête à sept reprises le Premier ministre britannique depuis 2002 et ne cache pas apprécier les idées et le mode d'action du rénovateur du Labour au pouvoir depuis bientôt 10 ans.

Il aura suffi à Ségolène Royal de noter dans une interview qu'elle "pense que Tony Blair a été caricaturé en France" pour être aussitôt soupçonnée par ses pairs socialistes de déviationnisme "blairiste" et d'être une adepte du capitalisme ultralibéral anglo-saxon.

"Pour Sarkozy, Blair est une référence", explique à l'AFP Gérard Longuet, sénateur et proche de M. Sarkozy. "Il a avec Blair une relation assez directe. Plus que ses idées, c'est son comportement, son attitude face aux difficultés et la façon de les régler qui impressionnent" le président de l'UMP, explique-t-il.

Les deux hommes se sont rencontrés en privé à deux reprises depuis un an à Londres, dans un hôtel et à Downing Street, puis une troisième fois à l'occasion d'un week-end en Toscane où M. Blair était en vacances début juin.

Le discours prononcé à Agen par M. Sarkozy aurait ainsi été influencé, pour son passage monétaire -une ferme critique de la banque centrale européenne- par une de ses discussions avec le Premier ministre britannique.

A Downing Street, M. Blair et son entourage prennent toutefois garde de n'émettre aucun qualificatif sur les relations entretenues avec les candidats probables ou possibles à la présidentielle française, sinon qu'elles sont "bonnes".

Ce qualificatif s'applique ainsi, avec la même neutralité, à Dominique de Villepin envers lequel M. Blair avait fait un geste en l'invitant à venir pour un bref séjour de travail à Londres le 10 mai, au plus fort de l'affaire Clearstream.

Ségolène Royal n'a, semble-t-il, jamais eu l'occasion de rencontrer directement M. Blair. Son dernier voyage à Londres date de 2005, peu avant le referendum sur la Constitution européenne, en sa qualité de présidente de la région Poitou-Charentes.

A deux reprises, en février et mars, elle a osé louer, dans des quotidiens britanniques, l'action de M. Blair: "ce n'est pas une question d'admiration, c'est reconnaître qu'il a donné à son pays un formidable coup d'accélérateur", a-t-elle souligné.

M. Blair, en réalignant le programme du parti travailliste et en rénovant ses méthodes, avait mis un terme en 1997 à une cure de 18 ans d'opposition de la gauche britannique.

La relation Blair-Chirac a d'emblée été tumultueuse. De par leurs personnalités, mais aussi par les aléas des affaires européennes et les relations transatlantiques. A Downing Street et dans les milieux diplomatiques on la présente actuellement comme apaisée.

A l'issue du dernier sommet bilatéral en juin, les deux hommes ont affiché leur connivence sur les questions de défense et d'énergie et ont fait assaut de sourires et poignées de mains.

Le "blairisme" n'est pas forcément tabou et peut même être source d'inspiration. Londres et Paris poursuivent ainsi la recherche de solutions communes à des dossiers sensibles, comme l'intégration des immigrés et la lutte contre le terrorisme.

(Source : http://fr.news.yahoo.com/05092006/202/tony-blair-utilise-malgre-lui-dans-la-campagne-presidentielle-francaise.html  )

Encore un étonnant (mais pas si surprenant) point commun : Sarkozy et Royal adeptes de la politique de Tony Blair. Il n'y a qu'un pas pour comprendre en retour que Sarkozy et Royal prennent la politique de Blair comme modèle, comme référence, comme inspiration pour leur propre programme. Tout ceci pour finalement comprendre que Sarkozy et Royal, c'est la même chose, et donc à plus large sens que le PS et l'UMP ont une politique et des objectifs identiques. D'ailleurs qui appelait à voter oui au TCE ? Le PS et l'UMP, et pour les mêmes raisons, avec les mêmes arguments et les mêmes méthodes.

Parti Socialiste = parti de l'UMP !

Cilou.
Par Cilou - Publié dans : Politiques
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