Lundi 4 septembre 2006, 18h19
Rentrée: des nouveautés pour les élèves, des grincements de dents pour les profs
PARIS (AP) - C'est parti pour une nouvelle année scolaire. De la maternelle au lycée, les quelque 12,4 millions d'élèves ont désormais repris le chemin des classes où ils vont pouvoir expérimenter une série de nouveautés, tout comme leurs enseignants, déjà appelés à une journée nationale de grève et de manifestations dans toute la France le 28 septembre.
Parmi les nouveautés de cette rentrée 2006, les plus emblématiques sont le socle commun de connaissance et de compétences pour tous les élèves, le retour à la méthode syllabique pour l'apprentissage de la lecture en CP, même si la méthode globale était déjà tombée en désuétude, la note de vie scolaire au collège ou encore l'apprentissage dès 14 ans.
Mais il y a aussi les réseaux "ambition réussite" pour relancer l'éducation prioritaire (ex-ZEP), l'option "découverte professionnelle" en 3e, les programmes personnalisés de réussite éducative pour les élèves en difficulté et, pour les parents, une place et un rôle renforcés à l'école.
Et le ministre de l'Education nationale ne compte pas en rester là puisqu'il veut s'attaquer, pour la rentrée 2007, à deux autres piliers des programmes scolaires: le calcul et la grammaire. Gilles de Robien entend ainsi redonner ses lettres de noblesse au calcul mental et rendre la grammaire moins "jargonnante".
Mais, ce qui retient surtout l'attention des syndicats enseignants, ce sont les restrictions budgétaires et les suppressions de postes, à l'origine de leur mot d'ordre de grèves et de manifestations pour la journée du 28 septembre. Dans une belle unanimité, les cinq grandes fédérations de l'Education nationale se sont jointes à cet appel.
"On n'a jamais eu autant de suppressions de postes", s'emporte Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA-Education. "Il y a 6.500 emplois en moins cette année. Sur le budget 2007, on aura plus de 8.000 suppressions de postes supplémentaires dans l'Education", confirme Bernard Boisseau, secrétaire général du SNES (majoritaire dans le second degré), interrogé par l'Associated Press. Et ce dernier de prévenir: "Tout cela se fait par des suppressions d'options, des suppressions massives d'heures de soutien, ou encore la fin des Travaux personnels encadrés (TPE) en terminale".
Même mécontentement dans l'enseignement primaire. "Les collègues sont en colère: avec 30.000 élèves en plus, les classes sont plus chargées sans moyens supplémentaires, ce qui remet en cause l'organisation d'une partie de notre travail, notamment les actions de soutien aux élèves en difficulté", dénonce Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUIpp (principal syndicat des instituteurs), interrogé par l'AP.
Réponse du ministre à toutes ces critiques: ceux qui parlent d'une école en danger sont "des agitateurs d'épouvantails" car, affirme-t-il, l'Education nationale propose 89.000 recrutements pour 2006 et le taux d'encadrement des élèves reste stable. Quant au budget de l'enseignement scolaire, il s'élève à 58,5 milliards d'euros, "soit une progression de 3,65%". Globalement, le budget de l'Education nationale reste de loin le premier budget de l'Etat.
A moins de huit mois de la présidentielle, les candidats potentiels se sont bien évidemment emparés du débat sur l'école. A droite, Nicolas Sarkozy veut rétablir l'"école du respect" et "relever le niveau d'exigence". Quant à Ségolène Royal (PS), elle a proposé "la création d'un deuxième poste d'enseignant dans les classes qui le nécessitent".
Lundi, en visite dans un lycée de Versailles, Gilles de Robien n'a pas manqué de répondre à l'élue socialiste. "C'est fait depuis longtemps puisque nous apportons 5.000 assistants pédagogiques cette année (...) Mme Royal est déjà dépassée", a-t-il ironisé.
Autre sujet sensible de cette rentrée: la question de l'accueil des élèves de parents sans-papiers, que le Réseau éducation sans frontières (RESF) estime à 50.000 enfants. "On va être très mobilisé là-dessus. C'est un sujet très sensible sur le terrain et, à chaque fois qu'un problème apparaît sur cette question, immédiatement les enseignants se mobilisent et interviennent", prévient M. Boisseau (SNES). "Le mot d'ordre à nos collègues, c'est conformément à la loi d'accueillir, de scolariser les enfants sans-papiers", renchérit M. Moindrot (SNUIpp). AP
(Source : http://fr.news.yahoo.com/04092006/5/rentree-des-nouveautes-pour-les-eleves-des-grincements-de-dents.html )
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