15/06/06 Royal au 1er tour, Sarkozy au 2nd
mercredi 14 juin 2006, 23h36
Royal 1ère en "potentiel électoral" mais Sarkozy vainqueur au second tour
PARIS (AFP) - Ségolène Royal arrive en tête des personnalités politiques en termes de "potentiel électoral" devant Nicolas Sarkozy, mais le ministre de l'Intérieur l'emporterait sur elle si le second tour avait lieu dimanche prochain, selon le baromètre mensuel Ipsos-Le Point.
Selon ce sondage à paraître jeudi dans l'hebdomadaire, la présidente de Poitou-Charentes a, à 67% (+1 par rapport à mai) le plus fort "potentiel électoral" (certitude ou possibilité de voter pour elle au premier tour de la présidentielle). Le président de l'UMP suit, à 62% (+2).
Cependant, si le second tour de la présidentielle avait lieu dimanche prochain, M. Sarkozy obtiendrait 51% des voix, contre 49% pour Ségolène Royal.
Le mois précédent, la députée socialiste l'emportait sur le président de l'UMP dans les mêmes proportions, par 51% des voix contre 49%, dans ce duel.
Concernant encore le "potentiel électoral", les autres postulants possibles sont loin derrière: Bernard Kouchner (49, =), Jack Lang (48, +2), Lionel Jospin (40, -2) ou François Bayrou (40, -4).
Par ailleurs, dans le traditionnel palmarès des personnalités politiques, Mme Royal arrive en tête à 67% (+2). M. Sarkozy est deuxième à 63% (+ 5 points par rapport à mai).
Ils sont pratiquement les seuls à enregistrer une progression. Parmi les plus fortes chutes: le maire de Paris Bertrand Delanoë, à 47%, perd neuf points, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, à 45%, en perd cinq.
Dans le même sondage, les Français restent particulièrement sévères à l'égard de l'exécutif.
L'action du président de la République Jacques Chirac est jugée défavorablement par 64% des sondés (-1), contre 32% (=) d'opinions favorables.
Le Premier ministre Dominique de Villepin conserve aussi une cote stable, à la baisse: 65% des Français désapprouvent son action (+1), contre 32% (-1) qui la soutiennent.
Sondage réalisé par téléphone les 9 et 10 juin auprès d'un échantillon de 959 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
(Source : http://fr.news.yahoo.com/14062006/202/royal-1ere-en-potentiel-electoral-mais-sarkozy-vainqueur-au-second.html )
Méfions-nous des sondages. N'oublions pas que les médias sont avec le pouvoir. Ils nous l'ont clairemement prouvé en 2005, il y a à peine un an, lors de la campagne référendaire sur le TCE (Traité de Constitution pour l'Europe) en refusant d'abord les partisan-es du NON sur les plateaux télé, puis en ne leur accordant pas un droit de parole équitable, et après cette campagne en désinformant sur les motivations du Non (les qualifiant de nationalistes, de militants d'extrême droite, etc)
Les sondages, par ailleurs ne sont pas un indicateur fiable. On peut leur faire dire ce qu'on veut.
Si l'on dit par exemple, 50% des Français veulent ci ou ne veulent pas ça, il est important de bien comprendre ce que cela veut véritablement dire :
50% ne signifie pas 50% des Français-es mais 50 % du nombre des personnes ayant répondu au sondage, donc 50% des sondé-es. Or celui-ci sélève en général à 1 000 personnes (ici, 959 personnes), ce qui est très loin de représenter 50% de la population (qui s'élève à 60 186 184 personnes).
Le nombre de personnes sondées est donc largement inférieur à 1% de la population et le sondage est effectué selon des question très orientées, j'ai moi-même répondu à un sondage de la SOFRES qui a envoyé chez moi un de ses enquêtrices/eurs et j'ai fait beaucoup de sondages en ligne et dans la rue. Ce principe d'orienter les questions et de pousser à un choix volontairement réduit dans les réponses diminue encore la dimension réaliste du sondage. Un sondage peut très bien, par exemple demander "Si aux présidentielles trois candidats sont présent ; Ségolène Royal, Dominique de Villepin ou Nicolas Sarkozy, pour qui voteriez-vous ?" On n'a souvent pas le droit de rester sans réponse. On nous dit "Ah, je suis désolé mais je dois noter une réponse". Pour peu que la majorité des sondé-es refusent catégoriquement de voter pour Villepin ou Sarkozy, elle choisira Ségolène Royal. Lors de la publication du sondage, on dira alors que Ségolène Royal est favorite dans les sondages, alors que la réalité est toute autre. D'ailleurs, dans ce sondage on n'évoque que l'UMP et le PS. Toute autre formation politique est d'office exclue. Une personne qui voudrait voter UDF, MPF ou FN choisira alors pour ce sondage Sarkozy. Toute personne qui veut voter LO, LCR, Union de Gauche Antilibérale ou Les Verts, choisira Ségolène Royal, puisqu'aucun autre choix ne leur est permis. Le sondage non seulement ne reflète aucunement la réalité de l'opinion publique, mais ne reflète pas même la réalité de l'opinion des moins de 1% des personnes sondées. On sait par ailleurs que L'AFP est financée à 50 % par le gouvernement et que Sarkozy contrôle les médias ( http://www.marianne-en-ligne.fr/e-docs/00/00/61/7B/document_article_marianne.phtml ). Il est d'ailleurs amusant de voir que les médias mettaient en avant Royal et Sarkozy avant même les1ères enquêtes des instituts de sondages ! Donc je veux bien croire que Royal et Sarkozy sont les chouchous des médias, c'est même une évidence, mais cela ne révèle en rien l'opinion de la population.
Bref, poursuivons :
Les résultats du sondage peuvent aussi varier en fonction du quartier où le sondage est fait, de la ville (si c'est dans un quartier populaire et traditionnellement de gauche, le résultat ne sera pas le même que dans un quartier traditionnellement de droite, si c'est dans une grande ville, ce n'est pas comme si c'était en rase campagne ou à la montagne) et dans quelle grande ville (si c'est la capitale, ce n'est pas comme si c'était à Marseille), etc ... Les instituts de sondages ajoutent souvent en bas de sondage "sur un échantillon représentatif de 1000 personnes". Représentatives selon quels critères ? Si l'on considère que ce qui représente le mieux la population française est par exemple des hommes blancs de 35 à 40 ans, directeurs d'entreprises et hétérosexuels, ce n'est pas représentatif de la diversité de la population.
Enfin, le résultat final est que sur 1 000 personnes quelques centaines ont répondu majoritairement en un sens ou un autre, à partir de question qui ne laissent que peu d'options, tournées de manières à orienter la réponse (selon les intérêts en jeu pour les instituts de sondages), dans un lieu et pas dans un autre, et que ces centaines de personnes sont interprétées comme étant quelques millions (les instituts de sondages considèrent que si sur 1 000 personnes 600 répondent ci ou ça, c'est que sur 60 186 184 personnes, 40 000 000 répondraient la même chose, or précisément, ces 1 000 pesonnes ne peuvent pas représenter la population française.
Vous rendez-vous compte ? 1 000 personnes ! La ville de Paris comprend à elle seule 2 152 423 habitant-es ! C'est 21 000 fois moins que le nombre de parisien-nes !! Soit 60 000 fois moins que la population globale de la France !!! Comment alors dire ensuite "53 % des français, etc ... " ??? C'est complètement mensonger !!!
Non, la seule façon efficace de connaître avec fiabilité la proportion de la volonté populaire, ce serait de faire un sondage sur la totalité de la population en âge de le comprendre ou de s'en référer aux mobilisations et rendez-vous électoraux.
Je ne crois donc pas aux sondages (ceux-ci se prennent pour Mme Soleil alors que leurs méthodes d'enquête des plus déplorables influent forcément sur le résultat et l'interprétation qui en est faite) mais aux statistiques (celles-ci se basent sur des chiffres reconnu, fiables, obtenus après l'évènement, d'après une enquête impartiale et sérieuse).
Cilou