16/06/06 Mobilisation à Grenoble contre l'ouverture de Minatec!
Minatec : "mieux vaut une bonne fermeture qu'une mauvaise inauguration"
Samedi 3 et dimanche 4 juin : Près de 15000 tracts étaient diffusés en ville sur l'opposition à Minatec et la répression des deux derniers jours.
Vendredi 2 à Grenoble, le CEA et l'INPG appuyés par l'Etat et toutes les collectivités publiques inauguraient Minatec, le premier pôle européen de recherche publique en nanotechnologies... dans la peur de la contestation. Déjà Chirac et de Villepin avaient renoncé à se déplacer, et la date de l'inauguration avait été repoussée. Vendredi un quadrillage quasi-militaire de la ville protégeait les "festivités" de tout événement imprévu. Le matin même sur le campus, le campement d'opposant-e-s à Minatec était expulsé, tandis que la Bifurk, lieu mis à la disposition des opposant-e-s pour des débats, était entièrement encerclée par les forces de l'ordre. En centre-ville, la police était omniprésente, empêchant tout rassemblement, procédant à des contrôles d'identité, des intimidations, des arrestations, des perquisitions... Pendant ce temps, le quartier autour de Minatec était bouclé et un déploiement de banderole échouait.
Jeudi 1er, une manifestation de 1000 personnes avait été appelée par l'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies et d'autres organisations, dont le réseau Sortir du nucléaire. Partie du centre-ville, elle fut stoppée avant la gare et violemment réprimée (au moins un manifestant tabassé, une autre blessée au visage). Le soir même une action de représailles ciblait un commissariat.
Des témoignages de la manif : 1 | 2. Des photos et des enregistrements audio : 1 | 2.
Les jours précédents, actions (1 | 2), débats et rencontres s'étaient succédés contre Minatec et son monde : des centaines de personnes s'étaient déplacées d'autres régions et d'autres pays, et toute une autogestion du quotidien était mise en place, notamment quant aux repas.
Même les élus municipaux le disent : "Grenoble est connu internationalement pour (...) ses développements en matière de chimie à haut risque, de dispositifs biométriques militaires et sécuritaires" (un vice-président de la Métro, conseiller municipal de Grenoble, Le Métroscope, février 2006).
Même les ministres le disent : "Notre intérêt pour Minatec illustre, lui aussi, l’engagement croissant de la Défense dans la recherche et l’innovation" (Michelle Aliot-Marie en visite à Minatec, 24/03/06).
Symbole parfait de la recherche asservie à l'industrie et à l'Armée, de la fuite en avant économique et technologique et des décisions publiques prises dans le secret, Minatec est contesté depuis des années par des grenoblois-es (voir le récit de l'occupation d'une grue en décembre 2004, ou le site de Pièces et Mains d'Oeuvre). Quelques raisons de s'opposer à Minatec, et ce que cette inauguration a d'historique.
http://grenoble.indymedia.org/
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Samedi 3 et dimanche 4 juin : de grandes diffusions de tracts ont lieu en centre-ville et sur les marchés, pour informer la population des raisons de contester Minatec et de la répression des deux derniers jours. La parole est dans la rue...
Vendredi 2 à Grenoble, le CEA et l'INPG appuyés par l'Etat et toutes les collectivités publiques inauguraient Minatec, le premier pôle européen de recherche publique en nanotechnologies... dans la peur de la contestation. Déjà Chirac et de Villepin avaient renoncé à se déplacer, et la date de l'inauguration avait été repoussée. Vendredi un quadrillage quasi-militaire de la ville protégeait les "festivités" de tout événement imprévu. Le matin même sur le campus, le campement d'opposant-e-s à Minatec a été expulsé. La Bifurk, lieu mis à la disposition des opposant-e-s pour des débats, a été entièrement encerclée par les forces de l'ordre. La place principale du centre-ville a été longuement occupée par la police, qui contrôlait systématiquement tout petit groupe de personnes assimilables à des manifestant-e-s. Des véhicules de la BAC ont foncé sur une trentaine d'individus discutant dans un jardin public, pour disperser "l'attroupement". Au moins 4 personnes ont été placées en garde-à-vue ; un domicile a été perquisitionné. Le quartier autour de Minatec, véritable zone rouge, a été bouclé : les habitant-e-s devaient justifier de leur domicile pour passer. Pendant ce temps, un déploiement de banderole devant Minatec échouait...

Jeudi 1er, une manifestation de 1000 personnes (1 | 2 | sons) avait été appelée par l'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies et d'autres organisations, dont le réseau Sortir du nucléaire. Partie du centre-ville, elle a été stoppée avant la gare et violemment réprimée (au moins un manifestant tabassé, une autre blessée au visage). Le soir même une action de représailles a ciblé un commissariat.
Les jours précédents, actions (1 | 2), débats et rencontres se sont succédés contre Minatec et son monde.

Même les élus municipaux le disent : "Grenoble est connu internationalement pour (...) ses développements en matière de chimie à haut risque, de dispositifs biométriques militaires et sécuritaires" (un vice-président de la Métro, conseiller municipal de Grenoble, Le Métroscope, février 2006).
Même les ministres le disent : "Notre intérêt pour Minatec illustre, lui aussi, l’engagement croissant de la Défense dans la recherche et l’innovation" (Michelle Aliot-Marie en visite à Minatec, 24/03/06).

Symbole parfait de la recherche asservie à l'industrie et à l'Armée, de la fuite en avant économique et technologique et des décisions publiques prises dans le secret, Minatec est contesté depuis des années par des grenoblois-es (voir le récit de l'occupation d'une grue en décembre 2004, ou le site de Pièces et Mains d'Oeuvre). Quelques raisons de s'opposer à Minatec, et ce que cette inauguration a d'historique.
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Les argumentocs des nécrotechnologies
Argumentoc n°1 : "Vous rejetez la science, vous êtes obscurantistes !"
Argumentoc n°2 : "Vous critiquez le Progrès ? Pourtant, l'espérance de vie ne fait qu'augmenter !"
Argumentoc n°3 : "Tout progrès technique a des effets secondaires. Mais l'humanité invente toujours des solutions techniques pour y remédier."
Argumentoc n°4 : "Les technologies sont neutres. Elles ne sont pas bonnes ou mauvaises en soi. Tout dépend de comment on les utilise."
Argumentoc n°5 : "De toute façon, si ce n'est pas nous qui développons les OGM ou les nanotechnologies, d'autres le feront."
Argumentoc n°6 : "Vous critiquez la techno-science, mais vous utilisez des ordinateurs et internet."
Argumentoc n°7 : "Vous êtes contre le Progrès, donc contre le développement économique, donc contre l'emploi !"
Argumentoc n°8 : « Le succès des gadgets nanotechs est la preuve que c'est ce que les gens désirent. »
Argumentoc n°9 : "Vous ne respectez pas les décisions des élus. Vous êtes anti-démocratiques."
Argumentoc n°10 : "De toute façon, on ne peut rien faire."
Conclusion : grandeur et misère des argumentocs.

En cette période de lutte contre les nécrotechnologies, il nous a semblé intéressant de confronter ces lieux communs à l'épreuve de notre argumentation.
Ainsi, tous les 3 jours, les renseignements généreux se proposent de publier sur Indymedia Grenoble un lieu commun souvent entendu et une proposition de réponse. Nous appellerons ce mini-feuilleton du printemps "Les argumentocs".























