30/06/06 ELECTIONS 2007 : François Fillon s'immisce dans les pages du Monde pour baver sur l'extrême gauche. François Fillon a peur !
Comme beaucoup de Français, je souhaite que l'élection présidentielle de 2007 soit un grand rendez-vous démocratique. Je rêve d'un face-à-face décapant, transparent et constructif entre les deux formations qui sont susceptibles de gouverner la France : l'UMP et le PS.
Dans cette perspective, la prestation de François Hollande lors de l'émission "A vous de juger" (sur France 2, jeudi 8 juin), fut inquiétante pour tous ceux qui aspirent à une démocratie vivante, crédible et moderne. Je n'ai pas de leçons à donner à l'opposition... Mais voir le premier secrétaire du Parti socialiste caresser dans le sens du poil les idées de l'extrême gauche, le voir indiquer que son parti et celui d'Olivier Besancenot étaient désormais en phase, le voir annoncer qu'il était disposé à voter pour la Ligue communiste révolutionnaire si l'éventualité se présentait, est grave. Le réalisme électoral n'autorise pas à sombrer dans un tel cynisme politique.
Il est temps de dire que l'extrême gauche défend des idées insensées qui, si elles étaient appliquées, couleraient la France. Il est temps de dire que "sa" lutte des classes relève d'une démagogie dangereuse. Il est temps de dire que ce parti méprise la démocratie, que son bagage culturel et historique s'est avéré désastreux sur le plan social, et meurtrier pour des peuples entiers. J'aimerais qu'on m'explique en quoi le trotskisme mérite d'être respecté ! Il est trop facile de dire que tout cela date d'une autre époque. Pour un pays comme le nôtre qui, semble-t-il, est sourcilleux en matière de mémoire historique, j'estime qu'il y a de la négligence à ne pas traiter l'extrême gauche comme elle devrait l'être : c'est-à-dire avec fermeté.
Il faut examiner de près ce qui se dit et s'écrit à la LCR. A l'occasion de son 15e congrès, ce qui fut débattu et adopté mérite d'être pris au sérieux et non de façon badine : "La gauche anticapitaliste et révolutionnaire défendra une perspective de rupture avec l'économie et les institutions capitalistes..." Elle préconisera "l'appropriation sociale des principaux secteurs de l'économie, de l'auto-organisation et de l'action directe des travailleurs pour instaurer une démocratie socialiste..." Voilà ce que veut le parti politique que François Hollande aimerait pouvoir traiter en allié ! Face à de telles propositions, l'indulgence n'est pas acceptable.
Ce qui se passe au PS nous regarde tous, car, au-delà des clivages, notre démocratie est faussée par une lourde ambiguïté culturelle qui est unique en Europe. Gauchisme radical ou social-démocrate : le choix n'a jamais été clairement débattu et assumé en France. Le SPD allemand a tranché en 1959, en se prononçant une fois pour toutes en faveur de l'économie de marché. Quant au Labour anglais, il s'est approprié les réformes de Margaret Thatcher...
Rien de tel chez nous. Parce que les clarifications doctrinales ont été sans cesse différées, parce que le Parti socialiste continue de finasser avec les réalités économiques du monde, la France subit maintenant de plein fouet la surenchère de l'extrême gauche. Le PS court derrière un mal qu'il a lui-même nourri en renonçant à moderniser ses idées. Tout cela archaïse le débat public.
Pendant plus de vingt ans, la droite républicaine a suffisamment combattu l'extrême droite pour exiger aujourd'hui de la gauche qu'elle en fasse de même avec ses extrêmes ! Nous sommes en droit de réclamer des leaders socialistes une clarification intellectuelle et morale face à une extrême gauche qui abhorre l'économie de marché et qui s'inspire d'une idéologie qui a enfanté la terreur et la misère.
La droite républicaine a besoin d'une gauche moderne. L'affrontement sera tout aussi rude, mais il ne sera pas contaminé par des postures trompeuses et des idées dangereuses. On n'enraye pas un nouveau 21 avril 2002 en disant à Olivier Besancenot que ce qu'il dit est juste. Face aux disciples du dirigisme marxiste et face aux adeptes du nationalisme étroit, le PS comme l'UMP ont un défi commun : gagner la bataille des idées sans se compromettre.
François Fillon, ancien ministre, conseiller politique de l'UMP.
(Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-789236,0.html )
Reprenons les propos de M.Fillon, grand inculte en matière d'Histoire politique, et mettons quelques points au clair ...
"Comme beaucoup de Français, je souhaite que l'élection présidentielle de 2007 soit un grand rendez-vous démocratique."
L'UMP est très mal placée pour nous parler de démocratie. Elle agît de manière oligarchique, pour ne pas dire dictatoriale, depuis le début de son mandat (mépris de l'expression populaire (par urnes, par pétitions et par mobilisations), affaiblissement des associations et des syndicats par la réduction drastique des subventions, contrôle de la presse écrite, contrôle des informations télévisées, volonté de contrôle sur les blogs et journaux citoyens sur Internet, criminalisation du mouvement social, affaiblissement de la presse alternative, destruction des radios associatives, affaiblissement des Prud'hommes, confiscation du rôle juridique de la CNIL et de la Ligue des Droits de l'Homme pour ne leur laisser qu'un rôle consultatif, réforme de la justice (loi Perben) qui détruit la présomption d'innocence pour la remplacer par la présomption de culpabilité, garde à vue de 4 jours, perquisitions de nuit généralisées, écoutes téléphoniques ordonnées non plus par le juge mais à la discrétion de la police, etc..., tentatives d'interférence avec la justice, déni du droit d'asile, enseignement de l'hymne nationale en primaire, tentative de criminalisation de l'IVG, tentative de d'introduction du "rôle positif de la colonisation", tentative de suppression de la loi Taubira dénonçant l'esclavage comme crime contre l'humanité, etc... et j'en passe ! La démocratie version UMP se définit parfaitement par les mots d'un ministre de ses rangs, Jean-Pierre Raffarin, "Ce n'est pas la rue qui gouverne !", propos que l'on a également retrouvé dans la bouche de Roselyne Bachelot sur France Info lors des mobilisations anti-CPE "On ne va quand même pas céder aux caprices de la rue"
"Je rêve d'un face-à-face décapant, transparent et constructif entre les deux formations qui sont susceptibles de gouverner la France : l'UMP et le PS. "
Il ne peut y avoir de débat constructif avec deux formations politique exprimant les mêmes objectifs. Quant à la transparence, l'UMP a plutôt l'habitude de l'opacité et nous a démontré en 4 ans et à de bien nombreuses reprises, notamment à l'occasion de la campagne référendaire sur le Traité Constitutionnel pour l'Europe qu'elle est totalement incapable de transparence. Et en ce qui concerne "les deux formations susceptibles de gouverner la France", que Monsieur Fillon retourne à sa place et laisse la population en décider. Ce n'est pas à lui de dire qui est ou non susceptibles de gouverner. Il ne lui appartient pas de décider cela !
"Dans cette perspective, la prestation de François Hollande lors de l'émission "A vous de juger" (sur France 2, jeudi 8 juin), fut inquiétante pour tous ceux qui aspirent à une démocratie vivante, crédible et moderne. Je n'ai pas de leçons à donner à l'opposition... Mais voir le premier secrétaire du Parti socialiste caresser dans le sens du poil les idées de l'extrême gauche, le voir indiquer que son parti et celui d'Olivier Besancenot étaient désormais en phase, le voir annoncer qu'il était disposé à voter pour la Ligue communiste révolutionnaire si l'éventualité se présentait, est grave. "
Ce qui est grave en réalité, c'est tout ce mépris de la population, le mépris de ses messages, de la démocratie, le mépris des précaires, de la culture, de l'égalité, la négligence du cauchemar que l'UMP fait vivre à la population depuis 2002, ce qui est grave, c'est l'obstination à vouloir détruire tout un système de protection sociale que tant de pays nous enviaient et qui fonctionnait très bien avant que les politiques de droite (du PS comme de l'UMP) ne s'escrime à la couler.
"Le réalisme électoral n'autorise pas à sombrer dans un tel cynisme politique"
Le "réalisme électoral" veut que la poulation élise la politique qui la défendra le mieux et prenne des mesures fermes contre les gouvernements qui agisse contre elle. Que l'UMP et le PS se le tiennent pour dit.
"Il est temps de dire que l'extrême gauche défend des idées insensées qui, si elles étaient appliquées, couleraient la France"
Là encore, en matière d'idées incensées, l'UMP est très mal placée pour parler. Le principe de système solidaire prôné par les partis d'extrême gauche n'est pas une idée incensée. Détruire ce système, ficher, fliquer, privatiser, ruiner l'éducation, la santé, la culture, introduire les entreprises dans les écoles, expulser les immigré-es, s'opposer à l'égalité des droits entre hommes et femmes, entre hétéro et homos, voilà qui est incensé !
"Il est temps de dire que "sa" lutte des classes relève d'une démagogie dangereuse. Il est temps de dire que ce parti méprise la démocratie, que son bagage culturel et historique s'est avéré désastreux sur le plan social, et meurtrier pour des peuples entiers."
Là, c'est le meilleur morceau. L'officialisation de la pathétique inculture politique de François Fillon. De quel bagage culturel et historique parle-t-il ? De l'URSS ??? Le régime soviétique n'était pas trotskyste mais stalinien. La Chine ? La Chine était Maoïste, une autre politique très éloignée de la politique communiste. Les trotskystes faisaient partie des personnes opprimées par le stalinisme. La LCR est trostskyste et non stalinienne. Le PCF était à l'origine stalinien mais a rompu officiellement avec la politique soviétique depuis 30 ans maintenant ! Le régime soviétique était un capitalisme d'Etat (l'Etat appauvrissait la population pour la contrôler et s'enrichir sur le dos de sa misère).
"J'aimerais qu'on m'explique en quoi le trotskisme mérite d'être respecté !"
Aveu de l'ignorance de Fillon en la matière ? Peut-être qu'au lieu de sacager la culture et l'éducation avec ses ami-es de l'UMP, Fillon devrait ouvrir plus de livres, s'instruire davantage, connaître l'Histoire des mouvements et partis politiques ! Le trotskysme mérite le respect parce qu'il n'a jamais tué personne, et a toujours défendu des idéaux progressistes. A mon tour maintenant : en quoi le capitalisme mériterait le respect ? Que fait-il pour nous ? Le capitalisme est une doctrine économique basée sur le profit. Le profit se fait toujours au dépend de quelqu'un-e. Au vu de tous les pays sous capitalisme, on sait maintenant qu'il défend ce profit est fait par et pour une élite au détriment de l'ensemble de la population, il est un vestige monarchiste, il exploite les pays du Sud et ses propres pays (les pays du Nord), tue des millions de personnes depuis plusieurs siècles (car si l'ère industrielle a un siècle d'existence, le système capitaliste remonte aux temps anciens). Afrique => SIDA : refus des industries pharmaceutiques de distribuer des médicaments génériques, SDF => manque de soin, exposions au risques de vivre dans la rue, populations mondiales => guerres : marché des armes, course à l'armement, entretien des conflits mondiaux pour vendre aux uns et aux autres des armes, dont armes de destruction massive, faune & flore => destruction de l'éco-système, par le refus des énergies renouvelables et notamment par un marché très rentable : l'automobile, peuples => destruction des peuples arborigènes, des indien-nes d'Amérique, des peuples d'Afrique et d'océanie (colonisations, impérialisme), destruction de la culture, du lien social, de l'esprit de solidarité, de l'éducation, marchandisation des personnes (prostitution, traite d'esclaves, exploitation dans les entreprises, etc...), etc.
"Il est trop facile de dire que tout cela date d'une autre époque. Pour un pays comme le nôtre qui, semble-t-il, est sourcilleux en matière de mémoire historique, j'estime qu'il y a de la négligence à ne pas traiter l'extrême gauche comme elle devrait l'être : c'est-à-dire avec fermeté."
Justement ! L'Histoire, on ferait bien de nous en souvenir et d'en tirer les leçons ! La protection sociale que nous avons (avions ?) nous la devions aux communistes et aux anarchistes qui se sont battu-es pour nos droits. Le capitalisme s'est battu contre tous nos droits. Souvenons-nous de l'Histoire, souvenons nous de qui a fait quoi, connaissons l'Histoire. Encore faut-il que le capitalisme ne la détruise pas or c'est précisément ce qu'il fait : destruction de l'éducation, de la culture, de l'art. Développement du commerce, de la rentabilité, de l'égoïsme, de sociétés à deux vitesses, de systèmes de castes, etc...
"Il faut examiner de près ce qui se dit et s'écrit à la LCR. A l'occasion de son 15e congrès, ce qui fut débattu et adopté mérite d'être pris au sérieux et non de façon badine : "La gauche anticapitaliste et révolutionnaire défendra une perspective de rupture avec l'économie et les institutions capitalistes..." Elle préconisera "l'appropriation sociale des principaux secteurs de l'économie, de l'auto-organisation et de l'action directe des travailleurs pour instaurer une démocratie socialiste..." Voilà ce que veut le parti politique que François Hollande aimerait pouvoir traiter en allié ! Face à de telles propositions, l'indulgence n'est pas acceptable."
Et bien ça tombe très bien : ce que dit la LCR est exactement ce que nous voulons et c'est tout à l'honneur de la LCR ! Tout ceci est su déjà de tout le monde et si on peut venir à bout du système criminel qu'est le capitalisme, alors c'est parfait !
"Ce qui se passe au PS nous regarde tous, car, au-delà des clivages, notre démocratie est faussée par une lourde ambiguïté culturelle qui est unique en Europe. Gauchisme radical ou social-démocrate : le choix n'a jamais été clairement débattu et assumé en France. Le SPD allemand a tranché en 1959, en se prononçant une fois pour toutes en faveur de l'économie de marché. Quant au Labour anglais, il s'est approprié les réformes de Margaret Thatcher..."
Justement ! On voit où ça mène ! Non merci ! Ce sont précisément les erreurs à éviter. Il suffit pour s'en convaincre de s'intéresser à la situation sociale de la Grande Bretagne et de l'Allemagne. Le taux de précarité est catastrophique, l'injustice sociale règnent et a régné. Ces pays n'offrent aucune protection sociale à leur population. Nous voyons cela et nous n'en voulons pas !
"Rien de tel chez nous. Parce que les clarifications doctrinales ont été sans cesse différées, parce que le Parti socialiste continue de finasser avec les réalités économiques du monde, la France subit maintenant de plein fouet la surenchère de l'extrême gauche. Le PS court derrière un mal qu'il a lui-même nourri en renonçant à moderniser ses idées. Tout cela archaïse le débat public."
La modernité n'est pas le capitalisme, ce n'est pas l'exclusion, l'égoïsme, les discriminations, les inégalités, l'insécurité sociale, le mépris de la démocratie. Ce système là, injuste, inique, existe depuis des temps immémoriaux. La modernité, c'est exactement l'opposé. C'est la considération des autres. La lutte pour les droits et les libertés, la modernité place l'humain-e au centre du système et se bat pour faire respecter la volonté populaire. C'est ça la modernité.
L'archaïsme, c'est bien plutôt le capitalisme !
"Pendant plus de vingt ans, la droite républicaine a suffisamment combattu l'extrême droite pour exiger aujourd'hui de la gauche qu'elle en fasse de même avec ses extrêmes ! Nous sommes en droit de réclamer des leaders socialistes une clarification intellectuelle et morale face à une extrême gauche qui abhorre l'économie de marché et qui s'inspire d'une idéologie qui a enfanté la terreur et la misère"
Alors là, c'est le comble ! La droite s'est toujours alliée avec l'extrême droite (Charles Millon a voulu faire liste commune avec le front national, l'UMP est composé de souverainistes nationalistes et de la droite chrétienne, aux revendications d'extrême droite, Patrick Devedjian (aujourd'hui porte parole de Dominique de Villepin), Alain Madelin, Gérard Longuet (aujourd'hui ministre de l'Industrie et président du Conseil régional de Lorraine) , Jacques Bompard (aujourd'hui maire FN d'Orange) , Jean-Jacques Guillet (aujourd'hui député des Hauts de Seine) , Claude Goasgen (aujourd'hui député de Paris) , Hervé Novelli (aujourd'hui député d'Indre et Loire) , William Abitbol (aujourd'hui conseiller de Charles Pasqua) , Michel de Rostolan (aujourd'hui dirigeant du CNI et député apparenté FN de l'Essonne) , entre autres ont fait partie de l'Occident (mouvement politique d'extrême droite de 1964 à 1968) . Toutes ces personnes se fréquentaient et l'obédience d'extrême droite de ce mouvement les rassemblait. Aujourd'hui encore, l'UMP applique un programme truffé de mesures préconisées par le FN dans son programme politique. Nicolas Sarkozy n'hésite pas à vouloir "séduire" l'électorat du FN et du MPF. Les deux l'accusent d'ailleur de vol. Le fait est que par l'application des mesures prônées par l'extrême droite, l'UMP fait le jeu de l'extrême droite. Entre avoir l'extrême droite MPF ou FN au pouvoir ou l'extrême droite UMP ne change rien. La politique menée reste une politique d'extrême droite. Alors l'UMP ferait mieux de se taire sur la question. Elle est l'extrême droite. Et ses alliances avec le FN sont très régulières !
"La droite républicaine a besoin d'une gauche moderne. L'affrontement sera tout aussi rude, mais il ne sera pas contaminé par des postures trompeuses et des idées dangereuses. On n'enraye pas un nouveau 21 avril 2002 en disant à Olivier Besancenot que ce qu'il dit est juste. Face aux disciples du dirigisme marxiste et face aux adeptes du nationalisme étroit, le PS comme l'UMP ont un défi commun : gagner la bataille des idées sans se compromettre. "
Les idées dangereuses, l'UMP connaît bien pour les pratiquer constamment. Les postures trompeuses font partie de ses spécialités. Le gouvernement est censé représenter la population qui l'a porté au pouvoir. L'UMP a largement été désavouée et un nombre incalculable de fois depuis 2002 et n'en a tiré aucune leçon, elle ne s'est jamais retirée, elle n'a jamais changé ni ses méthodes ni sa politique, elle a violé la France, baffoué les principes fondateurs de la République (laïcité, égalité, liberté, démocratie, solidarité).
Quant au "dirigisme marxiste" ça s'appelle la démocratie, le pouvoir du peuple. Fillon, à force de traîner dans les salons UMPistes a sans doute oublié ce que cela veut dire.
Vive le "dirigisme" populaire contre la dictature des élites !
Et nous, nous avons un défit commun : foutre la droite à terre une fois pour toutes !
Rendez-vous en 2007.
Cilou.