01/08/06 Israël rejette les appels à un cessez-le-feu au Liban

Publié le par Cilou

Israël rejette les appels à un cessez-le-feu au Liban

BEYROUTH (Reuters) - Au lendemain du bombardement meurtrier de Cana par Israël, les pressions se sont multipliées lundi en faveur d'un cessez-le-feu immédiat au Liban, mais Israël a réaffirmé son intention de poursuivre son offensive contre le Hezbollah jusqu'au déploiement d'une force internationale dans le sud du Liban.
Parallèlement, les Nations unies ont reporté sine die la tenue d'une réunion convoquée lundi après-midi par Kofi Annan pour discuter du déploiement d'une telle force, douchant les espoirs de ceux qui appelaient à un arrêt rapide des affrontements en cours.
Un responsable de l'Onu a déclaré sous le sceau de l'anonymat que la réunion avait été reportée "jusqu'à ce qu'il y ait plus de clarté politique" concernant la sortie de crise au Proche-Orient.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré lundi qu'il n'y aurait pas de cessez-le-feu tant que la menace que constituent les roquettes tirées par le Hezbollah sur Israël ne serait pas levée et que les soldats israéliens enlevés par le mouvement chiite ne seraient pas libérés.
Il a par ailleurs affirmé qu'un grand coup avait été porté au Hezbollah et qu'il faudrait longtemps avant qu'il se relève, s'il y parvient.
Les civils ont profité de la suspension partielle, pendant 48 heures, des raids aériens acceptée par Israël pour fuir les villages du Sud-Liban, tandis que des convois de secours se rendaient sur place pour distribuer de l'aide.
La Croix-Rouge a annoncé que les services de secours avaient découvert 28 corps ensevelis depuis plusieurs jours sous les décombres de bâtiments détruits dans trois villages du Liban-Sud.
POURSUITE DES AFFRONTEMENTS
Les affrontements sur le terrain se sont par ailleurs poursuivis et Tsahal a annoncé que des unités avaient effectué une nouvelle incursion au Sud-Liban, dans le secteur d'Aïta al Chaab, où elles opéraient pour la première fois.
Le Hezbollah a fait savoir de son côté que ses combattants résistaient farouchement à cette intrusion.
Des chasseurs israéliens ont largué deux bombes pour soutenir leurs troupes au sol et des tirs d'artillerie ont touché deux villages du Sud-Liban. Un autre raid israélien a fait un mort et trois blessés parmi des militaires libanais dont il a détruit le véhicule.
Un drone israélien a détruit deux camions au principal point de passage entre la Syrie et le Liban. Un troisième camion israélien a été détruit par un avion israélien dans le même secteur.
Le Hezbollah a affirmé avoir tiré des roquettes contre un navire de guerre israélien et l'avoir atteint, au large du port libanais de Tyr. De source militaire israélienne, on dément qu'un bâtiment de la marine ait été touché au large du Liban.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est dit convaincue qu'un cessez-le-feu pourrait être mis en place cette semaine.
"Si un cessez-le-feu immédiat est déclaré, les extrémistes relèveront la tête", a réagi le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, au cours d'un débat animé à la Knesset.
Quatre députés arabes israéliens ont été expulsés de l'assemblée pour avoir poussé des cris, l'un d'entre eux ayant traité Peretz de meurtrier.
LE CONSEIL DE SECURITE DIVISE
Un dépit de la suspension des raids aériens pendant 48 heures à compter de lundi aux premières heures, Israël a dit qu'il se réservait le droit d'y recourir pour frapper des dirigeants du Hezbollah et des sites de tirs de roquettes ou pour appuyer des opérations terrestres.
De hauts responsables israéliens ont dit que, soucieux d'éviter que le Hezbollah profite d'une pause pour se regrouper, le gouvernement voulait poursuivre son offensive jusqu'au déploiement dans le sud du Liban d'une force internationale.
Mais les divisions entre grandes puissances subsistent.
Les Etats-Unis refusent d'appuyer les appels à un cessez-le-feu immédiat et le président George Bush a réaffirmé qu'il voulait un arrêt durable des violences.
"Nous allons travailler à un projet au Conseil de sécurité des Nations unies, s'attaquant aux causes profondes du problème", a-t-il dit.
La France a salué la trêve de 48 heures, tout en la jugeant "insuffisante".
Paris, qui pourrait éventuellement diriger la force internationale déployée au Liban, a lancé plusieurs appels à un cessez-le-feu immédiat.
Au cours d'une nouvelle visite au Liban, ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a prôné des contacts avec l'Iran, qui, a-t-il dit, "joue un rôle de stabilisation dans la région".
Le Hezbollah a tiré lundi deux roquettes sur la ville frontalière israélienne de Kiryat Shmona, mais elles n'ont fait aucune victime. Il s'agissait du premier bombardement du Hezbollah depuis dimanche soir, ce qui tranche avec les dizaines de roquettes tirées quotidiennement les jours précédents.
Un haut responsable du gouvernement israélien a estimé que les deux-tiers des capacités de tirs de missiles à longue-portée du Hezbollah avaient été détruites depuis le début de l'offensive, le 12 juillet, après la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah.
Le bilan est d'au moins 577 morts au Liban, mais le ministre de la Santé a dit qu'en comptant les corps encore enfouis sous les décombres, il devrait atteindre 750.
Côté israélien, on déplore 51 morts.


(Source : http://fr.news.yahoo.com/31072006/290/isra-euml-l-rejette-les-appels-a-un-cessez-le.html )

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