21/08/06 Israël et le Liban s'accusent mutuellement de violation de cessez-le-feu

Publié le par Cilou

Israël et le Liban s'accusent mutuellement de violation de cessez-le-feu
Par Jean-Luc RENAUDIE

JERUSALEM (AFP) - La tension a monté d'un cran dimanche entre l'Etat hébreu et le Liban, les deux parties s'accusant mutuellement de violer le cessez-le-feu instauré il y a seulement sept jours par l'ONU qui craint de "retomber dans la guerre".
Suite à une opération commando menée samedi par Israël dans l'est du Liban, le Premier ministre libanais Fouad Siniora a dénoncé une "violation flagrante" du cessez-le-feu entre Israël et le parti chiite Hezbollah, instauré par la résolution 1701 de l'ONU et en vigueur depuis le 14 août.

"Nous n'avons pas violé la résolution", a rétorqué dimanche Yitzhak Herzog, le ministre israélien du Tourisme et membre du cabinet de sécurité.
Pour Israël, cette opération visait à "empêcher des livraisons d'armes au Hezbollah de l'Iran et de la Syrie" et ne constituait donc qu'une riposte à "une violation" libanaise de la résolution 1701 qui prévoit notamment un embargo sur la fourniture d'armes au Hezbollah.

"Tant que l'armée libanaise ou les forces internationales ne seront pas déployées (au Liban sud), l'armée israélienne ne cessera pas ses survols dans la région pour empêcher les transferts d'armes en provenance de la Syrie", a affirmé de son côté Gideon Ezra, ministre de l'Environnement, proche du Premier ministre Ehud Olmert.
"Les Libanais n'appliquent pas la résolution et affirment que le Hezbollah ne sera pas désarmé (...) Que sommes-nous censés faire? Rester les bras croisés et attendre que le Hezbollah se réarme ?", a renchéri le ministre de l'Habibat Meïr Sheetrit.

Un porte-parole de l'armée a pour sa part réaffirmé qu'en "l'absence d'un système de contrôle à la frontière (entre la Syrie et le Liban), Israël continuera à opérer pour empêcher le transfert d'armes au Hezbollah".
La radio publique israélienne a cependant émis une autre hypothèse concernant le raid. Selon elle, le commando aurait pu avoir comme mission de libérer les deux soldats israéliens capturés le 12 juillet par le Hezbollah, qui a été le détonateur du conflit.

L'émissaire de l'ONU Terje Roed-Larsen, en visite au Liban, a estimé que des incidents comme l'opération commando risquaient d'entraîner un retour de la guerre.
"Nous pourrions retomber de nouveau dans la guerre. C'est pourquoi des incidents comme celui qui s'est produit samedi n'aident pas beaucoup", a dit M. Roed-Larsen, dans des propos rapportés par le quotidien An-Nahar.

Samedi, le raid avait été qualifié de "violation" par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan qui s'était dit "profondément préoccupé" et avait appelé les parties à faire preuve d'un "maximum de retenue".
Au Liban, le ministre de la Défense Elias Murr a déclaré dimanche que "tout tir de roquettes qui serait utilisé comme prétexte par Israël" pour frapper le Liban serait traité "avec la plus grande sévérité", en allusion au Hezbollah.


Il a cependant assuré que le Hezbollah était "tout à fait d'accord pour considérer que toute violation" de la trêve "sera considérée comme servant l'intérêt d'Israël".
Il a par ailleurs indiqué que les forces libanaises auraient achevé dans les prochaines semaines leur déploiement dans le sud du Liban et sur les frontières avec Israël et la Syrie, après avoir dit la veille que ce déploiement pourrait être stoppé en raison de l'opération commando israélienne.
Cette déclaration pourrait viser à rassurer les pays qui hésitent encore à envoyer des troupes dans le cadre de la nouvelle Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui doit notamment épauler l'armée libanaise dans son déploiement dans le sud.

L'ONU tente actuellement de convaincre la France et l'Europe pour qu'ils envoient davantage de Casques bleus, la France n'ayant proposé de dépêcher, pour l'instant, que 200 militaires.
Quelque 150 soldats français ont quitté dimanche matin le port de Toulon (sud) pour le Liban alors qu'une cinquantaine d'autres, premiers éléments de la force de l'Onu élargie, avaient débarqué la veille à Naqoura (Liban sud).
Cette décision de la France d'envoyer 200 hommes a provoqué la "stupeur" et le "désarroi" en Israël, a indiqué dimanche un haut responsable des Affaires étrangères.

L'ONU compte sur Paris pour fournir l'ossature de la force dont les effectifs doivent atteindre 15.000 hommes en vertu de la résolution 1701.
De nombreux pays, redoutant de tomber dans un guêpier hésitent à s'engager militairement sur le terrain et exigent un mandat clair de l'ONU.
Signe de cette réticence, l'Italie s'apprêterait à n'envoyer que 2.000 ou 2.200 hommes au Liban, au lieu des quelque 3.000 initialement prévus, selon plusieurs quotidiens de la Péninsule.

A ce sujet, M. Roed-Larsen s'est inquiété du fait que des opérations comme le raid israélien de samedi risquaient de faire hésiter les pays pour une éventuelle contribution à la nouvelle Finul.
"L'incident ne contribue pas à préserver le cessez-le-feu fragile et n'encourage pas les participants potentiels à la nouvelle force internationale à fournir des troupes", a-t-il dit.
Pour le moment, l'organisation n'est pas encore parvenue à rassembler l'avant-garde de 3.500 hommes qu'elle souhaite envoyer au Liban d'ici au 28 août.

La France a appelé les pays européens à la "solidarité" et demandé la tenue d'une réunion cette semaine pour qu'ils "clarifient leurs contributions à la Finul renforcée" au Liban, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy.
La ministre suédoise déléguée à la Coopération, Carin Jämtin, est arrivée dimanche à Beyrouth pour préparer la conférence internationale des donateurs fin août à Stockholm pour la reconstruction du Liban.


(Source : http://fr.news.yahoo.com/20082006/202/israel-et-le-liban-s-accusent-mutuellement-de-violation-de.html )
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