23/08/06 Nucléaire: l'Iran rejette la suspension mais se dit prêt à négocier

Publié le par Cilou

Nucléaire: l'Iran rejette la suspension mais se dit prêt à négocier
Par Pierre CELERIER

TEHERAN (AFP) - L'Iran a apporté une réponse ambiguë à la demande des grandes puissances de suspendre son enrichissement d'uranium, refusant apparemment une suspension immédiate, mais offrant des "négociations sérieuses" sur le sujet.
"Les Iraniens donnent le sentiment de vouloir sérieusement négocier, mais ne semblent pas prêts pour autant à faire des concessions significatives", notamment sur la question de l'enrichissement de l'uranium, a dit mercredi à l'AFP un diplomate occidental, sous couvert de l'anonymat.

Un responsable iranien proche du dossier a confirmé à l'AFP que "l'Iran refuse la suspension comme condition préalable". Mais, a-t-il ajouté, "on peut discuter de tous les sujets de l'offre des grandes puissances, ce qui veut dire que l'Iran est assez flexible pour parler de toutes les questions".
Ces assurances pourraient ne pas suffire, les capitales du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) s'étant donné quelques jours pour présenter leur analyse, selon un diplomate étranger ayant requis l'anonymat.

L'Iran a répondu mardi à leur offre, conditionnant l'octroi de mesures incitatives à une suspension de l'enrichissement d'uranium, par un appel à des "négociations sérieuses".

Mais le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani n'a pas mentionné publiquement la condition préalable à l'offre qui est la suspension de l'enrichissement d'uranium.

A Paris, le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, a évoqué mercredi un "document très long, très complexe", et ajouté que "d'ici quelques jours, avec nos partenaires européens, américains, russes et chinois nous dirons ce que nous en pensons et ce que nous ferons au Conseil de sécurité des Nations unies".

Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana, avait affirmé la veille que la réponse donnée par l'Iran nécessitait une "analyse détaillée et prudente", tout comme Pékin, qui a expliqué "étudier avec soin" le message des Iraniens.

Même ton à Moscou, où le porte-parole de la diplomatie, Mikhaïl Kamynine, a jugé "très important de comprendre les subtilités, de trouver les éléments constructifs" dans la réponse iranienne.

"Les grandes puissances n'ont pas intérêt à se précipiter", a dit le diplomate étranger, car elles disposent encore de huit jours avant l'échéance du 31 août au Conseil de sécurité de l'ONU.

L'Iran est censé suspendre son enrichissement d'uranium à cette date, faute de quoi le Conseil envisagera des sanctions pour l'y contraindre.

La Maison-Blanche, par la voix de sa porte-parole adjointe Dana Perino, a expliqué qu'elle allait "étudier soigneusement la réponse iranienne", mais qu'elle était aussi prête à soumettre une résolution imposant des sanctions si l'Iran "ne satisfait pas aux termes définis" par les grandes puissances.

Le diplomate occidental a estimé qu'à cet égard la réponse de Téhéran est "clairement décevante, car elle ignore la condition préalable" de l'offre, qui est la suspension de l'enrichissement d'uranium.

La question des sanctions pourrait néanmoins s'avérer délicate, à en juger par les propos des capitales russe et chinoise.

"La Russie va continuer à chercher un règlement politique par la voie de négociations", a expliqué le porte-parole de la diplomatie russe.

Quant à Pékin, tout en espérant que Téhéran adoptera des "mesures constructives nécessaires" pour rassurer les grandes puissances, il a appelé ces dernières "à faire preuve de flexibilité en restant dans la direction d'une solution pacifique".

En bref, comme l'a résumé le diplomate occidental, les prochains jours verront "des discussions diplomatiques intenses pour voir si le Conseil de sécurité doit engager de nouvelles actions" contre l'Iran.

(Source : http://fr.news.yahoo.com/23082006/202/nucleaire-l-iran-rejette-la-suspension-mais-se-dit-pret.html )
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Publié dans Iran

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