23/08/06 La corruption, fléau qui creuse les inégalités face à l'accès à l'eau

Publié le par Cilou

mercredi 23 aout 2006, 10h09
La corruption, fléau qui creuse les inégalités face à l'accès à l'eau
Par Sophie MONGALVY

STOCKHOLM (AFP) - La corruption dans le secteur de l'eau est un fléau largement ignoré qui affecte la gestion et la distribution de la ressource au détriment, avant tout, des personnes pauvres, ont dénoncé mardi des experts lors de la Semaine mondiale de l'eau de Stockholm.
"Nous savons que la corruption dans le secteur de l'eau est un énorme problème (...). Jusqu'à présent, il a été complètement ignoré, très peu de choses ont été faites", a affirmé à l'AFP Haakon Tropp, de l'Institut international de l'eau de Stockholm (SIWI), en marge d'un séminaire sur la corruption dans le secteur de l'eau.

"Clairement, les personnes affectées le plus durement sont encore les personnes pauvres, dépourvues de pouvoir politique, de pouvoir économique. Elles sont sans voix (...) ce qui rend plus difficile pour elles d'exprimer leurs inquiétudes face au manque d'accès à l'eau", a-t-il expliqué.

Selon des estimations de la Banque mondiale, la corruption réduit de 20 à 40% l'efficience dans le secteur de l'eau, et favorise largement la pollution et la surexploitation de l'eau dans les nappes et en surface.

"Nous ne disposons pas des chiffres exacts pour établir combien (d'argent) s'échappe des budgets en raison de la corruption, mais nous savons qu'il s'agit de montants substantiels", a affirmé M. Tropp.

Selon lui, certaines régions du monde comme l'Afrique sub-saharienne et des parties d'Asie sont plus affectées par le fléau que d'autres "mais la corruption en tant que telle est un phénomène mondial", souligne-t-il.

Le manque de bonne-gouvernance et de mécanismes de contrôle de l'utilisation des ressources sont parmi les premières causes de la corruption, estime-t-il.

"S'assurer que nous séparons la distribution et les services (liés à l'eau) des politiques", est essentiel, a estimé le ministre kényan de l'Eau et de l'Irrigation, Mutua Katuku, lors d'une intervention au cours du séminaire.

"Pour faire face aux problèmes de corruption, nous avons besoin de systèmes très solides, de réseaux très solides", a-t-il estimé.

Le séminaire a été l'occasion du lancement d'un réseau international visant à protéger l'intégrité dans le secteur de l'eau, intitulé WIN (Water Integrity Network), à l'initiative notamment de Transparency international et de SIWI.

"La mise sur pied de WIN est une réussite", s'est réjoui le ministre kényan.

"Le réseau va fonctionner comme un moyen de partager l'expérience, de partager les informations", en rassemblant des membres issus de la société civile, des secteurs public et privé, ou encore de médias, afin de mettre à l'ordre du jour la question de la corruption, et offrir un soutien aux personnes luttant contre, selon M. Tropp.

"Etre impliqué dans les questions de lutte contre la corruption peut être très violent", rappelle-t-il, en référence à l'intervention d'une représentant philippin lors du séminaire, qui a raconté la mort de deux personnes ayant mis le doigt sur une affaire de corruption.

La Semaine mondiale de l'eau qui a été inaugurée lundi fermera ses portes le 26 août.

Des centaines d'experts venus de 140 pays y abordent, au cours de séminaires et de tables rondes, les questions de la gestion de l'eau, de l'égalité entre les sexes face à la distribution de la ressource, de la croissance démographique, des changements climatiques, de l'agriculture, de la pollution ou encore de l'environnement.

(Source : http://fr.news.yahoo.com/23082006/202/la-corruption-fleau-qui-creuse-les-inegalites-face-l-acces.html )
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Publié dans DOSSIER PLANETE

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