25/06/06 les CEF (Centres Educatifs Fermés, une prison qui ne dit pas son nom ! (mais qui se prétend être de la prévention !))

Publié le par Cilou

Le 17 mars 2003, le 1er CEF (Centre Educatif Fermé) a été créé en France, à Lusigny dans un ancien centre équestre de l’Allier, par l’association APLER  (Association pour l’Education Renforcée) et dont M.  Ducout, un membre d’un club sportif de rugby et directeur commercial en entreprise (on ne voit pas quelles compétences ce monsieur a en matière d’éducation),  est directeur. La création de ce centre, réservé aux jeunes filles de 14 à 17 ans comme alternative à la prison, a été habilité par la Chancellerie et reçoit pleinement le soutien du Garde des Sceaux, M. Dominique Perben, qui l’inscrit dans sa loi, dite loi Perben. Or, le projet « éducatif » élaboré dans ce centre ainsi que le règlement intérieur ont de quoi indigner les professionnels de l’éducation : avant l’admission dans ce centre, les jeunes filles devaient passer un examen gynécologique obligatoire pour vérifier qu’elles ne soient pas enceintes (les examens gynécologiques obligatoires sont interdits pourtant par la loi), une mesure était faite de leurs seins ainsi que de leur taille. Les adolescentes ne pouvaient garder aucun contact avec leur famille et devaient "s'identifier positivement à des rôles féminins" à travers des cours de chant, de coiffure, de composition florale, de maquillage, l’apprentissage d’une "sexualité saine", les délinquantes reçues dans ce centre n’avaient pas le droit d’écouter individuellement de la musique. De nombreuses adolescentes fuguaient fréquemment de ces centres. Deux organisations syndicales (le SNPES-PJJ/FSU et le Syndicat de la Magistrature) et des associations féministes (dont le Collectif Nationale pour les Droits des Femmes) se sont élevées contre ce centre.

Un centre… ou plutôt un camp de redressement, digne des heures les plus obscures du XVIIIè siècle.

Le 24 mai 2003, M. Ducout a été mis en examen pour viol et agression sur une employée du centre. Le procès débouche le 12 octobre 2005 sur un non-lieu. M. Ducout repart libre. Entre-temps, le gouvernement à multiplié l’ouverture de centre identiques et accru leur capacité en France. Il en existe aujourd’hui 17, accueillant 551 mineur-es, et le gouvernement compte bien en ouvrir 29 de plus d’ici 2007. La tranche d'âge est maintenant de 13 à 16 ans. Ces centres ne visent plus seulement les jeunes filles mais aussi les jeunes garçons et les immigré-es. Assez curieusement ces initiatives (l’ouverture de ces centres et ce qu’il s’y passe) restent assez discrètes.  Peu de médias en parle, peu de personnes sont au courant. Le texte de la loi autorisant les Centres Educatifs Fermés sur le site de l’Assemblée nationale et sur celui du Sénat reste assez flou sur les pratiques de ces centres opaques, laissant ainsi une marge d’horreur suffisamment large pour que le pire puisse s’y passer. 

Centres Educatifs Fermés, Centres d’Education Renforcée, Centres de Placement Immédiat, Centres de rétention, centres pénitenciers, la France veut parquer tout le monde, enfermer chacun-e derrière des murs, elle renoue ainsi avec des inspirations fascistes qu’elle n’a jamais vraiment combattu.

Bienvenue dans la prison France !

Cilou.

(Sources :

=> http://eleuthera.free.fr/html/50.htm

=> http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?m=200605

=> http://humanite.fr/journal/2003-04-12/2003-04-12-370219

=> http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=societe/20030526.OBS1414.html&host=http://permanent.nouvelobs.com

=> http://www.syndicat-magistrature.org/article/341.html

=> http://www.abri.org/antidelation/Le-centre-ferme-d-Epivie-dispose-d

=> http://www.rosenczveig.com/dossiers/delinquance/Lusigny-LeMonde.pdf

=> http://apa.online.free.fr/breve.php3?id_breve=1525 )

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Publié dans Etat policier

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