27/06/06 Parainage de sans papiers

Publié le par Cilou

Les parainages de sans papiers, où en est-on ?

La mobilisation s'amplifie pour les enfants sans-papiers 
 
L'appel pour éviter l'expulstion des jeunes scolarisés clandestins, a déjà recueilli plus de 68.000 signatures.
L a pétition lancée par Réseau Education Sans Frontières (RESF), "Nous les prenons sous notre protection", lancée pour montrer au gouvernement que les Français se mobilisent pour éviter la reconduite à la frontière des jeunes scolarisés sans-papiers, avait atteint lundi 26 juin plus de 68.000 signatures.
Le 1er juillet est la fin du "sursis" accordé par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy aux jeunes sans-papiers scolarisés et à leurs familles pour quitter la France.
En amont de cette date, RESF a déjà multiplié les parrainages samedi 24 juin, partout dans le pays, pour tenter de les protéger d'une expulsion ou même les "cacher".
RESF et le collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable" ont aussi prévu le 1er juillet de manifester dans Paris contre les expulsions. La manifestation "partira à 15h00 de la place de la Bastille jusqu'à Bercy, à l'issue de laquelle il y aura une cérémonie d'ouverture de la 'chasse à l'enfant'. On va aussi ajouter un titre au ministre de l'Intérieur en le nommant 'ministre de la chasse à l'enfant'" a annoncé le porte-parole de RESF, Richard Moyon. 


Le Réseau éducation sans frontière est constitué notamment d'associations de défense des droits de l'Homme, telles que la Ligue des droits de l'Homme, le MRAP ou la Cimade, de syndicats, et est soutenu par différents partis politiques comme la LCR, le PCF et les Verts.

 

"Même au Sénat"

 

"Les parrainages ont commencé en janvier. C'est un mouvement protéiforme, qui prend une ampleur énorme aujourd'hui. Ils peuvent être individuels ou collectifs, sont organisés dans des mairies, des églises, des écoles, des cinémas et même au Sénat. Nous en recensons plusieurs centaines", a fait savoir Richard Moyon.
Ainsi, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a remis samedi matin à la mairie du 9ème arrondissement un certificat de parrainage "aux enfants menacés d'expulsion du territoire français" de douze familles, en présence du maire d'arrondissement Jacques Bravo (PS), a annoncé la mairie de Paris.
Le Conseil de Paris a voté en juin un voeu permettant à la Ville de Paris de mettre en ligne plusieurs pétitions de soutien et de proposer aux associations RESF et Droits des Migrants de tenir des permanences sur le parvis de l'Hôtel de Ville pour recueillir des signatures de Parisiens.
Les Parisiens se sont massivement mobilisés en faveur de ces enfants et plusieurs d'entre eux ont souhaité les soutenir en devenant leurs parrains ou marraines.

 

Libé se mobilise

 

Le quotidien Libération s'est également mobilisé, lundi 26 juin, en parrainant la petite Mélanie Ortiz, 4 ans. Née en France, Mélanie est aujourd'hui scolarisée à l'école maternelle Henri-Barbusse d'Arcueil dans le Val-de-Marne. Ses parents, d'origine sud-américaine, sont en France depuis 1998 et 1999. Ils se sont rencontrés en France et y ont fondé une"tribu". "Dario, père de Jonathan (le père de Mélanie) et Bryan, son jeune frère, 18 ans, étudiant en deuxième année de BEP, s'y trouve également" précise le journal.

 

Expulsion d'un thésard à Marseille

 

A Marseille, entre 700 et 800 personnes, des adultes sans-papiers et leurs enfants, selon une estimation du RESF, ont été "parrainées" samedi à la mairie des 15e et 16e arrondissements, alors qu'un étudiant tunisien était expulsé.
Fathi Toualbi, étudiant en DEA de météorologie à la faculté d'Aix-en-Provence, a été "expulsé par bateau à 14H30 samedi à destination de la Tunisie", a-t-on appris auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône. "Il devait pouvoir finir son diplôme pour s'incrire en thèse et on n'a pas voulu lui laisser le temps de finir les examens qui lui manquaient alors que la faculté avait informé la préfecture que c'était réalisable", a fait savoir Florimond Guimard, un des animateurs de RESF à Marseille. "La préfecture vraisemblablement, dans ce bras de fer, a voulu aller coûte que coûte jusqu'au bout, mais dans quel intérêt ? C'est inexplicable et c'est un scandale", a-t-il ajouté.
Les associations et partis politiques membres de RESF s'était mobilisés pour cet étudiant, notamment jeudi lorsqu'il devait être expulsé par avion, au départ de Marignane.

 

Veille dans le Bas-Rhin

 

A Strasbourg, un "pique-nique de la solidarité" a réuni samedi les parents d'élèves d'une maternelle de Strasbourg, venus soutenir une écolière de cinq ans risquant, avec sa famille guinéenne, une expulsion du territoire français.
La mère Fatouma Diakité, arrivée en France en septembre 2000, a fait depuis cinq demandes de régularisation au titre de l'asile politique, puis à titre exceptionnel et humanitaire. Sans papier ni travail, elle vit avec une autre famille dans un studio en attendant une décision de la préfecture.
Une centaine de personnes, dont la députée européenne socialiste Catherine Trautmann et le député PS Armand Jung, étaient venus soutenir la famille.
Elles font partie des 150 premiers signataires d'un appel d'élus et de personnalités du Bas-Rhin, qui s'engagent à parrainer des enfants menacées d'expulsion et à établir une "veille" durant l'été.

 

Appel à la désobéissance

 

Enfin, RESF, des syndicats du secteur aérien et des syndicats étudiants et lycéens ont lancé, samedi, dans un communiqué, un appel pour que les personnels au sol et navigants s'opposent aux expulsions des élèves sans papiers.
"Les personnels des plate-formes aéroportuaires ne peuvent fermer les yeux sur ce qu'on leur demande de faire, écrivent-ils dans ce communiqué. Ils ont pour mission de faire voler des avions transportant des passagers ou du fret, pas des hommes et des femmes menottés et scotchés à leur siège".
Plusieurs syndicats du secteur aérien (Sud aérien, CGT Roissy, CFTC Roissy, CFDT Paris Nord et Roissy) et des syndicats étudiants et lycéens (Unef, UNL) ont signé cet appel lancé avec RESF, qui organise des mobilisations pour empêcher des expulsions d'élèves ou de parents d'élèves.

Plus de 700 sans-papiers parrainés à Marseille

 

Plus de 700 sans-papiers, adultes et enfants, ont été parrainés, samedi, par des militants marseillais réunis à la mairie des 15e et 16e arrondissements. Quelques-uns viennent d’Afrique ou d’Europe de l’Est, la plupart sont arrivés du Maghreb. Malika Bara a quitté la Kabylie « où on avait peur de tout » afin de protéger son fils Rabah, bientôt 5 ans et scolarisé, pour la France « où on a peur des policiers ». Leur marraine, Paulette Honde, 59 ans, revendique son geste au nom des valeurs qu’elle a apprises « à l’école de la République » et d’une tradition familiale. « Ma grand-mère avait reçu des Italiens, ma mère a aidé des Espagnols pendant la guerre, aujourd’hui, c’est mon tour », explique-t-elle simplement. Les associations escomptaient 150 à 200 parrainages. Au final, environ 400 ont été recensés. Devant l’affluence, trois élus ont procédé toute la journée à la signature des certificats.

 

Au même moment, un étudiant tunisien en DEA à la faculté d’Aix-en-Provence, Fathi Toualbi, était expulsé de Marseille par bateau.

 

Seine-et-Marne : parrainage de deux lycéennes africaines

 

Une cérémonie de parrainage de deux lycéennes africaines, menacées d’expulsion le 30 juin, s’est tenue samedi à Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne). A quelques jours de la date butoir de l’arrêté préfectoral d’expulsion, "les deux jeunes filles savent déjà qu’elles ne sont pas seules dans la galère. On se mobilise pour montrer au préfet que leur place est ici", a déclaré Marie-Dominique Frontini, membre du RESF, à l’origine de cette manifestation.

La Sénégalaise Adja et la Comorienne Satoumia, âgées de 21 ans, vivent en France depuis cinq et six ans. Elles ont passé leur bac pro mardi au lycée Lino-Ventura et espèrent, grâce à ces parrainages, "échapper aux expulsions du préfet de Seine-et-Marne".

 

Initialement prévue devant la mairie d’Ozoir-la-Ferrière, la cérémonie s’est déroulée en face de la plaque à la mémoire des enfants juifs déportés, à proximité de l’Hôtel de Ville. "Un lieu symbolique", selon le comité de parrainage qui a réuni à cette occasion, autour d’élus locaux, le chanteur Mano Solo, parrain de la jeune Adja, et 150 personnes.

 

A six jours de la fin du sursis accordé par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy aux jeunes sans-papiers scolarisés et à leurs familles, le Réseau éducation sans frontières multiplie les parrainages, partout en France, pour tenter de les protéger d’une expulsion ou même les cacher.

 

 

RESF organise également le 1er juillet, à Paris, une importante manifestation contre les expulsions des enfants scolarisés.
Dates parrainages Parrainages à venir

Mardi 27 juin 2006

Mairie du 4° 18 H Célébré par Madame la Maire

Mercredi 28 juin 2006

Mairie du 20° 12H, Parvis de la Mairie Célébrés par Michel Charzat, Maire du 20°

A 17H, Concert du Conseil de la Jeunesse en solidarité avec les lycéens sans papiers dans le cadre du festival Paris Hip Hop. Théâtre de Verdure - 54, rue des Cendriers - Métro Ménilmontant ou Père-Lachaise Contacts : Dominique Grattepanche 06 70 40 90 88 dominique138wanadoo.fr Jean Serror jeans75020yahoo.fr

Samedi 1° juillet

Mairie du 12° 12H30 Célébré par Michele Blumenthal, Maire du 12° Contacts : Solange Laurent 01 43 47 35 72 et 06 86 37 44 19

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Sources : http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060626.OBS3131.html /
 http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=30047 )

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Publié dans DOSSIER IMMIGRATION

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