12/07/06 Tony Blair tente dimposer le nucléaire au Royaume-Uni
Tony Blair tente d’imposer le nucléaire au Royaume-Uni
Paris, France - 11/07/2006 - Le gouvernement britannique publie aujourd’hui un rapport sur la politique énergétique. Ce rapport ne montre rien de substantiel concernant le marché du développement des énergies renouvelables, Tony Blair y impose clairement le recours au nucléaire. Greenpeace dénonce l’obsession du Premier Ministre britannique qui menace la mise en place indispensable d’une véritable politique énergétique verte efficace pour la lutte contre les changements climatiques.
Le rapport publié aujourd’hui remet donc le nucléaire en selle, ignorant l’avis du public et de nombreux experts et commissions, notamment l’avis de la Commission Nationale du Développement Durable rendu le 6 mars dernier estimant par exemple que le recours au nucléaire serait totalement inefficace dans le cadre d’une politique de réduction des gaz à effet de serre (1).
« L’attitude de Tony Blair est catastrophique : à chaque fois qu’un gouvernement soutient fortement l’industrie nucléaire, les premières victimes sont les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, explique Shaun Burnie chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace International. Ce rapport vise à sauver l’industrie nucléaire pas le climat ! »
En 2003, le Royaume-Uni s’était déjà muni d’un livre blanc sur l’énergie, qui définissait les grandes lignes d’une politique énergétique et mettait clairement le nucléaire sur la touche, jugé trop cher, dangereux et n’ayant pas résolu le grave problème des déchets nucléaires. Ne convenant ni à Tony Blair ni à l’industrie nucléaire, un nouveau processus a donc été relancé et a abouti en 6 mois à une révision de la politique énergétique.
L’industrie nucléaire française, présente au Royaume-Uni à travers EDF, n’est pas innocente dans le retour de l’option nucléaire outre-manche. EDF mais aussi Areva ont ainsi donné leur contribution lors du processus de consultation, les deux entreprises proposant d’y construire des centrales nucléaires.
« Aux abois, l’industrie nucléaire française se place déjà outre-manche en espérant ronger un nouvel os, déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Energie au bureau français. Ce rapport va être glorifié par Areva et EDF car il apporte un peu de ciel bleu dans un paysage du marché nucléaire très gris ».
Au niveau européen, excepté la construction difficile du réacteur EPR en Finlande (construction qui a pris 1 an de retard) et du projet EPR en France à Flamanville, le nucléaire est en déclin, la plupart des pays tournant le dos à cette technologie. Dernier pays en date, l’Espagne, où le premier Ministre José Louis Zapatero a confirmé fin mai lors de son discours de politique générale, l’engagement de son gouvernement dans la sortie du nucléaire.
Note :
1. Dans son avis, intitulé « Le nucléaire est-il la réponse ? », la Commission Nationale du Développement Durable a estimé « qu’il n’y avait pas de justification au lancement d’un nouveau programme nucléaire et qu’une telle proposition serait incompatible avec une stratégie de développement durable ». Elle précise par ailleurs que même si le parc actuel était doublé cela aurait pour effet de réduire seulement de 8% les émissions de CO2 (base 1990) en 2035, et presque rien d’ici 2020.
(Sources : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=8810 / http://www.greenpeace.fr )