Samedi 17 Décembre 2005
Votre nouvel ami : Jacques-Alain Benisti
Formulant un certain nombre de propositions pour améliorer la prévention de la délinquance "dès les prémices de déviances c¹est-à-dire dès le plus jeune âge", il préconisait en particulier, pour les enfants étrangers âgés de 1 à 3 ans, que leur mère s'oblige " à parler le Français dans leur foyer pour habituer les enfants à n'avoir que cette langue pour s'exprimer". Il était en effet précisé par
ailleurs que les pères "exigent souvent le parler patois du pays à la maison" (sic !). Entre 4 et 6 ans, ces mêmes enfants, s'ils connaissaient des difficultés en français, devaient, selon une autre proposition du rapport, être remis à une orthophoniste "pour que l'enfant récupère immédiatement les moyens d¹expression et de langage indispensables à son évolution scolaire et sociale."
Ces formulations, scientifiquement bidons, avaient aussitôt fait bondir certains linguistes (voir ici) et ortophonistes (voir ici). Le rapport définitif de la commission parlementaire (au sein de laquelle siègent de joyeux drilles comme Christine Boutin, le désormais fameux Lionel Lucca – voir ici – ou encore Christian Vanneste, en procès pour ces propos homophobes répétés et assumés - voir ici) a été remis à Nicolas Sarkozy le 8 novembre. Très technique, il propose toute une architecture institutionnelle pour repérer le plus tôt possible la graine de sauvageon (on peut se procurer une synthèse du rapport ici sur le site de Jacques-Alain Bénisti.)
Les propositions concernant le bilinguisme sont heureusement passées à la trappe (Jacques Alain Bénisti reconnaît dans Le Monde que c'était une "erreur"), et les formulations laissant entendre un lien direct entre délinquance et immigration semble - toujours selon Le Monde - avoir été gommée. Néanmoins les professionnels du travail social restent très critiques.
L'Association Nationale des Assistants de Service social (ANAS) juge ainsi, dans son avis technique sur le rapport, que le rapport tient toujours des raisonnements scientifiquement infondés, manifeste une "méconnaissance complète du champ du travail social" et que si "la population cible n'est pas clairement établie (...) un profil se dégage nettement : des familles en difficultés, les parents absents ou plus ou moins défaillants, enfants et jeunes « issus de l'immigration », habitant les cités des banlieues des villes. Voilà les cibles désignées de la prévention de la délinquance."
(Source : http://racismeordinaire.over-blog.com/article-1415780.html )
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Afrik.com, 15 mars 2005 :
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